Pressions américaines et pessimisme allemand avant le sommet européen

le 07 décembre 2011 à 13h01 , mis à jour le 07 décembre 2011 à 23h18

Dossier : Crise financière

Par la voix de son secrétaire d'Etat au Trésor, les Etats-Unis ont maintenu mercredi la pression sur l'Europe pour qu'elle endigue sa crise de la dette. L'Allemagne s'est dite "pessimiste". Nicolas Sarkozy a estimé que le risque "d'explosion" de l'UE restait réel si aucune décision n'était prise.

UE sommet Europe euro crise Union européenne Bruxelles monnaie Image d'archives © ABACA

Pression et optimisme d'un côté, pessimisme de l'autre : à la veille d'un sommet crucial pour résoudre la crise de la dette, plusieurs acteurs donnaient de la voix mercredi, dans une dernière tentative pour orienter les décisions. "J'ai souligné à quel point il est important pour les Etats-Unis et le reste du monde que l'Europe réussisse", a déclaré le secrétaire américain au Trésor au cours de l'étape parisienne de sa tournée européenne. "Je suis confiant dans le fait qu'elle réussira", a ajouté Timothy Geithner, à l'issue d'un entretien avec son homologue français François Baroin. La pression américaine vient s'ajouter à celle des agences d'évaluation financière, avec la menace de Standard and Poor's (S&P) d'abaisser les notes de presque toute la zone euro, dont l'Allemagne et la France, si elle juge décevants les résultats du sommet européen de jeudi et vendredi à Bruxelles.
  • Sommet : un accord à 26 (sans le Royaume-Uni)

    La zone euro pourrait voir les autres pays de l'UE, à la seule exception du Royaume-Uni, rejoindre l'accord sur le renforcement de la discipline budgétaire conclu à Bruxelles. "Nous ne sommes pas exclus" de l'Union européenne, assure Cameron.

    Publié le 09/12/2011 Sommet : un accord à 26 (sans le Royaume-Uni)
  • Standard & Poor's : et maintenant, les assureurs

    L'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) a annoncé vendredi qu'elle envisageait d'abaisser la note de la dette de 15 assureurs européens, dans la foulée de son possible abaissement des notes de 15 pays de la zone euro.

    Publié le 09/12/2011 Standard & Poor's : et maintenant, les assureurs
  • Sommet : clash avec les Britanniques, accord à 17... ou plus

    Le sommet européen de crise a tourné à l'affrontement avec la Grande-Bretagne et échoué vendredi matin à accoucher d'une révision du traité de l'UE à 27 pays pour renforcer la discipline budgétaire de la zone euro, qui du coup ira seule de l'avant pour adopter de nouvelles règles.

    Publié le 09/12/2011 Sommet : clash avec les Britanniques, accord à 17... ou plus
  • Sommet : l'hypothèse d'une révision des traités à 27 s'éloigne

    L'hypothèse d'un nouveau traité réservé aux membres de la zone euro et aux pays qui souhaiteraient les rejoindre prenait corps jeudi soir à l'ouverture du sommet européen de Bruxelles.

    Publié le 08/12/2011 Sommet : l'hypothèse d'une révision des traités à 27 s'éloigne
  • Zone euro : il n'y aura "pas de seconde chance" prévient Sarkozy

    Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont entamé jeudi soir à Bruxelles un sommet crucial pour tenter de trouver des solutions à court et long terme à la crise de la dette qui menace la survie de la zone euro.

    Publié le 08/12/2011 Zone euro : il n'y aura "pas de seconde chance" prévient Sarkozy
  • Zone euro : les enjeux du troisième sommet "de la dernière chance"

    Les chefs de gouvernement changent, les thèmes du débat aussi, mais l'enjeu reste le même : sauver la zone euro. Après le sommet entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lundi, voici ce dont parleront nos dirigeants européens jeudi soir.

    Publié le 07/12/2011 Zone euro : les enjeux du troisième sommet "de la dernière chance"
  • S&P n'envisage pas de scénario d'éclatement de la zone euro

    Après avoir menacé lundi d'abaisser la note de 15 pays de la zone euro, l'agence de notation précise jeudi que l'éclatement de la zone euro n'est "pas du tout" un scénario considéré aujourd'hui.

    Publié le 08/12/2011 S&P n'envisage pas de scénario d'éclatement de la zone euro
  • Comment le leadership Sarkozy-Merkel passe-t-il en Europe

    La crise de la dette met plus que jamais en avant le rôle prédominant de la France et de l'Allemagne dans l'UE. Ce leadership, souvent apparenté à un "condominium", est perçu de manière différente selon les pays. Pour s'en rendre compte, TF1 News a interrogé plusieurs correspondants de presse.

