Crise de la dette : la zone euro "danse au bord du gouffre"

Par L.D., le 13 juillet 2011 à 21h55 , mis à jour le 13 juillet 2011 à 22h04

Dossier : Crise financière

Les divergences de la zone euro sur la réponse à la crise de la dette se sont encore accentuées avec le report probable d'un sommet extraordinaire sur la crise de la dette. Conséquence : l'agence de notation Fitch a dégradé la note de la Grèce. Les experts sont pessimistes.

     
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La valse-hésitation des membres de la zone euro sur la tenue d'un sommet de crise va-t-elle semer un peu plus le doute chez les investisseurs ? Les divergences de la zone euro sur la réponse à la crise de la dette se sont encore accentuées mercredi, notamment entre Paris et Berlin, avec le report probable d'un sommet extraordinaire sur la crise de la dette envisagé un temps pour vendredi.
 
L'option d'une telle réunion à l'initiative du président de l'UE Herman Van Rompuy, visant à frapper fort en vue d'apaiser les marchés financiers alors que l'Union monétaire vacille sur ses fondements douze ans après sa création, avait filtré mardi. Mais il est apparu dès mercredi qu'elle ne faisait nullement l'unanimité, l'Europe replongeant dans la cacophonie et l'indécision. Le gouvernement allemand a assuré ne rien savoir d'une telle initiative. Il n'y a pas "de projet concret de sommet" extraordinaire, a assuré une porte-parole à Berlin, laissant transparaître le peu d'enthousiasme de l'Allemagne. Du coup, "il est très, très improbable que la réunion ait lieu vendredi", a indiqué en début de soirée une source diplomatique. Elle devrait être repoussée au mieux "en début de semaine prochaine", le temps de surmonter les clivages persistants, a-t-elle ajouté. "Le fond de l'affaire est que les Allemands sont très irrités de ne pas avoir été informés au préalable de ce projet" et ont le sentiment qu'on veut leur "forcer la main pour signer un accord", a souligné une autre source diplomatique. A Paris, la tonalité est différente. La France s'est dite favorable sur le principe à "l'organisation de réunions de l'Eurogroupe en cas de besoin".

"Un véritable désastre"
 
Mais face à ces rebuffades et autres marques d'irritation, les experts s'arrachent les cheveux : "Le spectacle que donnent les Européens face à la crise grecque est un véritable désastre", déplore Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, dans une lettre ouverte. Pour lui "l'Europe danse au bord du gouffre" à cause de ses tergiversations. Selon une source diplomatique, "l'incertitude est liée au fait que les dirigeants européens veulent être sûrs d'en sortir avec quelque chose de consistant". Or, l'Allemagne juge à ce stade qu'il est trop tôt pour parvenir à un accord global.
 
Quoiqu'il en soit, le spectacle fait peine avoir. D'autant plus qu'il semble devenir une habitude. Les pays européens peinent toujours à surmonter leurs clivages sur le problème à l'origine de la récente poussée de fièvre dans la zone euro: la mise au point d'un deuxième programme de prêts promis à Athènes pour mettre le pays à l'abri jusqu'à mi-2014, au moins. Le Fonds monétaire international (FMI) a chiffré mercredi le chèque à signer par les pays européens à 71 milliards d'euros et celle des créanciers privés à 33 milliards d'euros.  L'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande notamment exigent qu'on fasse contribuer cette fois ces banques créancières de la Grèce, condition nécessaire à leurs yeux pour que leurs opinions publiques nationales acceptent de nouveaux prêts. Mais de leur côté, la Banque centrale européenne (BCE), la France ainsi que tous les pays en difficulté de la zone euro redoutent que cela n'alimente la contagion.
 
Pendant ce temps, les investisseurs semblent de plus en plus douter de la capacité de la zone euro à surmonter ses problèmes : l'agence Fitch a sèchement dégradé mercredi de trois crans la note de la dette souveraine de la Grèce, dénonçant l'absence d'un nouveau plan d'aide "crédible et financé" de l'UE et du FMI. Très alarmiste, la ministre finlandaise des Finances Jutta Urpilainen a appelé à la mobilisation générale car à ses yeux "il y a un réel danger que cette crise se propage comme une déferlante". 

