Dix ans après sa naissance... faut-il mettre fin à l'euro ?

Par , le 30 décembre 2011 à 16h04 , mis à jour le 30 décembre 2011 à 17h27

Dossiers : Crise financière, Dossier Euro

Depuis le début de la crise de la zone euro, économistes, politiciens et autres eurosceptiques proposent de mettre fin à la monnaie unique pour résoudre la crise. Tour d'horizons des arguments et contre-arguments.

La question

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L'euro fête ses 10 ans : convertissez-vous encore mentalement les euros en francs ?

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La dévaluation : argument en faveur de la sortie de l'euro
Dossier
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Plus d'infos

La question se pose avant tout pour les pays en difficulté : la Grèce, l'Italie, le Portugal,... L'intérêt pour ces pays à repasser à la monnaie nationale est de pouvoir dévaluer. Comment ça marche ? Lorsqu'un pays contrôle sa propre monnaie, il peut décider qu'au lieu qu'1 franc soit égal à 0,15 dollar (par exemple), il corresponde à 0,12 dollar. Dans cette situation, une voiture produite en France (à 100.000 francs), coûte moins chère à l'étranger qu'auparavant (12.000 dollars au lieu de 15.000). Dévaluer permet donc d'aider les exportations, et donc la production nationale.

Aujourd'hui l'euro - même s'il diminue - est fort. Il l'est surtout pour les pays qui traversent une crise et dont les entreprises ne produisent plus... et licencient. Le retour aux monnaies nationales permettrait donc aux pays les plus en difficulté de mener leur propre politique monétaire et relancer leur économie.

La dette en euro : argument en faveur de l'euro

Problème : l'Etat a emprunté en euro. Il devra donc rembourser en euro, même si sa monnaie a changé. Mais s'il dévalue, sa dette augmentera : si elle est de 100 euros juste avant la sortie de l'euro, qu'il décide de repasser au franc avec 1 euro = 1 franc, puis dévalue juste après à 1 euro = 0,8 franc, alors la dette (de 100 euros) ne vaudra pas 100 francs mais 125 francs. Il devra donc rembourser plus d'argent. De plus, la dévaluation est mal perçue par les marchés, qui pourraient prêter aux Etats à des taux plus élevés. Ce qui alourdirait à nouveau la dette.

Dévaluer avant pour faciliter la fin de l'euro ?

Cet argument est celui de l'économiste Jean-Jacques Rosa. Selon lui, il faudrait d'abord déprécier l'euro par rapport au dollar avant d'en sortir. Une fois sorti de l'euro, les anciens pays de la zone devraient donc dévaluer les uns par rapport aux autres. La France devant dévaluer uniquement par rapport à l'Allemagne, et la Grèce par rapport à tous les pays. Les pays pourraient donc à nouveau produire et vendre aux prix qui leur correspondent.

Le passage à la monnaie nationale n'allège pas le coût de la fin de l'euro

Si un pays veut sortir de l'euro, il devra à nouveau fabriquer des billets et des pièces dans la monnaie nationale. Il a fallu dix ans - entre la signature du traité de Maastricht et la mise en circulation de la monnaie - pour créer l'euro, combien de temps cela prendrait-il pour revenir aux monnaies nationales ? Et surtout, combien cela coûterait-il ? "Au moment du passage à l'euro, personne n'en avait fait un fromage, répond un économiste partisan de la sortie de l'euro, on l'exagère aujourd'hui alors qu'on l'avait minoré alors". Selon l'institut Montaigne, un laboratoire d'idées libéral, le retour au franc coûterait entre 6 et 19% du produit intérieur brut (PIB) sur dix ans. Rien que pour frapper la monnaie, le coût pour l'Etat s'élèverait à 2 milliards d'euros selon l'institut.

Retrouver sa politique monétaire : un argument en défaveur de l'euro

Pour les eurosceptiques, l'euro a supprimé la possibilité de réaliser des ajustements monétaires nationaux en cas de chocs. En politique économique, pour relancer l'économie, il est possible d'utiliser deux sortes d'outils : le budget de l'Etat ou le taux d'intérêt directeur de la banque centrale. En baissant son taux d'intérêt, la banque centrale abaisse les coûts pour emprunter. Les consommateurs empruntent plus facilement pour acheter une voiture par exemple, et les entreprises pour embaucher des salariés et investir. Il s'agit donc d'un moyen pour relancer l'économie, autre qu'utiliser le budget de l'Etat comme l'ont fait les pays européens à la suite de la crise de 2008... ce qui a creusé leurs déficits et dettes publics. Aujourd'hui, la politique monétaire est dans les mains de la Banque centrale européenne, dont le seul objectif est de garantir la stabilité des prix. Or, mener une politique monétaire de relance crée de l'inflation. Il est donc hors de question de mener une telle politique aujourd'hui.