    Publié le 08/12/2011 Comment le leadership Sarkozy-Merkel passe-t-il en Europe
  • Après les pays, S&P menace l'Union européenne et ses banques

    Standard & Poor's a annoncé mercredi qu'elle avait placé la note 'AAA' de l'Union européenne sous surveillance avec implication négative. L'agence a également dit qu'elle pourrait déclasser la note de certaines banques de la zone euro, dont BNP-Paribas. Paris et l'Ile-de-France sont également dans le viseur de S&P.

    Publié le 07/12/2011 Après les pays, S&P menace l'Union européenne et ses banques
  • Après la zone euro, S&P avertit le Fonds de secours européen

    Déjà lundi soir, l'agence avait placé sous surveillance négative quinze pays de la zone euro, dont les six qui disposent encore du triple A. La France, principale menacée par S&P, n'a pas à s'inquiéter assure cependant Fitch.

    Publié le 06/12/2011 Après la zone euro, S&P avertit le Fonds de secours européen
  • Paris et Berlin d'accord pour un nouveau traité européen en mars

    Lors d'une conférence de presse à l'Elysée lundi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont annoncé s'être mis d'accord sur un nouveau traité européen, si possible à 27, mais si besoin à 17.

    Publié le 05/12/2011 Paris et Berlin d'accord pour un nouveau traité européen en mars
  • Qui sont les créanciers de la France ?

    Standard & Poor's a mis lundi sous surveillance avec implication négative la note souveraine de la France, en même temps que les notes de 14 autres pays de la zone euro. Mais qui sont les principaux détenteurs de la dette souveraine de la France ?

    Publié le 06/12/2011 Qui sont les créanciers de la France ?
  • Zone euro sous surveillance, la note française dégradée de 2 crans ?

    Standard & Poor's a annoncé lundi soir une mise sous surveillance avec implication négative des six pays "AAA" de la zone euro, dont la France et l'Allemagne. La France pourrait in fine être le seul pays à voir sa note abaissée de 2 crans.

    Publié le 05/12/2011 Zone euro sous surveillance, la note française dégradée de 2 crans ?
  • La zone euro sous surveillance négative de S&P : et si c'était une bonne chose ?

    DECRYPTAGE - Si l'agence de notation Standard & Poor's met tous les pays européens dans le même panier, c'est pour donner comme message : "vous ne vous en sortirez qu'ensemble", analyse Emmanuel Kessler de LCI.

    Publié le 06/12/2011 La zone euro sous surveillance négative de S&P : et si c'était une bonne chose ?
  • Le AAA sous haute surveillance : en Allemagne, un "coup de tonnerre"

    Les journaux allemands n'ont pas pu reprendre l'information dans leur édition du jour, alors le gouvernement organise la résistance.

    Publié le 06/12/2011 Le AAA sous haute surveillance : en Allemagne, un "coup de tonnerre"
  • Enquête sur les méthodes des agences de notation

    A un jour du sommet européen, de nombreuses voix s'élèvent pour critiquer la prise de position de Standard and Poor's alors même qu'un accord franco-allemand était intervenu la veille. Des enquêtes sont en cours pour éplucher leur façon de faire.

    Publié le 07/12/2011 Enquête sur les méthodes des agences de notation
  • Pour la première fois, le triple A allemand est menacé

    L'Allemagne, pourtant considérée comme le meilleur élève de la zone euro, dispose d'une très forte dette. Et dépend des politiques économiques menées au sein de la zone.

    Publié le 06/12/2011 Pour la première fois, le triple A allemand est menacé
Plus d'infos

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, à l'Elysée le 7 décembre 2011

Et l'Allemagne a douché, comme souvent à la veille de réunions décisives, les espoirs des plus optimistes. "Je suis plus pessimiste que la semaine dernière sur la possibilité d'avoir un accord total" car un "certain nombre de partenaires n'ont pas compris la gravité de la situation", a dramatisé une source gouvernementale à Berlin.  Selon elle, "ceux qui tentent d'y échapper par des astuces n'ont pas compris les attentes" d'investisseurs ultra-nerveux à l'égard de la rencontre.
  
Les marchés financiers, après avoir limité les dégâts mardi face aux menaces de S&P, ont terminé dans le rouge mercredi, suite aux déclarations allemandes. La Bourse de Paris a reculé de 0,11%, Francfort de 0,57%, Madrid de 0,79% tandis que Londres perdait 0,39% et Milan 1,24%. A New York, le Dow Jones a gagné 0,38% à la clôture et le Nasdaq a cédé 0,01%.

Après avoir rencontré mardi les responsables allemands et ceux de la Banque centrale européenne (BCE), Timothy Geithner s'est entretenu dans la soirée avec le futur chef de gouvernement espagnol Mariano Rajoy à Marseille. Il devait rencontrer jeudi en Italie le nouveau président du Conseil Mario Monti. Comme il le fait depuis septembre, l'Américain profite de ce voyage opportunément calé avant le sommet de Bruxelles pour insister sur un point cher à Washington: la construction d'un "pare-feu suffisamment fort" pour empêcher que la crise de la zone euro n'échappe à tout contrôle et enfonce le reste du monde, Etats-Unis en tête, dans la récession.  

