La note de la Belgique dégradée, l'impasse politique sanctionnée

Par , le 25 novembre 2011 à 21h50 , mis à jour le 25 novembre 2011 à 21h55

L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé d'un cran vendredi la note de la Belgique, ramenée de "AA+" à "AA", mettant en avant l'endettement du royaume et la crise politique qu'il traverse et qui paralyse actuellement les discussions sur le prochain budget.

La crise financière rattrape Bruxelles déjà en proie à une crise politique. L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé d'un cran vendredi la note de la Belgique, ramenée de "AA+" à "AA", mettant en avant l'endettement du royaume et la crise politique qu'il traverse et qui paralyse actuellement les discussions sur le prochain budget.

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L'agence craint notamment que les "difficultés du secteur financier" nécessitent un soutien plus important des pouvoirs publics qui alourdirait la dette déjà élevée du pays, dans un contexte d'"incertitude politique" qui continue de peser sur la crédibilité de la Belgique en tant qu'emprunteur. La note "AA" de la Belgique, qui appartient à la catégorie des émetteurs de "haute qualité", est assortie d'une perspective négative. Si la Belgique devait de nouveau voler au secours de son secteur bancaire, comme en 2008, sa dette, qui devrait atteindre 97% du PIB à la fin de l'année, pourrait dépasser les 100%, estime l'agence. Cela ne manquerait pas d'alourdir le déficit budgétaire d'un pays dont l'économie, "parmi les plus ouvertes de la zone euro", est par ailleurs "vulnérable à tout affaiblissement de la demande extérieure", ajoute l'agence.

11,3 milliards à trouver
 
S&P souligne enfin que le gouvernement belge, s'il a pris des mesures efficaces en 2011 pour diminuer le déficit primaire, n'a pas les coudées franches pour mettre en oeuvre des réformes structurelles d'envergure. En cause: la crise politique du royaume qui n'est toujours pas doté d'un gouvernement plus de 500 jours après les dernières élections législatives. Alors que les négociations avaient bien avancé à la rentrée, elles butent depuis plusieurs semaines sur les questions budgétaires, à tel point que le chef des socialistes francophones, Elio Di Rupo, chargé de former le futur gouvernement, a jeté l'éponge lundi. Le souverain Albert II lui a demandé mercredi soir de se remettre malgré tout en selle.
 
Les télévisions belges indiquaient vendredi soir que M. Di Rupo avait relancé les discussions sur le budget en début de soirée en réunissant les six présidents de partis associés aux négociations.  Réagissant à la décision de S&P, le Premier ministre sortant Yves Leterme a lancé un appel aux six partis négociant la formation d'un nouveau gouvernement pour qu'ils trouvent un accord avant l'ouverture des marchés lundi sur le budget.
 
La Belgique a besoin de trouver 11,3 milliards d'euros pour faire repasser son déficit sous la barre des 3% du PIB en 2012, comme l'exige l'UE. La situation est d'autant plus urgente que, sur les marchés, les taux d'emprunt belges à 10 ans s'envolent et se rapprochent des 6%. Les dirigeants du pays sont en outre confrontés aux pressions de la Commission européenne qui menace la Belgique d'une amende de 700 millions d'euros si un budget de rigueur n'est pas bouclé d'ici à la mi-décembre.

Par Laurent Deschamps le 25 novembre 2011 à 21:50
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6 Commentaires

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  • kuldigas, le 26/11/2011 à 14h01

    Ce sont les prêteurs qui décident. Les "marchés" comme on dit. C'est à dire vous et moi.

  • gp34090, le 26/11/2011 à 12h54

    Cela n'empêche pas les Belges d'avoir la frite.

  • trunk69100, le 26/11/2011 à 10h03

    Et c'est bien en augmentant le taux qu'il va être plus facile pour eux de réduire la dette ? J'ai jamais compris leur logique. Et empruntez a 6% faut être malade pour le faire. Déjà a 3% c'est la limite du raisonnable.

  • jym29, le 26/11/2011 à 09h45

    Les changements de note ou de perspective doivent être communiquées en dehors des plages de cotation, et il y a qui tombent tous les jours, donc ça peut arriver un vendredi...

  • diakea, le 26/11/2011 à 08h07

    Note de la Belgique abaissée un vendredi soir à la fermeture de toutes les bourses financières européennes..... Pourquoi ce genre de nouvelles tombe à la veille du week-end? si ce n'est pas délibéré...

  • radiobistro, le 26/11/2011 à 07h48

    Ces agences financières internationales ont-elles vraiment des compétences objectives pour juger du niveau de santé des Etats ? Elle ne doivent pas faire la pluie et le beau temps...

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