En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Dette : la France, îlot épargné ou future Espagne ?


le 23 juillet 2012 à 08h01 , mis à jour le 23 juillet 2012 à 08h04.
Temps de lecture
4min
Montage photo : la Bourse de Paris

Image d'archives / Crédits : TF1/LCI

A lire aussi
ConjonctureQu'est-ce qui différencie la France, qui se finance à des taux exceptionnellement bas, de l'Espagne, dont se détournent les investisseurs et qui risque d'être exclue des marchés de capitaux ? Peu de choses, mais décisives, estiment les experts. Une situation qui pourrait toutefois ne pas perdurer.

L'Espagne a multiplié les mesures les plus dures, jetant des millions de personnes dans la rue lors de manifestations massives contre l'austérité, pour amadouer ses partenaires européens et obtenir une aide cruciale pour ses banques. Sans convaincre les marchés, qui se focalisent sur les points faibles de son économie : des banques croulant sous les créances douteuses, des régions lourdement endettées dont l'une a déjà appelé Madrid à l'aide, une croissance en berne, un chômage qui explose. De l'autre côté des Pyrénées, ces mêmes marchés font les yeux doux à la France, qui, paradoxalement, a fait peu de réformes pour l'instant et pourrait même revenir sur certaines d'entre elles.

Avec des taux de financement à dix ans de nouveau supérieurs à 7%, l'Espagne pourrait bientôt être exclue des marchés de capitaux. La dette de la France, elle, fait au contraire l'effet d'être l'une des plus sûres du monde avec un rendement à 10 ans à peine supérieur à 2%. Jeudi, le Trésor français est même parvenu à emprunter à court terme à des taux négatifs, les investisseurs acceptant de fait de payer pour récupérer leur argent. La situation était tout autre en novembre dernier : la France était alors considérée comme un maillon faible de la zone euro, comme l'Espagne et l'Italie, et le "spread", l'écart de rendements, à dix ans entre les dettes espagnole et française était inférieur de moitié à son niveau actuel.

Et si la crise de la zone euro s'aggrave ?

L'inégalité de traitement actuelle dont profite la France sur les marchés obligataires s'explique par de multiples raisons : la santé un peu meilleure de l'économie française, son passé de liens politiques étroits avec l'Allemagne et les récentes initiatives de la Banque centrale européenne. Pourtant, nombre d'investisseurs continuent de considérer la France comme le plus mal en point des prétendus pays du "coeur" de la zone euro. Et les investisseurs ne manquent pas de motifs pour se détourner de la dette française, qu'il s'agisse de son déficit budgétaire toujours élevé, de son économie vacillante, de ses liens financiers encore étroits avec l'Espagne et l'Italie ou encore du manque de flexibilité de son marché du travail.

Le fait que les marchés ignorent pour l'instant tous ces facteurs tient à un élément : le rendement se fait rare. L'Allemagne, maillon fort de la zone euro, n'a en effet plus besoin d'offrir grand chose aux investisseurs, forçant ceux-ci à ignorer les défauts français pour espérer retirer une rémunération décente du placement de leurs capitaux. Les mesures exceptionnelles mises en oeuvre ces derniers mois par la BCE constituent un autre facteur clé. L'injection d'environ 1000 milliards d'euros de liquidités dans le système bancaire de la zone euro a en effet incité les banques espagnoles et italiennes à acheter davantage de dette de leur propre pays, et à l'acheter notamment à des banques françaises, qui ont ainsi pu améliorer la qualité de leur bilan. De plus, il y a deux semaines, la BCE a ramené à zéro le taux au jour le jour facturé aux banques qui déposent leurs liquidités auprès d'elle, ce qui n'a guère amélioré la situation de l'Espagne mais a revanche supprimé ce qui était auparavant considéré comme un seuil plancher pour les rendements obligataires et d'autres taux d'intérêt de la zone euro.

C'est ainsi qu'avant la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande ont pu emprunter à court terme à des taux négatifs. Ainsi des investisseurs en quête de rendement achètent-ils aujourd'hui des titres français qui, certes un peu plus risqués, offrent un rendement un peu meilleur que les allemands. Parallèlement, l'Espagne souffre des spéculations sur un possible éclatement de la zone euro. Malgré tout, certains jugent que le rally obligataire français est une distorsion due à la politique de la BCE et qu'il pourrait donc être provisoire si la crise de la zone euro s'aggravait encore.

Commenter cet article

  • robert.13 : Attention, les taux négatifs sont sur des emprunts à très court terme (3 mois ou 6 mois) alors que pour l'Allemagne c'est pour des emprunts à 2 ans. Quand la discussion budgétaire commencera et que le total des dépenses supplémentaires engagées par le Gouvernement Socialiste ne trouveront de compensation que dans une hausse monstrueuse des impôts, les marchés se retourneront et la France verra son taux d'emprunt grimper vers les sommets italiens ou espagnols d'aujourd'hui. Ne soyez pas gênés pour publier.

    Le 25/07/2012 à 00h17
  • passeparici : Ilot épargné si Nicolas Sarkozy était encore au pouvoir ! : La ce n'est plus de la naïveté ...

    Le 24/07/2012 à 15h55
  • passeparici : C'est normal lamamouch54 ! La crise ne date pas d'hier ! et maintenant qu'on l'a et qu'on commence à la gérer, elle commence à faire mal ! Maintenant comme toutes crises n'était il pas temps de la prendre en main et la gérer ? Maintenant Hollande n'est la que depuis 2 mois alors si vous croyez qu'il amène la crise, vous êtes simplement victime de la désinformation de ceux qui n'ont toujours pas admis qu'en démocratie il peut y avoir des alternances !

    Le 24/07/2012 à 15h54
  • passeparici : Votre pouvoir d'achat n'est pas à l'heure actuelle avec raison une priorité ! Equilibrons les budgets d'abord ! Il est curieux de la part de certain de critiquer maintenant alors qu'il prédisait qu'Hollande ne pourrait pas ou ne voudrait pas le faire

    Le 24/07/2012 à 15h50
  • mcg35 : @kosotto1 - Ne déformez pas et n'interprétez pas mes propos à votre convenance, s'il vous plait ...

    Le 24/07/2012 à 14h38
      Nous suivre :
      Enquête : les jouets de Noël 20% moins chers en novembre qu'en décembre

      Enquête : les jouets de Noël 20% moins chers en novembre qu'en décembre

      logAudience