Dette américaine : place au "plan B"

le 19 juillet 2011 à 07h57 , mis à jour le 19 juillet 2011 à 08h05

Dossier : Crise financière

La guerre de tranchées sur le relèvement du plafond de la dette américaine se poursuit cette semaine au Congrès où des élus travaillent à un moyen de contourner le blocage et éviter un défaut de paiement des Etats-Unis après le 2 août.

Barack ObamaBarack Obama/Image d'archives - juin 2011 © ABACA

Depuis la mi-mai, la dette fédérale américaine, à 14.294 milliards de dollars, a atteint le maximum autorisé. Un problème que le Trésor ne parvient à contourner que grâce à des tours de passe-passe de courte durée. Et à quatre jours de la date butoir fixée par Barack Obama pour l'obtention d'un accord sur le budget et la dette américaine, républicains et démocrates s'efforcent de tracer les contours d'un "plan B" pour éviter au pays la cessation de paiement. Les deux partis s'accordent sur la nécessité de relever le plafond de la dette américaine, actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars, mais se sont jusqu'à présent montrés profondément divisés sur la manière de le faire. Les démocrates demandent que toute réduction des déficits se fasse par le biais d'augmentations d'impôts, mais les républicains rejettent cette option et exigent des réductions de dépenses, notamment des prestations de sécurité sociale.

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Plus d'infos

Les marchés financiers commencent à craindre que les positions républicaine et démocrate soient irréconciliables pour un accord sur le budget d'ici le 2 août, date à laquelle les Etats-Unis se retrouveront à court d'argent. Fitch Ratings a une nouvelle fois menacé lundi de placer la note de la dette souveraine américaine sous surveillance avec implication négative si aucun accord n'était trouvé sur la question du relèvement du plafond de l'endettement des Etats-Unis avant le 2 août. Dans la matinée, l'agence Moody's avait suggéré aux Etats-Unis d'éliminer simplement le plafond imposé à la dette du pays afin de réduire l'incertitude chez les détenteurs d'obligations souveraines. Elle avait prévenu la semaine dernière qu'elle baisserait la note AAA des Etats-Unis s'ils venaient à faire défaut sur leur dette. Le secrétaire d'Etat américain au Trésor Timothy Geithner s'est toutefois montré rassurant quant à la conclusion d'un accord permettant d'éviter au pays un tel scénario. "Malgré ce qu'on entend, les gens se rapprochent", a-t-il assuré à la chaîne de télévision CNBC, saluant la volonté des républicains d'exclure l'éventualité d'un défaut de paiement.

"Réduire, plafonner, équilibrer" : Obama promet son veto

Le chef de file des sénateurs républicains, Mitch McConnell, défend un plan conférant directement à Barack Obama le pouvoir de relever le plafond de la dette (quitte à prendre seul le risque politique d'une telle décision) et dont une version modifiée pourrait être débattue cette semaine au sein de la chambre haute, contrôlée par les Démocrates. Cette idée était jusqu'à présent considérée comme un plan B, mais gagne de l'élan à mesure que les efforts pour parvenir à un accord global de réduction des déficits semblent tourner court. Le plan du Sénat pourrait aussi comporter des réductions de dépenses à hauteur de 1500 milliards de dollars sur 10 ans, des mesures sur lesquelles les deux camps sont d'accord. La mouvance ultraconservatrice du "tea party", très influente à la Chambre, a toutefois condamné ce plan de repli. De son côté, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a assuré que le président continuait à "appeler au plus large accord possible". Mais, selon lui, le président souhaite s'assurer qu'il existe "un plan de repli" tel que celui du sénateur McConnell, même si ce plan n'est pas sa préférence. Cette solution pourrait être examinée dès le milieu de la semaine.

Mais avant cela, ce mardi, la Chambre des représentants doit se prononcer sur la dernière proposition des républicains, intitulée : "Réduire, plafonner, équilibrer". Ce texte symbolique, qui devrait être rejeté par le Sénat à majorité démocrate, imposerait notamment un amendement à la Constitution pour que le budget fédéral soit à l'équilibre, ainsi que de fortes réductions budgétaires. L'échec programmé de ce plan ne fera que souligner le fossé entre les démocrates et les républicains. La Maison Blanche a enfoncé le clou lundi en prévenant que Barack Obama opposerait son veto à ce texte, dans le cas hautement improbable où le Sénat l'approuverait.

le 19 juillet 2011 à 07:57
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2 Commentaires

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  • phrv, le 19/07/2011 à 10h02

    USA, France, même combat ! Convertissez la dette US en Euros, et ramenez la à l'échelled e la France (divisez par 5), et vous verrez que c'es du même tonneau. La différence, c'est qu'aux USA il reste de la marge (taxation de l'essence par exemple), ce qui n'est plus le cas de la France !

  • infoniko, le 19/07/2011 à 09h14

    Combien de milliards depensés en irak pour rien. si les usa etaient une entreprise, elle serait en faillite. comment vont ils rembourser 14 000 milliards de dollars? çà serait surement catastrophique pour l'economie mondial mais peut être que çà serait un bien que le systeme pete une foi pour toute plutot que de bricoler des solutions qui ne menent a rien si ce n'est plus de dettes. je pense qu'on est pret d'une implosion du systeme financier et qu'aujourd'hui le meilleur placement va devenir le bas de laine. franchement, tous les hommes politiques veulent nous donner des leçons sur la maniere dont on doit gerer notre budget alors qu'eux nous ont mis dans la mouise par manque de courage, de dicernement et par une stupidite et une cupidité sans limite. bravo, et merci messieurs.

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