Et si la France perdait son crédit ?

Par , le 15 mars 2010 à 15h50 , mis à jour le 23 mars 2010 à 17h47

Dossier : UE

Alors que les grands pays européens sont au chevet de la Grèce, l'agence Moody's pointe qu'il y a un "petit risque" que les grand pays soient dépassés par leur dette.

René Ricol Christine Lagarde médiateur du créditRené Ricol, médiateur du crédit et Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances © DR

A priori, tout est sous contrôle... Les quatre grands pays - Royaume-Uni, France, Etats-Unis, et Allemagne - titulaires de la meilleure note de crédit "Aaa", une note qui leur permet d'emprunter à moindre coût, n'ont pas à craindre de dégradation immédiate à cause de l'état de leurs finances publiques. Mais ce risque s'est rapproché, a noté lundi l'agence Moody's, et la France est celui des quatre pays qui court actuellement le plus de risque, en raison du poids des charges de la dette. "Le petit risque qu'ils ne parviennent pas à maintenir leurs finances sous contrôle, et soient donc dégradés, a augmenté", explique l'agence. Autrement dit, "les notes des grands Aaa restent en bonne position, bien que le chemin qui les sépare de la dégradation se soit substantiellement raccourci". Moody's observe que ces quatre pays "ont la capacité de faire face aux défis auxquels ils sont confrontés", et qu'une dégradation, "tout en étant vue comme une humiliation nationale, pourrait faire augmenter de manière importante la facture des intérêts" de la dette publique.

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Plus d'infos

 
L'agence remarque que l'espoir mis par ces pays dans la reprise économique pour résoudre les problèmes de dette "a jusqu'à présent été brisé par le fait que le gros de la reprise mondiale se place ailleurs". Elle estime qu'il n'est pas possible "d'esquiver la nécessité de baisser les dépenses" en laissait les plans de relance en place et en espérant la croissance : "cela mettrait à l'épreuve la patience et la confiance des marchés financiers ou des banques centrales, qui pourraient se mettre à combattre les attentes d'inflation en élevant les taux d'intérêt". Une montée des taux d'intérêt "ne ferait qu'aggraver un problème de dette déjà compliqué, avec le risque de conséquences plus abruptes encore sur la notation", a encore  prévenu Moody's.

Début mars, l'agence Fitch avait, elle aussi, mis en garde le Royaume-Uni, la France et l'Espagne sur la gestion de leurs finances publiques, les appelant à prendre des mesures de réduction des déficits "plus crédibles", au risque de voir leurs notes (AAA chez Fitch) remises en cause.
 
Lagarde tacle l'Allemagne
 
Cet avertissement intervient alors que alors que les grands pays européens sont au chevet de la Grèce, elle même dépassée par sa dette. Les ministres des Finances de la zone euro tentent de préciser les modalités d'un éventuel plan de soutien financier de plusieurs milliards d'euros au pays, sur fond de tensions croissantes entre la France et l'Allemagne concernant les priorités économiques du moment. Les grands argentiers des pays partageant l'euro se réunissent à Bruxelles ce lundi après-midi. Ils travaillent depuis des semaines et deux options seraient désormais sur la table : soit la mise en place d'une facilité de prêts financés par les pays européens, soit la création d'une facilité de prêts financés via des emprunts réalisés par la Commission européenne, avec des garanties des Etats. Le montant du dispositif se situerait entre 20 et 25 milliards d'euros.
 
Pressés par la crise grecque, les ministres devraient aussi débattre du projet allemand controversé à plus long terme d'un Fonds monétaire européen, permettant d'aider les pays confrontés à de graves problèmes de financement. Mais le sujet suscite la discorde en Europe. La Grande-Bretagne juge que ce n'est pas nécessaire et pour la France il ne s'agit pas d'une priorité. Les Allemands veulent que cet outil serve essentiellement à durcir la discipline budgétaire des Etats de la zone euro, avec des sanctions renforcées. Pour la France, les priorités sont donc ailleurs. Christine Lagarde a critiqué de front lundi l'orientation de l'économie allemande, qui repose trop à ses yeux sur les exportations et la limitation des coûts salariaux, et pas assez sur la demande interne. Un élément de déséquilibre pour l'ensemble de la zone euro à ses yeux.

