Image d'archives © TF1/LCILe compte à rebours a été lancé fin novembre avec l'adoption par le Parlement de la loi Nome, qui prévoit qu'EDF cédera jusqu'à 25% de la production de son électricité d'origine nucléaire à ses concurrents - comme GDF Suez, Poweo ou Direct Energie - afin que ceux-ci puissent proposer des offres à des tarifs concurrentiels. Le texte doit entrer en vigueur au 1er juillet. D'ici là, un tarif devra être fixé. Car le prix auquel EDF devra vendre son électricité, appelé accès régulé au nucléaire historique (Arenh), n'est pas défini dans la loi et doit être fixé par l'Etat.
Ce prix de l'Arenh fait bien sûr l'objet de vifs débats entre EDF, qui ne veut pas d'un tarif inférieur à 42 euros et crie au "pillage" en cas de chiffre inférieur à ce seuil, et ses concurrents, qui visent un tarif autour de 35 euros. Les industriels, eux, en tant que consommateurs d'électricité, voudraient tirer les chiffres encore plus bas : le groupe des Fédérations industrielles a estimé en fin de semaine qu'au-delà de 30 voire 32 euros par mégawatheure, l'électricité d'origine nucléaire perdrait son "atout compétitif pour l'industrie". Et de brandir l'argument du risque de chômage : "Notre facture d'électricité gonflera de 4 milliards d'euros d'ici à 2015 et près de 30.000 emplois industriels seront menacés".
Que va dire le rapport Champsaur ?
De 30 euros par mégawatheure à 42 euros, il y a une marche. Le gouvernement va donc devoir arbitrer entre ces intérêts contradictoires, chacun criant à qui mieux mieux et affûtant ses arguments. Vendredi, le ministre de l'Energie, Eric Besson, a déclaré que "rien n'était arbitré" et que la concertation "se poursuivait". Il a précisé que ce prix serait fixé "par un arrêté signé en avril, après un arbitrage du président de la République et du Premier ministre". Mais d'ores et déjà, un rapport avance ses chiffres. Il s'agit du rapport de Paul Champsaur, ancien directeur général de l'Insee et ex-président de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), qui doit être remis en mars et servir de base au gouvernement pour fixer le montant de ce prix de gros. Selon le Journal du Dimanche, les conclusions de ce rapport "sont prêtes et recommandent le prix de 39 euros par mégawattheure".
La fixation de ce prix constitue un enjeu crucial pour EDF, qui a bâti ses hypothèses de croissance 2011 sur un prix de 42 euros. Lors de la présentation des résultats annuels du groupe, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, a expliqué qu'un euro en moins par rapport à ces 42 euros pénaliserait le résultat d'exploitation du groupe à hauteur de 40 millions au second semestre de cette année.
Ce nouveau mécanisme est censé doper la concurrence dans un secteur ultra-dominé par EDF. Et la loi Nome précise que ce prix de gros de l'électricité nucléaire doit refléter les "conditions économiques de production" des centrales et qu'il devra être "en cohérence" avec le tarif spécifique aux entreprises, le Tartam (Tarif Réglementé Transitoire d'Ajustement au Marché).
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