Crise grecque : la contagion menace, les marchés vacillent

le 12 juillet 2011 à 09h28 , mis à jour le 12 juillet 2011 à 13h10

Dossier : Crise financière

Les pays de la zone euro n'ont pu se mettre d'accord sur les modalités d'un nouveau plan d'aide à la Grèce, alors que les craintes de contagion à l'Espagne et à l'Italie font encore chuter les marchés. Divers politiques européens, ainsi que Christine Lagarde, tâchent de rassurer.

 
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  • Les Grecs retirent leur argent des banques

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Plus d'infos

Lundi, les marchés ont plongé, craignant une propagation à l'Italie de la crise de la dette qui a déjà frappé la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Ce mardi, guère rassurés par les atermoiements des dirigeants européens, ils accentuent leurs pertes. En baisse dès l'ouverture, la plupart des places européennes ont vu cette descente à peine freinée à la mi-journée, sous l'effet d'une chasse aux bonnes affaires. En début d'après-midi, la Bourse de Londres abandonnait 1,32%, celle de Francfort perdait 2,07%. Madrid et Milan se redressaient en revanche, bénéficiant, selon des sources de marchés, de rachats de titres de dette par la Banque centrale européenne, ce qui a permis de rassurer les marchés. Après avoir perdu près de 4% en début de matinée la Bourse de Milan se redressait à +0,50% et celle de Madrid ne cédait plus que 0,85% en milieu de journée.

Divisés sur les modalités d'une participation du secteur privé à un nouveau plan d'aide à la Grèce, les pays de la zone euro ont décidé de différer leurs décisions sur ce dossier, prenant le risque d'une accélération de la contagion. Au terme de huit heures de discussions qualifiées d'intenses par plusieurs diplomates, les ministres se sont séparés lundi soir sans clarifier quelles options de cette participation des banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissements étaient envisagées, se limitant à charger un groupe technique de les étudier au cours des prochains jours. Ils ont également refusé d'exclure la perspective d'un "événement de crédit" et d'un "défaut sélectif" en Grèce, qui avait pourtant été spécifiquement écartée depuis plus de trois semaines et seule l'opposition de la Banque centrale européenne à cette possibilité a été reprise dans la déclaration finale.

"Pas logique"

Alors que les taux longs de l'Italie et de l'Espagne sont montés en flèche lundi, illustrant les craintes de contagion, divers politiques se sont efforcés de relativiser cette incapacité européenne à parler d'une seule voix sur le cas de la Grèce. C'est le cas de Christine Lagarde. "A mes yeux, nous n'en sommes pas au stade des discussions sur les conditions et les termes, la durée et le volume, et rien ne doit être tenu pour acquis", a reconnu la nouvelle patronne du FMI lors de sa première table ronde avec les agences de presse de Washington. Sur le cas italien, elle a pointé la responsabilité des marchés : "En ce moment, l'Italie est clairement confrontée à des problèmes, qui sont essentiellement dus au marché et auxquels, j'en suis sûre, le gouvernement italien et ses partenaires seront attentifs", a-t-elle ajouté. Avant d'argumenter : "certains chiffres italiens sont excellents", alors que le FMI a procédé récemment à un examen de la situation économique de la péninsule.

Dédramatisation et accent mis sur le rôle des marchés : c'est également l'attitude, de l'autre côté de l'Atlantique, de la ministre espagnole de l'Economie, Elena Salgado. Elle a estimé mardi matin qu'il n'était "pas logique" que l'Espagne et l'Italie soient "affectées par l'instabilité des marchés", car leurs économies sont "fortes et diversifiées". Et d'ajouter : "Si nous sommes capables de transmettre la détermination que nous avons tous, les marchés devraient raisonnablement se calmer". Encore faudrait-il que cette "détermination" soit perceptible...

Le ministre des Affaires Etrangères italien, Franco Frattini, a dénoncé pour sa part une "attaque purement spéculative" des marchés contre l'Italie et défendu la solidité financière du pays, dans un entretien au quotidien La Repubblica. Interrogé sur Europe 1, le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, s'est aussi efforcé de rassurer. "Je crois qu'il faut que chacun garde son sang-froid", a-t-il commenté. "La situation est sérieuse, elle est grave, il y a une très grande fragilité des marchés; pour autant, les Européens réagissent. L'Italie a une économie solide et je crois qu'elle a une vraie capacité de remboursement". Interrogé sur la proximité des situations italienne et française, il a répondu que "les situations ne sont pas comparables, la taille des pays ne l'est pas, les raisons de cet endettement ne sont pas les mêmes".

Ecran noir pour le CAC

Au milieu de la matinée de mardi, la cotation du CAC 40 à Paris a été rendue temporairement indisponible. Cette interruption a été provoquée à partir de 9h56 par des problèmes techniques, dont l'opérateur boursier NYSE Euronext n'a pas encore déterminé les causes. Cet incident, qui s'est produit alors que les bourses européennes chutaient fortement, concernait aussi l'AEX aux Pays-Bas, le Bel20 à Bruxelles et le PS120 au Portugal, des indices gérés par NYSE Euronext, qui précise toutefois que les valeurs ne sont pas bloquées et que les échanges se poursuivent normalement.

le 12 juillet 2011 à 09:28
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61 Commentaires

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  • boboy75, le 12/07/2011 à 18h10

    SUPERSUMO@ C est pzs l'endettement le plus grave, c est la capacité a le rembourser quotidiennement

  • loava, le 12/07/2011 à 16h01

    Sauf que les "peuples" comme vous dites feront la même chose : ah l'appât du gain !!

  • cathyrurale, le 12/07/2011 à 15h58

    La Chine et les USA ont leurs propre monnaies. Je vous parle "ic1980" de la zone euro où les pays ont tous la même monnaie qui coule tout doucement par un effet domino. Tous la même monnaie mais une économie unique à chacun.

  • claudcouledouce, le 12/07/2011 à 15h53

    Ridicule ! Ceux qui menacent les pays endettés sont ceux qui leur ont prêté de l'argent. Quand vous empruntez pour payer une dette de jeu il ne faut pas s'attendre que ceux qui vous prêtent soient copain copain avec vous. Nous avons tous emprunté pour donner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillaient de moins en moins. Maintenant on vient nous demander de rembourser.

  • sandy29s, le 12/07/2011 à 15h53

    Inspatatrac: Nul ne doute que vous êtes très actif contre ce phénomène, vivement que vos actions nous conforte enfin. Gréviste peut être ?!

  • supersumo, le 12/07/2011 à 15h52

    Si vous etes pret à un doublement voir triplement de la dette française ...

  • inspatatrac, le 12/07/2011 à 15h49

    Proner les sub-primes? Pardon? Savez vous au moins ce que sont les sub-primes? Les sub-primes sont un fait, ca ne se prone en rien du tout....

  • inspatatrac, le 12/07/2011 à 15h46

    La fin de ceci, la fin de cela...etc etc...heureusement que l on n entend que ca en France....

  • propolis60, le 12/07/2011 à 15h13

    Vous êtes sérieux parce que vos propos (s'ils sont sincères) sont effrayants pour notre avenir... L'avenir est à la décroissance et à la fin du capitalisme sauvage... Réveillez vous !

  • stade_31, le 12/07/2011 à 15h12

    Vivement le retour au Franc !! Sortons de ce carcan européen qui nous broie !

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