© AFPEn pleine crise de la zone euro, l'Estonie devait adopter le 1er janvier la monnaie européenne, une décision appréhendée par la population alors que le gouvernement la présente comme avantageuse pour l'économie du pays. Vendredi à minuit, 1,3 million d'Estoniens devaient dire adieu à leur couronne, introduite en 1992 pour remplacer le rouble soviétique. Le pays balte deviend ainsi le 17e membre de la zone euro et le 3e ancien pays communiste à adopter l'euro, après la Slovénie en 2007 et la Slovaquie en 2009.
Crise de la dette: d'autres pays européens devront-ils se faire aider ?
L'économiste en chef du FMI a affirmé jeudi que d'autres pays européens que la Grèce ou l'Irlande auraient intérêt à se faire aider par le FMI et l'Union européenne dans leur combat contre la montée de la dette publique.
Publié le 30/12/2010
Du côté de Bruxelles, on se réjouit du nouvel arrivant. "Avec l'entrée de l'Estonie dans la zone euro, plus de 330 millions d'Européens utilisent désormais les billets et pièces en euros. Ceci reflète bien l'attrait et la stabilité de l'euro pour les États membres de l'Union européenne", a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans un communiqué diffusé vendredi à Bruxelles. En Allemagne, on souligne la nécessité d'un euro fort. La chancelière allemande, Angela Merkel, comptait ainsi mettre l'accent sur l'attachement de l'Allemagne à l'euro lors de ses voeux aux Allemands pour 2011 qu'elle devait présenter vendredi soir. "L'Europe se trouve, ces mois-ci, au milieu d'une épreuve. Nous devons renforcer l'euro. Il ne s'agit pas seulement de notre argent. L'euro est beaucoup plus qu'une devise", souligne Merkel selon le texte de son discours diffusé à l'avance.
"Bienvenue sur le Titanic"
Toutefois dans l'Etat balte, le sentiment est plutôt mitigé : la plupart des sondages indiquent que 50% des Estoniens sont favorables à ce changement, contre 40% qui y seraient opposés. Des affiches contre l'euro, préparées par un petit mouvement indépendant "Sauver la Couronne", étaient visibles vendredi dans le centre de Tallinn. "Estonie ! Bienvenue sur le Titanic", proclamaient ces affiches, collées sur des poubelles de la capitale, pour comparer la zone euro, dont certains membres tels que la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne sont en difficulté, au paquebot naufragé. De nombreux Estoniens craignent par ailleurs des hausses des prix, s'inquiètent des difficultés que connaît l'euro, d'autres regrettent leur monnaie, née un an après le divorce avec l'URSS.
Pourtant, le gouvernement estonien de centre-droit reste convaincu de l'intérêt de la monnaie européenne. Il souligne que le passage à l'euro est un signal important pour les investisseurs. Surnommée "tigre de la Baltique" pour sa transition rapide d'une économie centralisée à celle du marché dans les années 1990, ainsi que pour sa croissance fulgurante, l'Estonie, devenue membre de l'UE et de l'Otan en 2004, a déjà tenté en 2007 d'adopter l'euro mais elle a raté son objectif à cause d'une inflation trop élevée. Le pays a ensuite été touché de plein fouet par la crise mondiale. Pour respecter les critères de Maastricht, le gouvernement a lancé des mesures d'austerité.
Quoiqu'il en soit, à minuit pile, le Premier ministre estonien devait marquer le passage à la monnaie européenne en retirant un billet de cinq euros d'un distributeur automatique, spécialement installé pour l'occasion à l'Opéra national de Tallinn.
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