Le clin d'oeil de Trichet aux "indignés"

le 16 octobre 2011 à 12h18 , mis à jour le 16 octobre 2011 à 12h20

Dossier : Crise financière

Figurant au nombre des "bêtes noires" des "indignés", Jean-Claude Trichet affirme pourtant... qu'il les comprend. S'il ne veut pas "démolir" les banques, le patron de la BCE, qui arrive à la fin de son mandat, voudrait leur imposer des règles de prudence accrue. Et réformer les traités européens.

Jean-Claude Trichet, président de la BCEJean-Claude Trichet, président de la BCE © TF1/LCI

Le mouvement des "indignés" contre la crise et la finance mondiale a pris ce week-end une dimension planétaire, poussant dans la rue des dizaines de milliers de personnes dans des manifestations marquées par des incidents et des arrestations à Rome et New-York. Sous les slogans "Peuples du monde, levez-vous" ou "Descends dans la rue, crée un nouveau monde", les protestataires avaient appelé à manifester dans 951 villes de 82 pays, selon le site 15october.net, contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance. Et à deux semaines de la fin de son mandat à la tête de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet leur a adressé dimanche un clin d'oeil.

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Sur Europe 1, celui qui est l'une des bêtes noires des "indignés" fustigeant partout sur la planète la finance et les politiques d'austérité, leur a donné en partie raison. "Il y a évidemment un ensemble de leçons à tirer de la crise qui sont des leçons très dures : il n'est pas possible de laisser un système financier et par voie de conséquence un système économique au niveau mondial qui soit aussi fragile", a-t-il dit. Il prône donc un renforcement des règles et des contraintes imposées à la finance. "J'interprète une partie du message qui nous vient de ce mouvement comme allant précisément dans ce sens", a-t-il ajouté.

"Empêcher un membre de la zone euro de vagabonder"

Il a dit s'opposer cependant à "démolir" les banques car, souligne-t-il, elles financent les trois quarts de l'économie, mais il a dit être d'accord pour renforcer les règles de prudence, et s'est adressé aux banques réticentes. "Même si, de votre point de vue, vous voyez que c'est contraignant, nous vous disons que ça va protéger l'ensemble de l'économie", a-t-il dit. De la même manière, Jean-Claude Trichet a dit être opposé à l'idée de "démondialisation" mais a dit y voir un message en faveur d'un renforcement de la gouvernance économique mondiale dont, selon lui, il faut tenir compte.

Cette idée, défendue par le candidat à la primaire socialiste française pour l'investiture à la présidentielle de 2012, Arnaud Montebourg, est actuellement au centre du débat politique en France. Pour Jean-Claude Trichet, elle n'est pas recevable si on parle de freiner les échanges économiques mondiaux car cela supposerait notamment d'empêcher le développement de pays jadis pauvres où le niveau de vie reste bas, estime-t-il. "Il faut dire à ceux qui sont dans les pays émergents qu'on n'est pas très contents de leur propre développement et donc qu'on entend bien que leur développement soit entravé", a-t-il ainsi expliqué ironiquement. Il a rappelé que ce développement de pays du Tiers-Monde et donc la concurrence qu'ils font aux pays industrialisés est l'objectif de la communauté internationale depuis 1945.

Cependant, le président de la BCE a cependant dit voir dans ce slogan politique de "démondialisation" un message. "Je l'interprète comme 'il faut renforcer la gestion, la gouvernance de la mondialisation et la renforcer dans tous les domaines'", a-t-il dit. Dans ce sens, il a suggéré aux pays de l'Union européenne de réformer les traités pour empêcher à l'avenir un de ses Etats membres de créer des problèmes pour les autres, comme c'est le cas actuellement, notamment pour la Grèce. Un message lancé au moment où les pays européens tentent d'endiguer la crise provoquée par la dette grecque et ses conséquences sur les banques du continent qui lui ont prêté de l'argent. Un effacement pouvant aller jusqu'à la moitié de la dette grecque qui est d'environ 350 milliards d'euros est désormais envisagé, avec en corollaire la nécessité de renflouer les banques européennes créancières. "Il faut réfléchir à l'avenir. Demain, à mon avis, il faut changer le traité pour être capable d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres", a estimé le patron de la BCE. Selon lui, "pour cela il faut être même capable d'imposer des décisions". Le conseil européen devrait à ses yeux pouvoir statuer sur des sanctions à la majorité, sur la base d'une proposition de la Commission européenne.

le 16 octobre 2011 à 12:18
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11 Commentaires

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  • berny6710, le 17/10/2011 à 10h39

    Et comment !

  • romuniort, le 17/10/2011 à 10h06

    N'était-ce pas le même Monsieur qui déclarait voici quelques mois qu'il ne fallait surtout pas augmenter les salaires ??

  • morob..., le 17/10/2011 à 07h05

    Tout le contraire de vous quoi!

  • 1337sysop1337, le 17/10/2011 à 03h56

    Celui ou celle qui saura s'imposer non pas à coup de matraquage publicitaire mais par les idées ^^

  • lakoredine, le 16/10/2011 à 22h54

    C'est curieux , tous les grands banquiers et financiers "comprennent" maintenant la la souffrance des peuples . Auraient-ils peur de quelque chose ?

  • froggyb, le 16/10/2011 à 21h43

    Les Anglais doivent etre content d'avoir gardé leur devise. J'entends deja les "I told you so".

  • walterbenjamin, le 16/10/2011 à 18h15

    Les deux mesures à prendre d'urgence : 1) séparer les banques d'affaires et de dépôt (Hollande ou Aubry doivent le faire le premier jour au pouvoir.) 2) Suspension ou suppression des licences des banques qui trafiquent avec les paradis fiscaux = la fin pour eux et le retour des 11 000 à 60 000 milliards de dollars( volés aux états) dans l'économie ...."réelle"..Merkel l'a proposé en 2008 avant de reculer devant les lobbies? Vous verrez ,on y viendra , après le krach ,Trichet ne comprendra qu'après le krach ..... C'est juste ce que Roosevelt a fait en 1932 pour sauver l'Amérique..

  • kosotto1, le 16/10/2011 à 17h33

    Les instances financières commencent peut être un peu à s'inquiéter de la montée en puissance des indignés !

  • st2369, le 16/10/2011 à 17h16

    Monsieur TRICHET, Pourquoi attendre la toute fin de votre mandat pour proposer des réformes évidentes, VOUS qui avez servi docilement le système sans jamais rien faire que l'appliquer et vous en enorgeuillir

  • zanaria, le 16/10/2011 à 16h21

    J'ai confiance en cet homme dommage que son mandat se termine, il fait souvent preuve de bon sens.

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