De 50,2 points en septembre, l'indice PMI (*) publié par le cabinet Markit est tombé à 46,8 points en octobre. "Le secteur privé français vacille et entre en zone de contraction, commente Jack Kennedy, économiste chez Markit, les répercussions de la crise de la dette européenne dans l'économie réelle se font cruellement sentir, notamment sur la confiance et sur le niveau de la demande". Malgré la crise dans la zone euro, les Allemands ont le moral. Consommateurs et entreprises ne retiennent ( pour l'heure) que les nouvelles économiques encourgaeantes, selon deux baromètres publiés mardi. Si les consommateurs des pays les plus touchés par la crise de la dette, comme la Grèce, vont tailler dans leur budget de Noël, les Français devraient oublier la rigueur et se desserrer la ceinture le temps des fêtes. Les prévisions de croissance devant être réactualisées, le gouvernement va devoir trouver de nouveaux moyens de financement. La création d'un taux intermédiaire de TVA, entre 5,5% et 19,6%, serait à l'étude selon Le Monde. A la veille d'un sommet européen crucial, les députés ont adopté mardi les recettes du budget 2012, présenté comme "responsable" par la majorité et jugé "déjà caduc" par la gauche au regard la probable révision à la baisse de la croissance. Voici pour l'heure les principales mesures adoptées. Les banques françaises devront se recapitaliser à hauteur de 10 milliards d'euros sans recourir à des fonds publics. L'Etat pourra en outre décider d'interdire bonus et dividendes si nécessaire, a déclaré mardi le gouvernement à l'Assemblée lors du débat sur le projet de budget 2012. Tout le monde y pense, personne n'en parle... sauf pour nier farouchement l'existence d'une menace de récession. Aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis. En Asie pourtant, on évoque ouvertement le risque d'une récession mondiale.
Plus d'infosL'Allemagne ne connaît pas la crise ?

Le Noël des Français échappe à l'austérité

Un nouveau taux de TVA pour plus de rigueur ?

Budget 2012 : voici ce qui a été voté... si ce n'est pas déjà caduc

Recapitalisations : les banques françaises devront se débrouiller seules

"Récession", le mot qui fait peur

Ce recul de l'activité des entreprises est le premier depuis l'été 2009. La barre des 50 points marque la frontière entre phases d'expansion et phases de contraction de l'activité. Le repli de l'indice sous ce seuil résulte d'une forte baisse de l'activité dans le secteur des services, la plus forte depuis 27 mois, précise le cabinet. Et ce, alors que la croissance s'était jusqu'ici appuyée sur ce secteur. La production manufacturière diminue également, pour le troisième mois consécutif.
Contraction du PIB à envisager
L'économiste estime donc qu'une contraction du produit intérieur brut de 0,5-0,6% est possible. "La courbe actuellement suivie par l'activité laisse envisager une récession, à moins d'un rapide retournement de tendance", prévient Jack Kennedy.
"L'économie est sur le fil du rasoir", ajoute Hervé Péléraux, économiste au département analyse et prévision de l'Office français des conjonctures économiques (OFCE), interrogé par TF1News.
Dans la zone euro, la barre des 50 points avait déjà été franchie, pour la première fois depuis deux ans, en septembre, à 49,1 points. L'indice s'est arrêté à 47,2 points en octobre. Selon Markit, les entreprises se préparent à une nouvelle détérioration de la conjoncture.
Peut-on déjà parler de récession ?
"On n'a pas encore assez d'éléments pour dire que nous sommes en récession, on peut encore avoir un rebond de la croissance au troisième trimestre", commente Hervé Péléraux. Car le terme récession désigne un recul du PIB sur deux trimestres consécutifs, pour ne pas donner trop d'importance à un choc. Selon l'Insee, si la croissance a été nulle au deuxième trimestre 2011, elle devrait tout de même atteindre +0,3% au troisième trimestre, avant de retomber à +0% au dernier trimestre. "Avec une croissance de 0%, on a franchi une étape vers la récession", ajoute l'économiste.
Et les signaux négatifs se multiplient pour l'économie française. Les prévisions du gouvernement de croissance pour 2012, à 1,75%, devraient être revues à la baisse. Un consensus d'économistes ne la voit pas dépasser les 0,9%. Le 21 octobre, l'agence de notation Standard & Poor's a fait savoir que la note française - encore AAA - pourrait être modifiée si les perspectives économiques continuent à se dégrader.
Car l'indice du climat des affaires dans l'industrie, publié par l'Insee tous les mois auprès de 4.000 entreprises sur leur situation et leur perspective d'activité, s'est encore dégradé en octobre. Et le climat conjoncturel dans le bâtiment, un indice en avance par rapport à l'activité, s'est également retourné négativement en octobre. "C'est assez inquiétant" conclut Hervé Péléraux.
(*) L'indice PMI, qui regroupe l'activité des entreprises du secteur privé, est calculé à partir d'une enquête menée auprès de 750 entreprises opérant dans la zone étudiée. Cet indicateur avancé de la conjoncture est considéré comme fiable par les analystes.
Retour MYTF1
L'Allemagne ne connaît pas la crise ?
Chargement en cours...




