En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

L'Europe a-t-elle les moyens de relancer la croissance ?

par
le 26 avril 2012 à 19h08 , mis à jour le 09 mai 2012 à 17h44.
Temps de lecture
5min
Courbes de croissance

Courbes de croissance / Crédits : Comstock Images / Thinkstock

A lire aussi
ConjonctureDECRYPTAGE - Ces derniers jours, les dirigeants de la zone euro ont tous plaidé pour un pacte de croissance. Mais l'Europe peut-elle vraiment relancer sa croissance ? Réponses avec plusieurs économistes.

Après avoir tiré l'alarme des déficits budgétaires, la zone euro sonne maintenant celle de la croissance. Mercredi, le président de la banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a plaidé pour un "pacte de croissance". Il a été rejoint  par le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, par la chancelière allemande Angela Merkel et par Michel Barnier. C'est "la principale priorité des dirigeants européens" a ajouté jeudi le président de l'Union européenne Herman van Rompuy. Mais l'Europe peut-elle encore relancer sa croissance ?

Après la crise financière de 2008, les gouvernements avaient mis en place des politiques de relance budgétaire. Les gouvernements ont augmenté leurs dépenses pour relancer l'investissement et la consommation en soutenant les particuliers. Mais de telles mesures creusent les déficits publics. Et à partir de mi-2010, la deuxième vague de la crise s'est manifestée par un manque de confiance des marchés, qui prêtaient aux Etats, face aux déficits de leurs créditeurs. Et s'ils ne remboursaient jamais ? Les pays européens se sont donc lancés dans l'austérité pour réduire leurs déficits et redevenir crédibles aux yeux des marchés. "Les mesures d'austérité étaient nécessaires dans les pays sur lesquels les marchés avaient perdu leur confiance, explique Clemente De Lucia, économiste à la BNP Paribas, mais pour stimuler la croissance, il faut d'autres mesures".

Les budgets des Etats sont limités

Reprendre une politique budgétaire ? Les Etats n'ont plus vraiment de marge de manœuvre. Ils ont adopté, en mars, le Pacte budgétaire leur demandant de ramener leurs déficits à la limite des 3% demandée par Maastricht. D'où la volonté de François Hollande de renégocier ce traité s'il arrivait au pouvoir le 6 mai au soir. Dans son "mémorandum sur la renégociation du traité" qu'il désire envoyer aux chefs d'Etat européens s'il est élu, il propose d'aller chercher l'argent que les Etats ne peuvent plus dépenser ailleurs. Par la création d'euro-obligations "pour financer des projets industriels d'infrastructure", par la libération de "davantage de possibilités de financement de la Banque européenne d'investissement", par la création de la taxe sur les transactions financières, et par la mobilisation des "reliquats des fonds structurels européens aujourd'hui inutilisés pour permettre d'accompagner un certain nombre de projets". Et mettre donc en oeuvre une politique budgétaire au niveau européen. Et sur des aspects dont les discussions sont en cours au niveau européen.

"Une chose à faire, c'est de ne pas freiner la croissance, propose Gérard Cornilleau, directeur adjoint au Département des étude à l'OFCE. Il faudrait repousser de deux ou trois ans les objectifs de réduction de déficit. Nous serons plus crédibles aux yeux des marchés". "Cela permettrait de consolider les mesures de réduction des déficits et de consolider la croissance", acquiesce Clemente de Lucia. Pour l'économiste de l'OFCE, "la situation budgétaire est plus saine en Europe qu'aux Etats-Unis ou au Japon", dont les dettes sont bien plus importantes. Il est donc encore possible de "lever le pied" pour "se mettre dans une situation dynamique" et inciter les entreprises à investir à nouveau. Mais, modère son homologue de BNP-Paribas, des mesures de relance budgétaire "peuvent améliorer la situation actuelle mais pas la résoudre sur le long terme".

Autre moyen de relancer la croissance : la politique monétaire. En baissant ses taux, la Banque centrale européenne (BCE) permet aux entreprises et aux particuliers d'emprunter moins cher et donc de relancer les investissements et la consommation. Et donc la croissance. Depuis le début de la crise, la BCE a abaissé son taux directeur de 3,75% à 1%. "On ne peut pas baisser plus les taux", estime Etienne Farvaque, professeur d'économie à l'université du Havre. Car le principal objectif de la BCE est de lutter contre l'inflation. Et l'institut a libéré tellement d'argent avec de telles mesures que celle-ci dépasse désormais la limite des 2% souhaitée.

