
Un bon point et un rappel à l'ordre. Alors que les dettes américaine et européenne sont scrutées de près, tel est en substance le sens du rapport annuel du Fonds monétaire international sur l'économie française. Publié mercredi, le texte salue les efforts de la France en matière de réduction du déficit public, mais lui demande des "efforts supplémentaires pour atteindre les objectifs pour 2012-13." Quels sont les principaux points de crispation ?
- La dette publique : c'est le cœur du rapport. Pour le FMI, en 2013, elle devrait atteindre 88% du PIB. Le gouvernement, lui, prévoit plutôt un début de repli, à 86,4%. Du coup, le Fonds insiste sur la nécessité de renflouer les caisses de l'Etat. Les économies ou recettes nouvelles en plus doivent représenter 0,2% du PIB en 2012 et 0,6% du PIB en 2013 selon le Fonds, qui évoque par exemple un relèvement des taux réduits de TVA en vigueur. Le gouvernement s'est déjà dit prêt à renforcer si nécessaire ses efforts de réduction du déficit, notamment en rabotant davantage les niches fiscales.
- Le recul du déficit : Objectif fixé par la France : atteindre les 3% en 2013. Mais sans efforts supplémentaires, le FMI l'évalue plutôt à 3,8%.
- La croissance : la France table sur une accélération de la croissance, de 2% en 2011 à 2,25% en 2012 puis 2,5% en 2013. Une telle embellie lui permettrait de ramener son déficit de 7,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 à 5,7% cette année, 4,6% l'an prochain et 3% en 2013. Or, le FMI, lui, est moins optimiste sur l'amélioration de la croissance. Le Fonds s'attend à une croissance de 2,1% cette année et seulement 1,9% l'an prochain et 2% en 2013.
- Les conséquences : Le rapport rappelle que la France doit respecter ses objectifs budgétaires à moyen terme si elle veut conserver les faibles coûts d'emprunt que lui garantit sa note AAA.
- La règle d'or budgétaire : elle "aiderait à donner un signal sans équivoque de l'engagement des autorités à respecter la trajectoire d'ajustement", écrit le Fonds. L'inscription dans la Constitution de cette "règle d'or" a déjà été votée par l'Assemblée nationale et le Sénat, mais nécessite une adoption par le Parlement tout entier réuni en Congrès. Or le Parti socialiste, dont au moins une partie des voix sont nécessaires, refuse de la voter, renvoyant le gouvernement à sa propre responsabilité dans l'envolée du déficit depuis 2007.
| Les banques doivent mieux faire |
Le FMI a invité mercredi les banques françaises à renforcer leurs fonds propres pour atteindre les nouvelles exigences réglementaires du comité de Bâle qui supervise le secteur bancaire. Dans son rapport, il incite aussi les établissements bancaires français à réduire la part de leurs financements à court terme, pour être moins dépendants des ressources financières des fonds |
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