Par L.D. le 13 juillet 2011 à 21:55
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16 Commentaires

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  • 1337sysop1337, le 14/07/2011 à 22h07

    Que le titre de cet article soit du à une phrase d'un représentant de la fondation Robert Schuman a quelque chose d'ironique puisque ce précisément cette indécision, ou l'inverse, qui a conduit à la mort du projet qu'était la CED. J'en conclus donc que non seulement cette analyse est juste mais qu'elle ne pointe pas le problème majeur : si l'on danse au bord du gouffre en raison d'une indécision apparente c'est bien car des décisions contradictoire mais tacites ont été prises, dès lors comment cet analyste qui ne formule pas clairement la situation peut-il avoir une vue juste du problème ? C'est très simple le vrai problème tiens à la structure politique et géopolitique de l'Europe, un creuset de nations, on réalise donc précisément la nature du problème ici : l'Europe n'est pas et ne sera pas appropriée dans ce contexte, le soutien fédéral et fédérateur voulu autour de la Grèce n'aura jamais lieu puisque au vu de ce qui précède l'Europe est un échec. Mais ça, l'analyste ne pouvait pas le dire ouvertement, c'est cependant une réalité et il peut bien le nier au final il ne fait que manipuler des marionnettes or précisément rien ne nous empêche de regarder autre chose que les marionnettes sur la scène. Le problème concernant les USA n'est pas si différent fondamentalement.

  • 1337sysop1337, le 14/07/2011 à 21h58

    On a toujours le choix, toute autre supputation de type dilemme est ostensiblement manipulatoire.

  • marionfriz, le 14/07/2011 à 11h53

    Avez-vous un peu de bon sens?

  • phiphi13, le 14/07/2011 à 09h44

    Autant pour moi.

  • pagan29200, le 14/07/2011 à 09h39

    La baguette de pain serait bien plus chère, que pèserait notre franc national sur le cour international, plombé, comme nous le sommes aussi par nos déficits ? le smic à 8500 frs, serait alors très léger. attention à ne pas écouter des "économistes" anonymes, cagoulés et refusant de donner leur nom (et pour cause ...). N'enchainons pas les catastrophes. La solution passe, au contraire, par une europe forte Politiquement. Comment peut réagir le marché, quand chaque pays de la zone Euro prend ces propres décisions ? Il faut abandonner de la souveraineté pour des décisions communautaires fortes. La "bataille de chifonniers" auquelle se livre les états Européens actuellement ne font qu'agraver la situation !

  • cassuntella, le 14/07/2011 à 09h36

    De plus,si les Americains plongent..Alors la..on est vraiment mal!!!

  • phrv, le 14/07/2011 à 09h22

    Mais cela ne changerait strictement rien de ce point de vue là ! C'est "douze de l'un, ou une douzaine de l'autre" : Aucune différence. Ce qui changerait, c'est que les frais pour emprunter (financer la dette scandaleuse) augmenteraient énormément...

  • wpjo, le 14/07/2011 à 09h07

    Ler Smic à 8500 francs ? Avec le taux de change entre Euro-Franc, 8500 francs = 1295 Euro et à ma connaissance, le Smic net est à 1040 Euros.

  • phiphi13, le 14/07/2011 à 08h26

    Oui mais le smic à 8500 frans!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • kukush47, le 14/07/2011 à 07h54

    Si nous devions revenir aux francs ( 1 euro= 6,57 francs), la baguette de pain qui est à 0,85 centimes d'euro passerait à 5,58 francs. Vous imaginez l'inflation ? Plus personnes n'achèteraient grand choses et l'économie du pays en prendrait un sacré coup. Ca serait la catastrophe. Par contre si 1 euro= 1 franc, rien ne changerait, nous serions toujours dans la même situation. Alors la question se pose : Quel est notre avenir dans la monnaie unique ?

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