En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Grecs, Europe, France : combien leur coûterait une sortie de la Grèce de l'euro ?

par
le 16 mai 2012 à 18h48 , mis à jour le 22 mai 2012 à 17h46.
Temps de lecture
5min
Dans le hall de la Bourse d'Athènes, le 9 mars 2012

Dans le hall de la Bourse d'Athènes, le 9 mars 2012 / Crédits : AFP

À lire aussi
ConjonctureUne sortie de la Grèce de la zone euro serait "extraordinairement coûteuse", a prévenu Christine Lagarde. Pourtant, The Economist estime à 40% la probabilité que la Grèce quitte la monnaie unique.

"C'est quelque chose qui serait extraordinairement coûteux et qui présenterait de grands risques. Mais ça fait partie des options qu'on est obligé de regarder techniquement". Les propos de la directrice du FMI, Christine Lagarde, ne sont pas les seuls, ces derniers jours. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a également envisagé une sortie de la Grèce de la zone euro en fin de semaine dernière. Et l'Intelligence Unit de l'hebdomadaire britannique The Economist estime à 40% la probabilité que la Grèce quitte l'euro. Alors que, mercredi, le ministre allemand des Affaires étrangères a jugé que le prochain scrutin en Grèce sera "un vote sur l'avenir de la Grèce en Europe et avec l'euro", quelles seraient les conséquences d'une sortie de la Grèce de la zone euro ?

Pour la Grèce ?

Premier avantage à quitter la zone euro : la Grèce pourrait dévaluer sa nouvelle monnaie. Ses produits seraient alors moins chers à l'exportation, et cela permettrait de relancer sa production et donc sa croissance. "La dévaluation ne permet qu'un retour plus rapide à la croissance", note cependant la Coface dans son Panorama des risques pays paru au printemps, qui ajoute qu'elle "ne peut résoudre les défis structurels auxquels la Grèce fait face et qui sont d'ailleurs à l'origine de la crise financière". L'intérêt de la dévaluation dans le cas de la Grèce, qui dispose d'une très petite industrie et peu de secteurs exportateurs, est limité. D'autant qu'elle entrainerait également un renchérissement des biens importés, plus importants.

Dans le cas d'une sortie de l'euro et d'une dévaluation de sa monnaie de 50%, la Coface estime que la dette publique grecque atteindrait 330% en 2014. Car 90% de la dette grecque est en euros. C'est donc en euros qu'elle devra la rembourser, alors que sa monnaie vaudra désormais 50% moins chère. Le poids de sa dette augmenterait donc fortement. Par ailleurs, plusieurs économistes estiment qu'il faudrait une dévaluation de 70%.

D'où le deuxième avantage pour la Grèce de quitter la zone : faire un défaut sur sa dette. Autrement dit, ne pas rembourser ses créances. Une telle situation serait certes positive pour l'état de sa dette, mais elle soulève plusieurs questions. Tout d'abord, les banques grecques, qui détiennent 23 milliards d'euros du montant de cette dette, selon Natixis, pourraient faire faillite. Les épargnants ne retrouveraient pas leurs argents - de crainte, les grecs ont déjà retiré 700 millions d'euros de leurs comptes lundi. Et qui accepterait de prêter à l'Etat grec à l'avenir s'il ne rembourse pas ses créances aujourd'hui ?

Pour les autres pays de la zone euro ?

"Le risque n'est pratiquement plus supporté par le secteur privé qui a déjà provisionné une grande partie de la dette grecque (notamment lors du PSI, échange de dette de la part des créanciers privées), écrivait, lundi, Franklin Pichard de Barclays Bourse, la dette grecque est donc essentiellement supportée par les Etats européens". Selon une note de Natixis, les pays européens détiennent 52,9 milliards d'euros de dette grecque, soit 17% du montant total. Une annulation de ces créances et cela fait autant d'argent en moins dans les caisses des Etats. Ce à quoi il faut ajouter le montant des prêts d'aide à la Grèce.

"La sortie de la Grèce révèlerait l'absence de solidarité dans la zone euro, et pourrait faire anticiper d'autres sorties de pays ayant des caractéristiques similaires", ajoutent, "inquiets", Patrick Artus et Jésus Castillo, économistes dans la banque d'investissement. Italie, Portugal et Espagne y perdraient également beaucoup d'argent et pourraient envisager, puisque la Grèce a créé un précédent, de suivre son chemin et quitter l'euro. Une inquiétude également pour Charles Dallara, responsable de l'Institut pour la finance internationale (Ifi), organisme qui représente les créanciers privés de la Grèce : "les pressions sur l'Espagne, le Portugal, voire l'Italie et, pourquoi pas l'Irlande, seraient immenses. Je ne veux même pas calculer ce que coûterait à l'Europe une tentative de stabilisation dans le cas d'une sortie de la Grèce, mais ce serait énorme".

La BCE dispose également de 45 milliards d'euros titres de dette grecque. Une perte financière de l'institution de Francfort serait un véritable désaveu alors qu'elle a des objectifs de rigueur.

Pour la France en particulier ?

Mardi, le ministre de l'Economie sortant, François Baroin, avançait un coût "net" de 50 milliards d'euros. Ce montant compte à la fois les prêts de la France à la Grèce, et le montant que la France devra verser au FMI et à la BCE si la Grèce ne les rembourse pas. A ce coût s'ajouterait la dépréciation des "titres que détiennent les banques ou les assurances dans leurs portefeuilles". Ce risque, selon lui, serait "tout à fait absorbable" par les intéressés mais il en irait tout autrement selon lui de la menace d'une "contagion exceptionnelle" de la crise grecque, dont la faillite sèmerait "le doute et la défiance dans l'esprit des investisseurs".

Eric Dor, directeur de la recherche à l'IESEG School of Management, a, lui, estimé ce coût potentiel à 66,4 milliards d'euros. Il s'agit d'un coût maximal. Car, depuis le début de la crise, la France a déjà versé près de 20 milliards d'euros à Athènes, dans le cadre de ses différents plans d'aide. La perte "s'élèverait vraisemblablement à quelques dizaines de milliards de toutes manière" estime cependant Eric Dor. Pour l'Allemagne, la facture serait plus lourde, à 76,6 milliards d'euros selon l'économiste.

Commenter cet article

  • rodriguestony : Completement a coté de plaque.Et tu perd du temps sur l ordi pour ca .

    Le 18/05/2012 à 16h45
  • leduofusionne : La BCE l'a fait en Mai 2010 mais la relance economique n'a pas pris. Par contre l'inflation si! Donc mauvaise idée.

    Le 18/05/2012 à 09h54
  • aie : Tous ces pays qui ne declarent rien " pas d argent dans les caisses, pas de remboursement possible. idem pour l Espagne, le Portugal.et ouaih pour marine qui a encore raison.

    Le 18/05/2012 à 07h01
  • nezdegoret : Oui et dire qu'on la croyait pas elle a encore raison

    Le 17/05/2012 à 21h48
  • lem122 : Exactement ce que DSK avait dit il y a plusieurs mois : " il faut prendre la dette".

    Le 17/05/2012 à 10h41
      Nous suivre :
      Crash du vol AH5017 : les images du radar et des débris de l'avion

      Crash du vol AH5017 : les images du radar et des débris de l'avion

      logAudience