Plan de rigueur : les Grecs dans la rue, démissions au gouvernement

le 10 février 2012 à 15h29 , mis à jour le 10 février 2012 à 19h37

Dossier : Crise financière

Tandis que la troïka devient de plus en plus persona non grata en Grèce, les 4 ministres du LAOS, parti d'extrême droite, ont présenté vendredi leur démission du gouvernement de coalition et le leader du parti a annoncé qu'il s'opposera au plan de rigueur qui doit être voté dimanche.

Son chef ne votera pas le plan de rigueur. Et ses quatre ministres ont présenté leur démission. Les membres du parti d'extrême droite, le LAOS, se désolidarisent du gouvernement. Le ministre des Transports Makis Voridis, le ministre adjoint de la Défense Georges Géorgiou ainsi que deux secrétaires d'Etat, à l'Agriculture et à la Marine marchande, Astérios Rodoulis et Adonis Géorgiadis, également députés du parti, ont présenté leur démission, a indiqué l'agence de presse athénienne Ana. La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Marilisa Xenogiannakopoulou, membre du Pasok, le parti socialiste, a également posé sa démission. Le secrétaire d'Etat au Travail Iannis Koutsoukos, député du Pasok, avait annoncé sa démission jeudi pour protester contre les mesures "douloureuses" arrachées au gouvernement par les créanciers du pays, UE et FMI.
Plus d'infos

Or, les trois partis de la coalition gouvernementale ont entériné jeudi, après d'âpres tractations, un nouveau plan de rigueur. Mais l'Eurogroupe a réclamé dans la soirée des garanties supplémentaires sur la mise en œuvre de ces mesures. Deux heures avant ses démissions, le leader du parti d'extrême droite Laos, membre de la coalition gouvernementale grecque, Georges Karatzaferis, a déjà répondu vers midi qu'il ne voterait pas le programme de réformes demandé par les créanciers du pays. "Je ne peux pas voter" ce plan d'austérité qui "humilie le pays (...) et n'est pas la bonne solution", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Tout ministre qui s'oppose aux mesures "sera remplacé", avait prévenu peu avant une source gouvernementale sans toutefois donner de date précise pour un tel remaniement limité.

"Un moment de responsabilité historique"

Malgré la défection du Laos, le plan des mesures de rigueur, dont le détail n'a pas encore été publié, peut être voté au parlement, dans la nuit de dimanche à lundi. Formé en novembre, le gouvernement de M. Papademos comprend deux autres partis, les socialistes du Pasok qui sont majoritaires et la droite de la Nouvelle-Démocratie. La coalition gouvernementale dispose de 252 sièges, dont 16 seulement pour le Laos, sur les 300 que compte le parlement.

"Une faillite incontrôlée plongerait le pays dans une aventure désastreuse" et créerait "les conditions d'un chaos économique et d'une explosion sociale", a déclaré le Premier du gouvernement grec de coalition à l'issue d'un conseil des ministres vendredi, estimant que le pays se trouvait dans "un moment de responsabilité historique".

325 millions d'euros à trouver 

Le gouvernement grec a jusque mercredi pour trouver "des économies supplémentaires à hauteur de 325 millions d'euros" dans le budget  2012 a précisé le président de l'eurogroupe Jean-Claude Juncker à la sortie de la réunion jeudi soir. La zone euro exige que les partis de la coalition au pouvoir à  Athènes apportent des garanties par écrit sur leur soutien au plan de rigueur. Vendredi matin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a estimé que les engagements pris à ce jour par la Grèce ne suffiraient pas à ramener sa dette publique au niveau jugé soutenable.

La patience des pays de la zone euro est à bout face à la lenteur des réformes en Grèce. Le ministre grec des Finances, le socialiste Evangélos Vénizélos, a reconnu  à la fin de la réunion que "de nombreux pays ont trouvé des lacunes" dans le  plan de rigueur qui leur a été présenté, et en a tenu responsable le chef des  conservateurs grecs Antonis Samaras, qui "n'a pas encore signé" l'intégralité des mesures prévues à l'origine. Le montant de 325 millions d'euros d'économies réclamé par les partenaires  d'Athènes d'ici mercredi correspond en effet à des coupes dans les dépenses refusées tout particulièrement par les conservateurs grecs de Samaras,  favori des sondages dans la perspective d'élections prévues au printemps. A Athènes, ce dernier s'est prévalu d'avoir "évité le pire" en bloquant  toute une série de mesures de rigueur réclamées par l'UE et le Fonds monétaire  international. Pénalisées par l'ultimatum posé par ses bailleurs de fonds à la Grèce, les bourses européennes ont clôturé dans le rouge vendredi.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants

