Crise de la dette : vendredi, journée cruciale pour la zone euro

le 14 juillet 2011 à 16h03 , mis à jour le 14 juillet 2011 à 16h07

Dossier : Crise financière

La perspective d'un sommet de crise avant la fin de la semaine s'éloigne : il sera organisé "au moment opportun", élude Bruxelles, reconnaissant que les discussions sur le cas grec piétinent. Mais les résultats des stress tests des banques, eux, seront bien connus. Ils sont impatiemment guettés.

     
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Le sommet envisagé des dirigeants des pays de la zone euro pour stopper la contagion de la crise de la dette aura lieu seulement "au moment opportun", a indiqué jeudi la Commission européenne, après le report de cette réunion un temps envisagée pour la fin de la semaine. "Pour le moment, un travail intensif continue à être mené" à ce sujet, a-t-elle dit, reconnaissant implicitement que les discussions entre partenaires européens ne sont pas encore suffisamment avancées. Le plan initial du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, tel que communiqué aux ambassadeurs à Bruxelles, était de tenir ce sommet vendredi, avec la possibilité de réunir ensuite les ministres des Finances dimanche. Mais les autorités allemandes se sont montrées réticentes à fixer une date tant qu'une solution claire n'émergerait pas des discussions techniques en cours sur la forme que doit prendre la participation des banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement au sauvetage de la Grèce.

Apportant de l'eau au moulin allemand, le Fonds monétaire international a estimé que cette participation privée à un nouveau plan grec était primordiale alors que la dette du pays devrait atteindre un pic à 172% en 2012, contre 159% précédemment attendu. Selon plusieurs diplomates, trois idées restent sur la table : celle d'un rachat d'obligations grecques sur le marché secondaire avec l'aide du fonds de soutien "zone euro" (FESF), celle d'un "swap" d'obligations existantes pour de nouveaux titres à la maturité allongée, poussée par l'Allemagne, et celle d'un "roll-over" de la dette grecque, soutenue par la France. La Banque centrale européenne, comme beaucoup d'Etats membres, reste toutefois vivement opposée à toute solution impliquant un "défaut sélectif" et Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a rappelé mercredi matin que l'option d'un rachat d'obligations par le FESF n'était absolument pas souhaitable.

Des banques prennent les devants

Au-delà des cas grecs, irlandais et portugais, les trois pays bénéficiant d'un plan d'aide, c'est aussi et surtout désormais les situations de l'Italie et de l'Espagne, des pays jugés trop gros pour être secourus, qui inquiètent les marchés. Les résultats des stress tests bancaires européens, qui seront publiés vendredi soir, pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Conscients de l'enjeu particulier de l'exercice alors que la crise de la dette dans la zone euro n'en finit plus de s'étendre, les ministres européens des Finances se sont publiquement engagés cette semaine à soutenir les banques qui échoueraient.

Un an après de précédents tests raillés pour ne pas avoir détecté le naufrage imminent des banques irlandaises, l'Union européenne sait que sa crédibilité est en jeu et l'Autorité bancaire européenne (EBA) a promis que l'examen avait été cette fois-ci beaucoup plus "sévère". Selon les pronostics des milieux financiers, entre dix et 15 banques devraient échouer aux nouveaux tests, ne serait-ce que pour en garantir la "crédibilité politique". Signe de la fébrilité ambiante, plusieurs banques ont pris les devants. La banque régionale allemande Helaba a annoncé dès mercredi qu'elle avait raté l'examen, tout en faisant part de son "incompréhension". Jeudi, deux entités espagnoles, la banque Banco Pastor et la caisse d'épargne CatalunyaCaixa, ont publié des communiqués pour le moins ambigus affirmant avoir passé avec succès les tests... mais en s'affranchissant de certains critères de l'EBA qu'elles contestent.

L'espoir de décisions politiques de grande ampleur

Pour réussir, les banques doivent pouvoir justifier d'un ratio de fonds propres "durs" - le capital le plus sûr et facilement disponible - supérieur à 5% dans toutes les situations envisagées. Les banques détailleront aussi, pour la première fois, leur exposition au risque dit "souverain", c'est-à-dire les montants de dette publique de pays en difficulté qu'elles ont accumulés. Un défaut de paiement de la Grèce n'a toutefois pas été formellement pris en compte par l'EBA, ce que certains analystes ont vivement critiqué dans le contexte actuel.

Le pays le plus représenté dans la liste est de loin l'Espagne avec 25 établissements, devant l'Allemagne (13) et la Grèce (6). Outre les établissements allemands et espagnols, les banques grecques, italiennes, portugaises et irlandaises seront scrutées de près par les marchés. Le président de la Banque d'Italie et futur président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a toutefois répété mercredi qu'il était absolument sûr que les banques italiennes réussiraient les tests. Il a également fait valoir que la crise appelait à des décisions politiques de plus grande ampleur que celles prises au cours des derniers 18 mois. Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a lui aussi estimé, après l'abaissement mardi soir de la dette de l'Irlande en catégorie spéculative par l'agence de notation Moody's, que s'il devait y avoir un sommet, celui-ci devrait permettre de dégager des solutions politiques à long terme.

le 14 juillet 2011 à 16:03
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29 Commentaires

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  • 421123, le 15/07/2011 à 18h16

    Les Allemands ont raison de ne plus vouloir payer!

  • steepou, le 15/07/2011 à 16h06

    La solution faire marcher la planche à billet!!!

  • kosotto1, le 15/07/2011 à 15h55

    Objectif2012 : oui j'ai l'habitude. Pour balancer des critiques gratuites ils sont très forts, pour les arguments ça devient plus difficile. C'est comme le programme du PS qu'ils réclament à cor et à cri, on a beau leur dire qu'il est sur le site du PS , ils continuent à le réclamer !!!! Et quand je leur réclame celui de l'UMP, pas de réponses (normal il ne sera présenté que fin novembre mais eux ne semblent pas le savoir !!!!)

  • i.james57, le 15/07/2011 à 15h11

    Il faut écarter les mauvais élèves de la zone euro sinon ça risque d'être la fin...

  • claudrouledouce, le 15/07/2011 à 14h00

    Sabyne001 la france est en train de rattraper ce retard, nous allons sous peu rejoindre les pays pire que nous ..........

  • objectif-2012, le 15/07/2011 à 13h51

    Kosotto1 votre question reste sans réponse ............

  • sabyne001, le 15/07/2011 à 11h54

    Malheureusement , c'est loin d'etre le pire en Europe!!

  • kosotto1, le 15/07/2011 à 10h46

    Corinne06 : si vous argumentiez ?

  • phrv, le 15/07/2011 à 10h25

    Parceque les États ont rendu les Banques "intouchables" : En effet, sans les banques, les États ne peuvent répartir (auprès des particuliers) le financement des dettes colossales qu'ils ont accumulé depuis des décenies. Ce sont donc les Banques qui dictent leurs lois aujourd'hui... à cause de l'incurie des politiques

  • arracheux, le 15/07/2011 à 10h13

    Quands on voit le pib de la france on n est tres loin d etre rassurais

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