Emprunts toxiques de Dexia : les hôpitaux contaminés

le 18 octobre 2011 à 07h32 , mis à jour le 18 octobre 2011 à 09h50

Dossier : Crise financière

Des dizaines d'hôpitaux français se retrouvent en difficulté financière après avoir contracté des emprunts toxiques, à des taux pouvant aller jusqu'à 15%, notamment auprès de la banque franco-belge Dexia, dont le démantèlement est en cours.

TF1/LCI : Urgences hospitalières : ambulanceImage d'archives © TF1/LCI

 
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Plus d'infos

L'ampleur des effets de la crise Dexia ne se révèle que mois après mois. Les collectivités locales ou municipalités ne sont pas les seules à avoir été victimes des emprunts toxiques de la banque franco-belge, actuellement en cours de démantèlement : des hôpitaux sont également concernés. Et parfois, placés dans une situation financière des plus acrobatiques. Certains tentent sans grand succès de renégocier les prêts. D'autres comme l'hôpital psychiatrique de Sevrey, près de Chalons sur Saône, ont choisi de laisser éclater la crise au grand jour en choisissant la voie judiciaire. "Nous avons porté plainte auprès du tribunal de grande instance pour un emprunt de 3 millions d'euros que mon prédécesseur avait souscrit auprès de Dexia", a indiqué son directeur Philippe Collange. "Il était indexé sur la parité dollar/franc suisse, bonifié à 4,31% les deux premières années, puis ensuite leur formule s'appliquait, et en août dernier le taux est monté jusqu'à 14%", a-t-il précisé, déplorant être dans un système de "montagnes russes".

Combien d'hôpitaux pourraient voir leurs finances menacées de cette manière ? Sans doute plusieurs dizaines. Les emprunts à taux variables qu'ils ont contractés sont souvent indexés sur les parités de change entre l'euro ou le dollar, devises malmenées actuellement sur les marchés, et le franc suisse ou la couronne norvégienne, perçus comme des valeurs refuge. Les établissements concernés sont de taille variable, allant du tout petit hôpital au grand centre hospitalier universitaire (CHU), mais ce sont les petites structures concernées qui ont les plus gros soucis financiers.

"On doit quand même penser aux risques"

Pour les produits les plus toxiques "la situation s'aggrave assez rapidement, les taux sont maintenant à 15% et il est possible que ça continue encore à flamber" s'alarme Yves Gaubert, responsable du pôle financier à la Fédération hospitalière de France qui représente le millier d'hôpitaux publics français. Dans une étude fouillée, une société de services technologiques et financiers, Finance active, a évalué à 20% la proportion d'emprunts plus ou moins risqués par rapport à l'ensemble des prêts assurant le financement du monde hospitalier. "Il y a une grande hétérogénéité suivant les établissements" et pour certaines petites structures, le taux d'endettement toxique peut monter jusqu'à 70%, selon Yves Gaubert.

Si certains directeurs d'hôpitaux ont pu manquer un peu de jugement face aux offres alléchantes qui leur ont été faites, ils considèrent avoir été lésés, notamment par Dexia (ex Crédit Local de France), en qui ils avaient toute confiance puisque c'était un partenaire privilégié des collectivités locales et du monde hospitalier. "Certains établissements bancaires ont présenté ces produits financiers comme des produits extrêmement sûrs, on peut donc dire qu'il y a une responsabilité partagée", estime Frédéric Boiron, président de l'Association des Directeurs d'hôpitaux (ADH). "Il y a un problème moral : on ne peut pas jouer sur des places boursières la capacité d'un hôpital à répondre aux besoins de santé. Si on conseille dans des proportions importantes ce genre de produits à des établissements, on doit quand même penser aux risques qu'on lui faire courir", ajoute-t-il.

Ces prêts ont été très attirants pour les directions hospitalières car leurs taux étaient très bas pendant plusieurs années et permettaient d'abaisser rapidement les charges des établissements qui voulaient investir. "Pour se restructurer, pour se reconstruire, les hôpitaux ont besoin d'emprunter", explique Frédéric Boiron qui dirige depuis quelques semaines le CHU de Saint-Etienne, une ville dont le budget municipal est également gangrené par ce type d'emprunts. Les hôpitaux attendent que les pouvoirs publics interviennent et trouvent des solutions pour que les plus contaminés soient mis hors de danger. Comment en sortir ? "Un jour il faudra bien recapitaliser les hôpitaux", estime Frédéric Boiron.

le 18 octobre 2011 à 07:32
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9 Commentaires

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  • seiyar70, le 18/10/2011 à 16h06

    Il n'y a pas que les hopitaux qui sont contaminés , dans mon département , l'office HLM l'est aussi à hauteur d'une 20aine de millions d'euro et ma commune pour environ 2 millions d'euro

  • .breizh, le 18/10/2011 à 14h42

    L ' homme et l ' argent... une histoire d ' amour . pauvre humanité ...

  • bandini273, le 18/10/2011 à 10h51

    On a 10 milliards pour sauver Dexia mais pas 10 milliards pour nos hôpitaux ?

  • kosotto1, le 18/10/2011 à 10h48

    L'affaire Dexia a certainement pesé dans les dernières analyses de Moody's

  • chtiobaptiste, le 18/10/2011 à 09h53

    Mon pauvre, vous savez qu'il est impossible d'emprunter à ce taux actuellement ! vous révez là !

  • andredeparis, le 18/10/2011 à 09h32

    Ils n'ont bien sur pas emprunté à 15%, mais à un taux indexé qui se retrouve à 15% quelques années plus tard pour avoir un taux plus bas que le marché au départ, type de prêt que nos établissements publics ne devraient jamais contracter, j'espère qu'une loi le leur interdira à l'avenir

  • logique73, le 18/10/2011 à 09h03

    Dans tous les prêts en FRANCE, il existe des taux assez bas qui peuvent augmenter mais qui sont des taux "capés" c'est à dire qu'ils ont un plafond d'augmentation. Alors, il faudrait nous expliquer le manque de jugeotte de tous ces dirigeants qui empruntent n'importe comment ? Toutes ces collectivités et maintenant ces hôpitaux ont une énorme responsabilité et une fois de plus, ils en appellent au gouvernement, c'est à dire à NOUS ! Le constat de tous les évènements actuels nous amène à penser que nos gouvernants sont des incapables dans beaucoup de domaines.

  • didierbretagne, le 18/10/2011 à 08h47

    Comment des Ets publics peuvent-ils encore se laisser prendre ? Ils disposent tous de services financiers qui valent le plus souvent en connaissances de base ceux des Ets de crédits. La responsabilité est donc bien partagé. C'est comme un particulier qui emprunte sur la base de taux variables et indexés (quels que soient leurs supports du moment) ou en monnaies étrangères dont la parité évolue avec l'Euro. Encore que dans le cas le rôle de la banque doit rester primordial le particulier ayant rarement la notion des risques.

  • trunk69100, le 18/10/2011 à 08h07

    Est il normal d'emprunter a 15 %. Faut être réellement irresponsable pour faire des emprunts a 15% et c'est encore plus grave quand ce sont des personnes morales autres qu'un particulier. Moi je refuse tout emprunt supérieur au taux d'intérêt au vigueur. C'est a dire que si j'emprunte, ça sera au taux 2% maxi.

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