A Paris comme à Berlin, Antonis Samaras aura eu droit au même discours : un soutien du bout des lèvres aux réformes dans lesquelles s'est lancée la Grèce... et une attitude marquée par l'attentisme, alors que le rapport de la "troïka", les experts dépêchés par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, doit faire le point le mois prochain sur l'économie grecque.
Lorsque le Premier ministre grec, en visite ce samedi à Paris, est apparu aux côtés de François Hollande, avec lequel il venait de s'entretenir, pour une conférence de presse commune, le chef de l'Etat français a tout d'abord souligné : "La Grèce est dans la zone euro et la Grèce doit rester dans la zone euro". Mais pour relativiser aussitôt : "Ensuite, elle doit faire la démonstration, encore, de la crédibilité de son programme et de la volonté de ses dirigeants d'aller jusqu'au bout". Le président français a toutefois admis qu'il fallait faire "en sorte que ce soit supportable pour la population", précisant avoir "salué les efforts que les Grecs avaient engagés, douloureusement, depuis deux ans et demi".
"Le plus tôt sera le mieux"
Et comme la chancelière allemande qui avait reçu le nouveau Premier ministre grec la veille à Berlin, le président Hollande a répété que les partenaires européens de la Grèce attendraient le rapport de la troïka des créanciers de la Grèce avant que l'Europe ne fasse "ce qu'elle doit" pour aider davantage la Grèce. "Le plus tôt sera le mieux" pour prendre des décisions, "c'est-à-dire après le rapport de la troïka au Conseil européen du mois d'octobre", a-t-il insisté.
En écho au président français, Antonis Samaras l'a assuré "que la Grèce y arriverait", enchaînant: "elle restera dans la zone euro et elle pourra jouer un rôle important dans l'Union européenne". "Ce succès de la Grèce sera également un succès européen", a poursuivi le Premier ministre grec. "Nous allons montrer que l'Europe est capable de dépasser ses difficultés et ses problèmes, unie, et pour cela nous avons besoin des efforts et des engagements mais également d'une reprise économique", a-t-il assuré.
Leur rencontre, qui a duré près d'une heure, s'est ainsi prolongée au-delà des 45 minutes prévues. Elle s'est déroulée aussi en présence des ministres français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et des Finances, Pierre Moscovici.









