Dette américaine : Obama et les républicains jouent avec le feu

le 27 juillet 2011 à 07h20 , mis à jour le 27 juillet 2011 à 08h40

Dossier : Crise financière

Même si Obama a appelé les citoyens à faire pression sur le Congrès, provoquant l'engorgement de son standard, les positions des républicains et démocrates sur la dette restent inconciliables. Le bras de fer durera-t-il au-delà du 2 août ? Et si oui, avec quelles conséquences ?

[Expiré] Barack Obama © AFP

 
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Devant l'impasse sur la dette américaine, Barack Obama avait appelé lundi soir ses compatriotes à faire pression sur le Congrès, où ses adversaires sont majoritaires à la Chambre des représentants, pour parvenir à une percée. "Si vous voulez une approche équilibrée pour réduire le déficit, faites-le savoir à votre élu au Congrès", avait-il lancé lors d'un discours à la Nation. Il semble avoir été entendu. Les lignes téléphoniques et connexions internet du Congrès américain se sont retrouvées engorgées, croulant sous les appels de citoyens demandant aux parlementaires de sortir de l'impasse du débat sur la dette.

Mais les citoyens américains ont beau se mobiliser, à moins d'une semaine de la date-butoir, la situation reste désespérément bloquée. Le vote d'une proposition du président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, n'aura pas lieu avant jeudi au plus tôt. Le plan Boehner fait concurrence à celui du chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid. La Maison Blanche et une bonne partie des élus du Capitole espèrent parvenir à un compromis associant les deux textes mais Harry Reid a fait savoir que les tractations ne devraient pas reprendre avant que la proposition de John Boehner soit examinée par la Chambre. Et ce nouveau report risque de retarder encore les négociations sur le relèvement du plafond de la dette réclamé par le Trésor avant le 2 août. Il est vrai que le plan Boehner ne convainc pas nécessairement les milieux financiers ; ainsi, l'agence de notation Standard & Poor's a jugé négative la solution d'un relèvement minimal du plafond de la dette américaine pour quelques mois prônée par le président républicain de la Chambre des représentants. "Nous serions préoccupés si nous pensions que le débat sur le plafond de la dette revenait sur la table et qu'il faudrait à nous tout reprendre", a déclaré à la chaîne CNBC David Beers, le responsable de la notation des dettes souveraines au sein de S&P.

Le ciel tomberait-il sur Washington ?

Reste à savoir ce qu'il se passerait si républicains et démocrates ne parvenaient pas à un compromis avant cette date fatidique du 2 août. Le ciel tomberait-il sur Washington et l'économie mondiale mardi prochain si le Congrès ne parvenait pas à voter un relèvement du plafond de la dette américaine ? Probablement pas, répondent les analystes, pour qui le gouvernement fédéral, même privé de la possibilité d'emprunter davantage, pourrait éviter encore une semaine, voire davantage, un défaut de paiement aux effets potentiellement dévastateurs.

Depuis des semaines, le président Barack Obama et le secrétaire au Trésor Timothy Geithner soulignent que le Trésor n'aura plus de marge de manoeuvre pour emprunter après la date-butoir et mettent en garde contre les conséquences d'un non-relèvement du plafond d'endettement, actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars. Mais les responsables du Trésor n'ont jamais dit que le gouvernement n'aurait plus de liquidités pour régler les factures de la nation et les experts de Wall Street parient que Washington pourra tenir environ deux semaines encore. "Le premier risque d'un défaut est le 15 août", assure Ward McCarthy, économiste à Jefferies & Co. "Le cash ne sera pas un problème dans l'immédiat." McCarthy et d'autres analystes financiers estiment ainsi que le gouvernement aura de quoi payer 23 milliards de dollars d'aide sociale pour les personnes âgées et handicapées le 3 août et de quoi racheter les 90 milliards de dollars d'obligations du Trésor qui viennent à échéance le 4 août. "Dans toutes les projections, il apparaît qu'ils ont une vaste réserve de liquidités pour couvrir leurs engagements", déclare Lou Crandall, économiste chez Wrightson ICAP.

Ce point de vue conforte les déclarations de l'aile droite du Parti républicain qui insistent pour dire que le gouvernement fonctionnera toujours même s'il n'y a pas d'accord le 2 août... mais il ne dit rien de ce que sera la réaction des investisseurs si le Congrès échoue et le Trésor n'est plus habilité à emprunter sur les marchés pour se financer. A l'heure actuelle, les analystes ne croient pas que les agences de notation abaisseront la note souveraine américaine si le Congrès ne relève pas le plafond d'endettement à la date du 2 août, mais que le gouvernement est en mesure d'acquitter ses obligations. Mais si le gouvernement laisse entendre que les élus du Capitole ont davantage de temps pour tomber d'accord, la crédibilité de Timothy Geithner risque en revanche d'être affectée. Le Trésor a en effet modifié à trois reprises la date-butoir après laquelle il se dit incapable d'emprunter. "Les élus sont convaincus que même s'ils passent cette date-butoir, ce sera OK", pointe Tom Simons, économiste à Jefferies. "Il y aura bien un moment où ce ne sera plus vrai." 

le 27 juillet 2011 à 07:20
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17 Commentaires

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  • terry_dallas_tx, le 28/07/2011 à 14h39

    Tonio2011: c'est une question de perspective. Vu de France, on pense qu'il n'y a pas de vraie gauche nulle part ailleurs. Vu de la plupart des pays etrangers, on pense qu'il n'y a pas de vraie droite en France...

  • tonio2011, le 27/07/2011 à 20h16

    Il n'y a pas de gauche aux Etats-Unis, donc Obama étant moins à droite que d'autre il se rapproche plus de notre UMP.

  • bebert59560, le 27/07/2011 à 16h38

    J'ai entendu dire que Obama était socialiste! Si tel est le cas rien d'étonnant que tout soit prêt à sécrouler!

  • kukush47, le 27/07/2011 à 16h11

    La Grèce vient de se créditer de 268 milliards d'euros..... Elle pourrait racheter une partie de la dette américaine ....!!!

  • david59690, le 27/07/2011 à 14h37

    De toute maniére il faudra bien que tout ce systéme s'écroule. Autant que ce soit maintenant, il ne faut pas reporter a demain ce que l'on peut faire aujourd'hui.

  • vraiages, le 27/07/2011 à 14h00

    Non mais réellement de toute façon, quel est l'étendue de la monnaie dans le monde ? Je veux dire, avoir des dettes sur de l'argent virtuellement existant, c'est un peu drôle. Au final, suffit de faire tourner les planches a billets, non ? Qu'importe que la valeur de cet argent au départ soit de zéro, une fois les valises remplies de billets, on discute pas.

  • 421123, le 27/07/2011 à 13h59

    "In the mood".

  • yannickatl, le 27/07/2011 à 13h52

    Sur ce coup la...je parie sur Obama :o)

  • bouncer666, le 27/07/2011 à 12h25

    Vive la FED :-) 82 milliard de benefice cette annee un record

  • pascalcaen, le 27/07/2011 à 12h00

    Mort de rire. Merci pour cette fin analyse. Next.

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