En marge d'une manifestation réunissant quelque 7.000 personnes sur la place Syntagma au centre d'Athènes pour protester contre les mesures d'austérité contenues dans le plan, un groupe a lancé vendredi des pierres et des cocktails Molotov contre la police, qui a riposté en tirant des gaz lacrymogènes. Les incidents devant le Parlement sont monnaie courante en Grèce, où le quotidien est rythmé depuis deux ans par la contestation des hausses d'impôts et réductions d'acquis sociaux imposés par les plans d'assainissement des bailleurs de fonds du pays, en échange de leur soutien financier. Vendredi, une autre manifestation réunissant quelque 10.000 militants communistes du Front des travailleurs Pame a eu lieu à Athènes, dans le calme et la discipline, celle-là. Des dizaines d'employés du ministère des Finances ont aussi proclamé une "occupation" des locaux, situés sur la place.

le 10 février 2012 à 15:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

43 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • ticoutac, le 11/02/2012 à 08h10

    Il faut comprendre ces gens , que ferions nous en France si demain ( et c'est fort possible) on nous demanderait de baisser nos salaires de 20 % ? Réponse la même chose, pourquoi le peuple devrait payer pour les banquiers et autres financiers ? Nos politiques s'enrichissent dépensent à tour de bras et nous peuple on est censé dire "amène". Le capitalisme tue l'économie, les plus riches se gavent, les autres doivent diviser leur revenu... Y'a vraiment comme un problème non.... Alors oui les grecs manifestent, oui ils n'en peuvent plus de cet Euro qui a été laissé aux mains des financiers et comme en France c'est une vrai "Bombe économique".

  • jmarcr, le 11/02/2012 à 06h30

    Regardez donc les chiffres de l'INSEE : Sarko est le président qui a le plus aggravé les déficits et cette tendance était amorcée avant la crise du fait du bouclier fiscal. La seul période où les déficits n'ont pas été aggravées sont les 5 années du gouvernement PS de Jospin . C'est comme ça. Les faits sont là !

  • nanardesbordes, le 11/02/2012 à 02h50

    Et pour tout ces pays là qui devra payer pour effacer leurs dettes ????? Mr monopoly.....

  • bxmichel, le 11/02/2012 à 00h56

    Au moins NS n'est pas énarque, c'est une chance, il peut au moins sortir des solutions apprise il y a 30 ans de Hollande qui n'a qu'un mot a la bouche "CROISSANCE", il n'y a que lui pour y croire encore...

  • lucien31, le 11/02/2012 à 00h19

    La Grèce est mal barrée, et j'ai bien peur que si le PS passe en 2012 nous allions les rejoindre très vite.

  • mcg35, le 11/02/2012 à 00h12

    @francefranche - Quand je dis que "les Grecs enfoncent leur pays", j'entends que les grèves générales à répétition ne sont certainement pas le meilleur moyen de redresser un pays déjà au bord du gouffre. Les Grecs ont, jusqu'ici, largement profité de l'U.E. (subventions, aide financière) ... Je dis simplement qu'il est plus que temps qu'ils assainissent leur pays (corruption comme sport national), peut-être en sortant momentanément de la Zone Euro, et ensuite, ils pourront de nouveau prétendre rejoindre la monnaie unique. Nos dirigeants d'il y a une dizaine d'années n'auraient jamais dû accepter la Grèce.

  • francefranche, le 10/02/2012 à 23h13

    Et alors! voila des annees que l on joue les grands seigneurs en annulant la dette de certains pays africains!! alors pourquoi pas celle de la grece?????????????

  • francefranche, le 10/02/2012 à 23h09

    Ce ne sont pas les grecs qui enfoncent leur pays!! ce sont tous les charognards qui les ont mis a genoux!!! ceux la meme qui les ont laisses entrer dans la cee!!!

  • mcg35, le 10/02/2012 à 22h35

    La Grèce s'enfonce ... Les Grecs enfoncent leur pays ... Les réformes INELUCTABLES auraient dû être faites il y a bien longtemps. Que la Grèce quitte la Zone Euro et reprenne sa liberté.

  • foulpi, le 10/02/2012 à 22h35

    CE SONT les riches et pas le peuple grec qui vivent avec votre argent: je soutiens le peuple grec.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience