La gestion de la célèbre école parisienne de la rue Saint-Guillaume est-elle dans le collimateur de la Cour des comptes ? Alors qu'aucune date n'est encore connue pour une éventuelle remise de rapport et encore moins une publication, le quotidien Le Monde pointe dans son édition de mercredi la mauvaise gestion de Sciences-Po Paris.
"Selon des informations confidentielles, l'enquête (de la Cour des comptes) remet gravement en cause la gestion de l'ancienne équipe et (souligne) notamment des avantages en nature indus (comme la mise à disposition de logements, des frais de déplacements trop élevés, etc.)", rapporte le journal. Des accusations qui interviennent alors que son charismatique directeur, Richard Descoings, est décédé début avril à New York (voir notre article : Richard Descoings retrouvé mort à New York, ouverture d'une enquête).
La Cour des comptes n'a pas voulu confirmer ces informations, qu'elle a jugé "très prématurées", soulignant simplement que ses contrôles passent par plusieurs étapes de rapports provisoires, et sont soumis à la contradiction avant d'être validés. Elle rappelle que ce contrôle est une procédure normale, qu'il n'a pas été commandité, et qu'il fait suite à un précédent contrôle réalisé "il y a sept ou huit ans".
292.000 euros de primes
Ces informations interviennent alors que les candidats à la succession de Richard Descoings, mort le 3 avril à New York d'une crise cardiaque, ont jusqu'à vendredi pour présenter leur candidature, l'école souhaitant pourvoir le poste avant octobre. Parmi les candidats, selon le JDD, devrait notamment se trouver le directeur adjoint de Sciences-Po Paris, Hervé Crès, 44 ans, nommé administrateur provisoire de l'établissement.
L'institution parisienne avait déjà connu des remous fin 2011, lorsque le site Mediapart avait révélé que des primes d'un montant total de 292.000 euros avaient été versées en 2011 aux onze membres du comité exécutif de Sciences Po, dont Richard Descoings. Ce dernier avait finalement expliqué quelques semaines plus tard qu'il gagnait 24.000 euros nets par mois, plus une prime dont il avait refusé de dévoiler le montant.