Améliorer l'intégration européenne pour rester dans l'euro

De nombreux économistes "pro-euro" estiment cependant que l'Europe dans son état actuel ne peut continuer à avancer sur ce terrain sans améliorer l'intégration européenne. "Ce sont des vœux pieux, répond un économiste partisan de la sortie de l'euro, aux Etats-Unis cela fonctionne alors même qu'il ne s'agit pas d'une zone monétaire optimale, parce qu'il y a des transferts d'argent. Nous sommes dans une période où les Etats veulent alléger la politique fiscale... alors accroître la centralisation au niveau européen, ça ne se produira pas". Les "pro-euros" espèrent tout de même une plus grande intégration de différentes manières : une plus grande intervention de la banque centrale européenne (BCE), la mise en place d'un ministre des Finances de la zone euro, des transferts monétaires des Etats bien portant vers ceux qui souffrent le plus... Mais les membres de la zone euro ne se sont toujours pas mis d'accord sur l'un quelconque de ces points.

Par Jessica Dubois le 30 décembre 2011 à 16:04
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61 Commentaires

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  • mr0817, le 03/01/2012 à 02h43

    Bien vu, mais là aussi, le budget de fonctionnement de la "machine europe" est d'un cout trop exhorbitant,

  • look165, le 03/01/2012 à 01h17

    Mourir si jeune !

  • berny6710, le 03/01/2012 à 00h16

    Le_lutin_paris et vous croyez que la Grèce va nous rembourser ? là,vous faites fausse route !

  • refexion1, le 02/01/2012 à 14h45

    Il faut vivre avec ce que l'on a, surtout si c'est pour retourner dans un isolement économique. L'échec de l'Euro c'est l'Échec de l'Europe mais avant tout celui de la Banque Centrale Européenne et de ces dirigeants qui se sont obstinés à manipuler la devise pour la garder artificiellement haute.... Il faut voir là la déconfiture de la Grèce, le cout élevé en Irlande, l'arrêt des travaux de construction en Espagne et au Portugal...mauvaise politique figée et surtout une administration Européenne bien trop lourde et inflexible vouant s'occuper de tout et de rien. Sachez qu'il se fait 3X plus d'échanges de biens et services entre le Canada (37 millions d'habitants) et les USA que dans toute l'Europe des 550 millions d'habitants ! L'Europe est malade en son sein.

  • lilian54360, le 02/01/2012 à 12h19

    Si la dette n'est pas remboursé c'est le défaut de paiement donc les taux augmenteront , le pays ne pouura plus emprunter, donc les banques ne preterons plus d'argent aux particuliers ou aux entreprises ou a de fort taux.Donc a termes cela entrainerais une faillite de la France d'ou logiquement une mise sous tutelle de notre pays par l'Europe, le FMI et les autres grandes nations (USA en tête). Cela entrainerais un fort taux de chômage,unj ebaisse importante de la consommation, une suppression de toutes les aides sociales (Assedics, RSA, CMU, retraite), une privation massive(santé privatisé, éducation privatisé) d'ou a termes violences sociales... Voila ce qui arrivera si la France cesse de payer ses dettes.. Quand nous particuliers ont ne paient pas nos dettes, on est en faillite personne, fiché à la banque de France donc interdis d'empruntern et saisie par l'huissier. Voila. Sauf que si c'est l'Etat c'est pas au gouvernement qu'on va demander des comptes c'est au peuple.

  • nelly-k, le 02/01/2012 à 08h49

    L'Euro n'est que le reflet des mauvaises gestions pratiquées par les politiciens depuis plusieurs décennies qui ont accumulés les déficits et recourus à des emprunts gigantesques. Le Franc n'aurait pas fait mieux, au contraire les règles européennes ont limités un peu mais pas assez les absurdités. Comparez le taux entre le Franc et le Franc Suisse, le franc n'avait pas cessé de se dévaluer lamentablement !

  • elolo89000, le 02/01/2012 à 08h26

    Quoi qu'il en coute revenons au franc de toute façon ça ne peut pas etre pire que ce que nous vivons déjà tentons !!! tircan pourvu que vous ayez raison L'euro est un gachi encore de l'argent balancé pour rien et qui a mis l'ensemble des pays européens au bord du gouffre y'a pas photos avant 1FR était égal à 1FR point barre maintenant pffffff .........

  • lakoredine, le 02/01/2012 à 07h56

    Très bien vu , concileo !

  • concileo, le 02/01/2012 à 05h50

    @le_lutin_paris : pourtant ça a déjà été fait parle passé, après la Révolution Française le Directoire a déclaré la banqueroute de l'État Français, avec effacement des deux tiers de la dette (raison pour laquelle on l'a appelée « banqueroute des deux tiers »).

  • liquidator, le 02/01/2012 à 02h51

    Mon Dieu , mon Dieu! Quand donc vas-t-on se décider a enseigner correctement l'économie dans le secondaire pour éviter de lire de pareilles âneries. Il faut la liberté d'expression mais il faudrait aussi que chaque individu comprenne qu'il est de son devoir de faire un minimum d'efforts pour se renseigner, se former. Juste un peu lire autre chose que le tiercé ou les malheurs de Johnny! La liberté d'expression sans effort de formation c'est le café du commerce assuré!

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