L'Espagne fait chuter les bourses, l'euro, et fait grimper ses taux


le 23 juillet 2012 à 10h45 , mis à jour le 23 juillet 2012 à 17h44.
Temps de lecture
4min
Cours de bourse sur un écran d'ordinateur.
Cours de bourse sur un écran d'ordinateur. / Crédits : Hemera Technologies / Thinkstock
Partager
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
À lire aussi
ConjonctureLes difficultés qui s'accumulent dans le pays ne rassurent pas les investisseurs. Ceux-ci fuient les marchés européens, et lundi, l'euro s'approchait des 1,20 dollar tandis que les Bourses européennes chutaient et les taux espagnols et italiens grimpaient.

Après un vendredi noir - avec toutes les valeurs dans le rouge - doit-on s'attendre à un lundi de la même couleur ? Lundi matin, les investisseurs avaient plus de flèches rouges que vertes sur leurs écrans. La raison : l'Espagne doit faire face à une nouvelle flambée de ses taux d'intérêt et accumule les mauvaises nouvelles. Lundi matin, la banque d'Espagne a indiqué que la chute du PIB s'était accentuée au 2e trimestre, à -0,4%. Le gouvernement s'attend à une contraction de l'activité de 1,5% en 2012.

Loin d'être rassurés par l'approbation vendredi des modalités du plan de secours aux banques espagnoles jusqu'à 100 milliards d'euros par la zone euro, les investisseurs se sont surtout inquiétés de la demande d'aide de la région de Valence, une des plus importantes du pays. "Ces demandes d'aides ne sont pas une réelle surprise, le gouvernement espagnol avait décidé la mise en place d'un fond de soutien aux régions quelques jours auparavant. Cependant, ces annonces viennent doucher le regain d'optimisme observé sur les marchés ces dernières semaines, et la violence du mouvement de vendredi témoigne bien de la fébrilité des investisseurs", explique Franklin Pichard, de Barclays Bourse. En dehors de l'Espagne, la capacité de la Grèce à respecter ses engagements financiers est un autre facteur de crainte. Les experts de la troïka sont attendus à Athènes cette semaine alors que leur rapport déterminera si le pays recevra le nouveau prêt prévu d'ici septembre.

"Les spéculations progressent sur un plan de soutien à grande échelle", au pays et non plus seulement à ses banques, résument les économistes de Crédit Agricole CIB. "Le fait que deux régions espagnoles aient demandé de l'aide au gouvernement, avec d'autres en perspectives, n'a fait que renforcer de telles inquiétudes", selon eux. Iterrogé sur le sujet, lundi, le ministre espagnol de l'économie a écarté un plan de sauvetage global du pays.

Les Bourses en baisse partout

En Europe, l'indice espagnol, qui a perdu jusqu'à 5% en milieu de journée, a cloturé en baisse de 0,59%. L'indice italien, également bien malmené dans la journée, a terminé à -2,54%. Le Cac 40 a fini la séance à -2,89%, Londres à -2,09%, Francfort à -3,09%. Athènes a plongé de 7,1% à la cloture. Les valeurs bancaires sont les plus affectées par les craintes des investisseurs.

"L'Europe est définitivement un boulet pour les actifs à risques cette semaine. Les investisseurs craignent que la dette de l'Espagne soit plus lourde que prévu et qu'un sauvetage global soit nécessaire", a estimé Peter Esho, stratège chez CitiIndex en Australie.

En Asie, la Bourse de Hong Kong a fini sur un plongeon de 2,99% lundi, la Bourse de Shanghai a terminé en recul de 1,26%. Wall Street, à l'ouverture, plonge également. Dans les premiers échanges, le Dow Jones perd 1,63%. Le Standard & Poor's, plus large, recule de 1,53%, tandis que le composite du Nasdaq abandonne 2,20%.

"La Grèce revient sur le devant de la scène, en plus de l'Espagne, et c'est ce qui explique la grande volatilité ; certains investisseurs estiment que l'on s'approche peut-être de la fin", résume Paul Mendelsohn, responsable de la stratégie d'investissement chez Windham Financial Services.

Les taux espagnols et italiens à des taux peu soutenables

Les investisseurs fuient les obligations du Trésor espagnol. Lundi, les taux espagnols à dix ans occilent autour du niveau record de 7,5%. Des taux qui ne sont pas supportables sur du long terme. Les taux italiens grimpent également pour atteindre 6,34% vers 1èh30.

Face à cette hausse, les taux français, qui ont atteint des niveaux historiquement bas ces dernières semaines, remontent légèrement, à 2,149%, contre 2,069% à l'ouverture. L'Allemagne, plus solide, profitait de ces tensions. Ses taux à 10 ans baissait dans la journée avant de remonter légèrement à 1,174% vers 17h30, pas loin de son plus bas niveau historique atteint le 1er juin (1,125%).

L'Euro poursuit sa descente

Lundi, vers 17h30, l'euro évoluait à 1,2112 dollar, à son plus bas niveau depuis deux ans. La monnaie européenne perdait également du terrain face au yen, à un niveau qui n'avait pas été atteint depuis onze ans.

Les investisseurs fuient donc la totalité de la zone euro pour se tourner vers des zones moins à risque selon eux : les Etats-Unis, l'Asie. Mais une baisse de l'euro n'est pas, en soi, une mauvaise nouvelle pour l'Europe. Avec un euro moins cher, les exportations européennes deviennent plus intéressantes. Et cela pourrait avoir un effet bénéfique pour la production... mais sur du plus long terme.

Commenter cet article

  • fimadou : Trop mort de rire!Vous nous redirez ça dans 4 ans1/2...

    Le 24/07/2012 à 11h37
  • fimadou : Les Français sont tous des veaux disait De Gaulle,@cacest4vrai.Bien sur vous avez raison,je suis bien de votre avis,mais il n'empêche que De Gaulle avait raison,lui aussi,du moins à ce sujet.

    Le 24/07/2012 à 11h33
  • 84vaucluse : "L'effondrement c'est maintenant !" serait plus juste.

    Le 24/07/2012 à 06h38
  • castor1911 : La suisse ce n'est pas du tout un modèle ,tout y est tres chère ,

    Le 24/07/2012 à 00h05
  • inedis : Que l'Espagne soit sereine, la France la suit à grande enjambée.

    Le 23/07/2012 à 19h02

      Les dernières infos

      logAudience