Réformes structurelles

Alors que faire ? Après le "pacte de croissance" de Mario Draghi mercredi, un porte-parole de la BCE a précisé qu'il ne s'agissait pas des politiques prônées par François Hollande. Le président de la BCE promeut des réformes structurelles, notamment du marché du travail, afin de le rendre plus flexible à long terme. "C'est quelque chose qui doit être organisé dans plusieurs pays. Cela pourrait donner une vision au marché, et rétablir la confiance à court terme. Et la confiance est un facteur de la croissance, note Clemente de Lucia, qui explique : le manque de confiance, c'est ce qui fait que les entreprises n'investissent pas".

"Mais pour faire ces mesures il faut un assouplissement de la politique monétaire, ajoute l'économiste de BNP-Paribas, si les Etats empruntent à des taux plus faibles, ils dépensent moins d'argent pour rembourser, et ils peuvent assouplir leur politique de rigueur". Et faire passer plus facilement la pilule de telles réformes structurelles, qui ne passent pas toujours très bien auprès de la population.

Commenter cet article

  • eco2 : Un des deux candidats propose de mieux répartir les richesses, d'être plus juste, de plus taxer les riches et moins les pauvres. Au lieu de mettre 3 % de TVA à tout le monde ce qui vous en conviendrait est un sacré impôt, M. Hollande abrogera le paquet fiscal et cela fait toute la différence!

    Le 09/05/2012 à 13h34
  • eco2 : Exactement jon260! Je suis également d'accord avec pmvallez quand il dit que nous devons être de bons gestionnaires et dépenser efficacement! Nos élus devraient suivre une formation à ce sujet. Il faut également des réformes structurelles pour réduire le nombre de nos collectivités. Il faut les rendre plus efficaces et former des gestionnaires!!!!!!!!!!!!!

    Le 09/05/2012 à 13h31
  • pmvallez : Je ne suis pas un génie de l'économie, simplement la 4ème génération d'artisan menuisier - pompes funebres de ma famille et ma fille qui représente la 5 ème génération vient de rentrer dans notre sarl familialle. un pays se gère quoiqu'on en dise comme n'importe quel société, association ou organisation (voir comme une famille) quelconque. vous gagnez x vous pouvez dépenser x, si vous dépensez x + 1, vous devez emprunter et rembourser ultérieurement. Emprunter pour acheter une machine qui vous fera gagner x + 2, c'est se développer. Depuis des années notre pays emprunte, non pour développer son activité mais uniquement pour faire du social et soutenir artificiellement une activité de travaux consacrés essentiellement à l'embelliessement et aux gabgies municipales et régionales - NOUS ALLONS A LA CATASTROPHE. ce n'est pas d'un président que notre pays à besoin - IL A BESOIN D'UN GESTIONNAIRE ET DE RIEN D'AUTRE !!!!!!! - emprunter, faire des travaux tout ceci uniquement pour créer artificiellement de la croissance, ne fera qu'augmenter le trou abyssal de notre déficit .....il faut travailler plus, sans demander de gagner plus, il faut augmenter les impôts en parallele, c'est l'unique façon de se sortir du bourbier - mais mes propos ne sont bien pas politiquement correct, voir impubliable mais tellement vrai ......

    Le 28/04/2012 à 07h43
  • dd059 : Faisons comme les grèques

    Le 27/04/2012 à 17h16
  • jon260 : Rappel:Si l'Allemagne connaît une situation plus que confortable pour le moment,il faut rappeler que G.Schröder n'a pas respecté le déficit de 3% imposé à l'époque,sans aucune sanction de l'EU!!Maintenant,l'Allemagne veut imposer une loi constitutionnelle dans tous les pays de l'Europe,elle profite de la crise et de la situation de certains pays européens pour assurer leur prévalence en Europe.Je ne comprends pas certains économistes qui s'acharnent sur la politique économique de F.Hollande,qui ne consiste qu'à inscrire cette loi de manière organique et de réclamer des eurobonds,non pas pour mutualiser la dette,mais pour relancer l'investissement public qui sur le long terme s'avère nécessaire pour relancer l'économie et donc créer de la croissance.Ensuite il sera effectivement nécessaire d'optimaliser les dépenses publiques pour réduire la dette,et s'adapter à l'évolution de notre société(vieillissement de la pop,population croissante,...)mais cela ne peut se faire sans un accord sur la manière de créer la croissance,sans quoi la récession ne sera que plus importante!!!

    Le 27/04/2012 à 15h38
      Nous suivre :
      Il y a 30 ans, une émission de jeux vidéo, ça donnait ça

      Il y a 30 ans, une émission de jeux vidéo, ça donnait ça

      logAudience