Par Olivier Levard le 15 mars 2010 à 15:50
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47 Commentaires

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  • no2r, le 15/05/2010 à 02h42

    Le premier qui a mis les doigts dans le pot de confiture du déficit est V Giscard.. qui, selon son expression voyait "le bout du tunnel". Certes ce déficit était très minime mais à partir de 1981 tous les gouvernements s'en sont donné à coeur joie, se sont éclatés et maintenant c'est nous qui sommes "éclatés".

  • ocykath, le 20/03/2010 à 11h26

    @veriteur : bonne réponse, vous gagnez une boîte de sardine ! lol Et oui, le système monétaire est ainsi fait que les plus riches, prêtent aux états avec en retour, de faramineux intérêt à payer. Ceux qui pensent que le problème est dû à de trop grandes dépenses par rapport aux revenus, sont complétement à coté de la plaque ! (n'est-ce pas "421123")

  • 421123, le 17/03/2010 à 18h00

    Le premier responsable est le PEUPLE français, qui en veut toujours plus, en travaillant moins et si possible dans la Fonction Publique. Nous vivons à crédit depuis le 10 mai 1981. Les mesures récentes ont évité une FAILLITE des banques ou de la Caisse d'épargne ( NATEXIS).

  • 421123, le 17/03/2010 à 17h55

    Dans les 25 heures et les avantages acquis, dans une Fonction Publique pléthorique.

  • veriteur, le 17/03/2010 à 01h57

    Dans la poche des milliardaires !

  • aciery, le 16/03/2010 à 09h12

    On est peut être pas des experts mais nous savons compter et lire et de nos jours avec internet nous avons tout les chiffres ! Pour être précis les déficit on été creusé a partir de 1974 et non pas 1981 comme certains droitards voudraient le faire croire, de plus Sarkozy est le recordman toute catégorie de cette augmentation de 1993 à 1995 lors de son passage au budget et il a battu son propre record en 2008 et 2009, et il est bien parti pour l'exposer une nouvelle fois en 2010 ! Pour un homme qui c'est fait élire sur la réduction de la dette entre autre, critiquant vertement tous ceux qui n'avait pu le faire, et bien c'est pas bien fort ! Mais tout le monde à eu sa crise, notamment celle de 1991 suite à la première guerre du golf ! Rappelez vous un peu !

  • ocykath, le 16/03/2010 à 08h37

    Non, le problème vient du traité de Maastricht : depuis cette date, les pays sont obligés d'emprunter sur les marché (alors qu'avant, ils étaient maître de leur monnaie) et donc, comme un simple famille ou entreprises, les états doivent maintenant payer de faramineux intérêts sur leur propre monnaie ! N'en vous déplaise, le rapport entrées/dépenses n'a pas bougé au point de justifier une dette si grande. Seul les règles on changés : vous achetez un truc à 10?, mais il faut 15? grâce au banquier qui vous vends "son" argent.

  • ev002, le 16/03/2010 à 07h18

    C'était une boutade !

  • csoud, le 16/03/2010 à 06h54

    C'est pas nouveau tout ça ! ça va venir ! on vit au dessus de nos moyens et ça va s payer tout ça (n'est ce pas Messieurs les syndicalistes ?) .. et ce n'est pas la faute uniquement de l'UMP comme certains le disent ... c'est la politique tout simplement de gauche, de droite ou même écologiste ! tout le monde dans le même bateau ! qu'auraient faits ces autres partis s'ils avaient été au gouvernement en ces temps de crise ? pas mieux que les autres !!!! ne vous faites pas d'illusion ...

  • marcstdomingue, le 16/03/2010 à 03h27

    Vous n'etes pas de l'UMP donc on devine d'ou vous etes. Aucun probleme, et c'est tout a votre honneur de poser la question car vos amis politiques n'y repondront qu'avec une mauvaise foi absolue car ils n'ont pas la reputation d'etres des cadors en gestion de fonds publics. La France, comme l'indique l'article est bien cotee car elle est riche malgres son endetement et peut donc emprunter a un taux bas pour le repreter aux banques a un taux plus eleve, ce qui degage donc des benefices. Pour etre certain que vous comprenez, la France est comme une entreprise ou un particulier, elle a un profil bancaire sur les places financieres mondiales. Par exemple, un chinois prefere acheter un bon du tresor francais a 4% que un autre grec a 6% car ca lui fait moins peur. Rappelez vous les empunts russes.

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