Alors que s'est ouvert, jeudi, à 15h30, le sommet européen à Bruxelles, quels en sont les enjeux ?
1. Le pacte de croissance
Ce pacte regroupe 120 à 130 milliards d'euros - soit 1% du PIB - à mobiliser pour la croissance. Il s'agit de renforcer les fonds et l'action de la Banque européenne d'investissement, de développer des "project-bonds", qui financeraient des investissements d'infrastructures, et de débloquer des fonds européens inutilisés.
Qui est pour ? Le projet était dans les cartons de la Commission européenne depuis longtemps, mais c'est le nouveau président français François Hollande qui a relancé l'idée. Qui a été soutenue vendredi par les quatre dirigeants des principales économies de la zone euro. Y compris la chancelière allemande Angela Merkel, qui ne s'est pas fait prier pour rappeler qu'elle avait fait ce pas en avant, mercredi, lors de son discours devant le Parlement allemand.
Qui est contre ? Relancer la croissance est revenu au centre des enjeux de la zone euro, et fait consensus aujourd'hui.
2. Les euro-obligations
Qui est pour ? La France veut en faire son fer de lance. Paris espère que la perspective des euro-obligations soit inscrite dans une "feuille de route à dix ans", avec des étapes intermédiaires. Elle est soutenue par l'Italie.
Qui est contre ? L'Allemagne. Elles sont "économiquement mauvaises" et "contreproductives",a insisté Angela Merkel mercredi devant le parlement allemand. Une position qu'elle - ou son gouvernement - ne cesse de marteler ces dernières semaines. Au point que la semaine dernière, le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a admis qu'elles n'étaient pas envisageable à court terme.
Les lignes peuvent-elles bouger ? Le "nein" allemand semble pour l'heure trop fort pour que la France et ses alliés aient gain de cause.
3. L'Union bancaire
Elle fait partie des propositions du président de l'UE, Herman Van Rompuy, pour une meilleure intégration financière des pays de la zone euro. Elle viserait à casser le cercle vicieux dette souveraine-crise des banques par la mise en place de mécanismes supranationaux de supervision, de garanties des dépôts et de restructuration.
Qui est pour ? Sur le fond, tout le monde, mais tous ne s'accordent pas sur les modalités. Deux de ses piliers, une mutualisation des garanties des dépôts et un fonds commun de résolution des crises bancaires, paraissent prématurées à l'Allemagne. Seule l'idée de renforcer la supervision semble faire consensus et pourrait déboucher sur une annonce à l'issue du sommet, même si Londres veut demander des garde-fous pour protéger son secteur financier.
L'utilisation plus souple des fonds de secours de la zone euro, le FESF et son successeur le MES, afin qu'ils puissent recapitaliser directement les banques, est souhaitée par l'Espagne et soutenue par la France. L'Allemagne s'y oppose pour le moment : pour elle, pas question d'aider des banques en difficulté sans avoir un droit de regard sur la politique budgétaire des pays concernés.
Les lignes peuvent-elles bouger ? Ce sont les tractations du sommet qui en décideront.
4. L'union budgétaire
Elle reposerait sur un contrôle plus centralisé des budgets nationaux, avec éventuellement à terme un ministre du Budget pour l'ensemble de la zone euro, un Trésor européen, et la nécessité d'obtenir l'accord des autres pays pour dépasser un certain niveau d'endettement.
Qui est pour ? L'Allemagne et l'Autriche soutiennent ces abandons de souveraineté.
Qui est contre ? Peu de pays, notamment ceux ayant reçu une aide européenne, acceptent de voir l'Europe, et l'Allemagne, mettre son nez dans leurs budgets. La France et l'Italie demandent à l'inverse la mise en place rapide d'une mutualisation des dettes, via la mise en place d'euro-obligations.








