Des éoliennes en mer (archives). © stock.xchng"On est en ligne avec l'objectif", clamait la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, jeudi. Elle accompagnait le président, Nicolas Sarkozy, pour une visite d'une société de recyclage de déchets à Changé, en Mayenne. L'objectif du Grenelle, c'est que 23% des énergies utilisées en France en 2020 proviennent des énergies renouvelables. Et ce déplacement permettait de célébrer les quatre ans du Grenelle de l'environnement.
Les énergies renouvelables s'engagent dans la campagne présidentielle
INTERVIEW-Selon Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables qui présente jeudi un livre blanc à destination des candidats, le secteur pourrait créer 125.000 emplois d'ici 2020.
Publié le 18/01/2012
"Avant le Grenelle, on avait une proportion de 9,5% d'énergies renouvelables et maintenant on est à presque 13%, dont certaines sont presque mâtures comme l'éolien terrestre, d'autres en plein développement, le photovoltaïque, l'éolien offshore et le biogaz", se réjouissait la ministre.
Du coté des industriels de l'énergie renouvelable, le bilan est "modérément positif". "On a fait des progrès grâce au Grenelle, mais on doit mieux faire pour atteindre les objectifs de 23%", tempère Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables (SER). Les résultats diffèrent selon les secteurs.
Accélérer le rythme
L'éolien devra produire 25.000 MW en 2020 pour respecter les engagements du Grenelle. Il faudra donc 8.000 éoliennes en service d'ici là. Mais selon le SER, au rythme actuel, seules 5.600 tourneront en 2020.
"L'éolien terrestre est la filière où c'est le plus positif. On avance au rythme de 1.100 MW supplémentaires par an, mais pour atteindre les objectifs, il en faudrait 1.400", explique Jean-Louis Bal. Une avancée qui reste positive puisqu'avant le Grenelle, la capacité de production progressait de 200 MW par an. Pourtant, les avancées pourraient être beaucoup plus rapides note le président du SER : "le cadre réglementaire de l'éolien en France est un des plus compliqués d'Europe. Entre la première identification du site et le moment où l'éolienne tourne, il faut 8 ans, contre 4 ans en moyenne en Europe."
L'éolien en mer, appelé offshore, passe par des appels d'offres, dont les résultats seront donnés en avril 2012. "L'objectif est d'en profiter pour créer une industrie". Les deux candidats en lice, Alstom et Areva Wind seront choisis en fonction de leur projet industriel : de l'usine à l'exploitation des éoliennes.
Le photovoltaïque atteindra ses objectifs de 5.400 MW installés bien avant 2020. "En réalité, il y a eu un emballement du marché en 2009-2010, explique Jean-Louis Bal, parce que le tarif d'achat était élevé au moment où les prix des matériaux diminuaient. Et le gouvernement a tardé à réagir." Le nouveau système tarifaire est dégressif : le prix diminue rapidement, et tous les trimestres. L'investissement dans le photovoltaïque pour les particuliers est donc beaucoup moins intéressant aujourd'hui.
Si l'objectif sera respecté dans ce domaine, Jean-Louis Bal regrette que "l'on [ait] pas créé les conditions pour créer cette filière industrielle en France". Alors qu'elle employait 25.000 personnes dans l'Hexagone fin 2010, 5.000 à 10.000 emplois ont été détruits depuis le début de l'année selon le porte-parole des professionnels.
Manque de moyens
Si les énergies éoliennes et photovoltaïques produisent de l'électricité, la biomasse (bois, végétaux...) génère principalement de la chaleur. La création de chaufferies au bois est subventionnée par un fonds, géré par l'Ademe, l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'energie. "Cela marche très bien. Mais le point négatif, c'est que la dotation budgétaire de ce fonds est relativement limitée. On n'atteindra pas les objectifs" dans les conditions actuelles calcule le président du SER.
En 2020, la filière biomasse devra représenter 45% de l'énergie verte. Au rythme actuel, cet objectif ne sera pas atteint.
Si les progrès ne sont pas à la hauteur, c'est que la crise est passée par là. "On comprend bien que les caisses de l'Etat sont vides. Si on n'y met pas le budget suffisant, c'est que ce n'est pas jugé prioritaire", regrette Jean-Louis Bal.
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