Athènes demande "un message puissant aux marchés"

Nicolas Sarkozy a lui aussi pris part aux débats en déclarant mercredi devant les députés que "le risque d'explosion" de l'Union européenne restait "prégnant" tant que l'accord trouvé lundi avec Angela Merkel ne serait pas appliqué. Le Premier ministre français François Fillon a estimé mercredi à Marseille que les 27 pays membres de l'Union
européenne avaient "collectivement un devoir de réussite". De son côté, le ministre des finances grec Evangelos Vénizélos a appelé mercredi les dirigeants européens à "envoyer un message puissant aux marchés" lors du sommet. 

le 07 décembre 2011 à 13:01
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16 Commentaires

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  • lamamouche54, le 08/12/2011 à 12h40

    Qui crève dans notre pays????? ya aucun pays qui aident autant les pauvres que le notre.... faut arrêter un peu de dire n'importe quoi...

  • roudore, le 08/12/2011 à 05h22

    Les americains sont tres mal placés pour nous critiquer !!! qu ils s occupent deja du bourbier financier dans lequel ils sont et en y regardant bien c est pas mieux !!

  • objectif-2012, le 08/12/2011 à 04h11

    Il faut reconnaitre que l' Allemagne réagit de façon différente que nous, car eux pour contrer la crise avait baissés le temps de travail pour que tout le monde garde son emploi, une célèbre marque automobile de ce pays pratiquait les 32 heures depuis dix ans, pendant la France se payait le luxe de défiscaliser les heures supplémentaires, donc à terme cela a créé du chomage, comme l'allongement du temps de travail par la réforme des retraites aura le mème effet, notre gouvernement a juste oublié ce paramètre...

  • 421123, le 08/12/2011 à 02h13

    Votre analyse est exacte, mais nous-nous sommes endettés librement avec des élus qui n'ont pas eu le courage politique de refuser nos "revendications".

  • marco6617, le 08/12/2011 à 02h11

    Et en plus, les américains nous mettent la pression... Tout comme moussaka001, je ne suis pas un spécialiste, mais il me semble quand même que la situation que nous rencontrons aujourd'hui fait suite à deux crises successives auxquelles les USA ne sont pas étrangers : crise des subprimes en 2007, puis mauvais conseils donnés à la Grèce par la banque d'investissements américaines Goldman Sachs... Le nouveau premier ministre grec, Loukás Papadímos, est un ancien de Goldman Sachs. Pareil avec le nouveau président du conseil italien, Mario Monti. Mario Draghi, qui a succédé à Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne, a été vice-président de la branche européenne de Goldman Sachs de 2002 à 2005....Coïncidences ??? Rappelons aussi que la dette américaine s'élève à 15000 milliards de dollars (99,6% de leur PIB) et pourtant, les trois principales agences de notation (américaines elles-aussi) continuent de s'acharner sur l'Europe et semer la zizanie sur nos marchés... Sans vouloir faire de l'anti-américanisme primaire, il y a quand même de quoi se poser des questions...

  • moussaka001, le 08/12/2011 à 00h44

    Je ne suis pas spécialiste d'économie mais la crise de la dette me fait penser à la crise des subprime en 2008 à l'échelle des Etats : à l'époque, les ménages avaient contracté des prêts, qu'ils se sont retrouvé dans l'incapacité de rembourser quand les taux ont augmenté, ce qui a conduit à de nombreuses expulsions, et à des saisies de maisons. Aujourd'hui, les Etats ont contracté des prêts sous forme d'obligations, et les taux se mettent à grimper, ce qui fait que les Etats se retrouvent dans l'incapacité de rembourser. Mais ici, on ne peut pas nous "saisir" donc on va vers où ? vers la guerre ? peut être vers la saisie du pouvoir comme en Grèce et en Italie ? la saisie de nos démocratie semble être en cours en tout cas.

  • moussaka001, le 08/12/2011 à 00h22

    Je ne suis pas spécialiste d'économie mais la crise de la dette me fait penser à la crise des subprime en 2008 à l'échelle des Etats : à l'époque, les ménages avaient contracté des prêts, qu'ils se sont retrouvé dans l'incapacité de rembourser quand les taux ont augmenté, ce qui a conduit à de nombreuses expulsions, et à des saisies de maisons. Aujourd'hui, les Etats ont contracté des prêts sous forme d'obligations, et les taux se mettent à grimper, ce qui fait que les Etats se retrouvent dans l'incapacité de rembourser. Mais ici, on ne peut pas nous "saisir" donc on va vers où ? vers la guerre ? peut être vers la saisie du pouvoir comme en Grèce et en Italie ? la saisie de nos démocratie semble être en cours en tout cas.

  • patrick20o, le 08/12/2011 à 00h07

    De toute façon les riches ne restent pas vraiment en France. C est un pays de touristes.

  • mcg35, le 07/12/2011 à 23h39

    @al38240 6 - Non, l'Euro n'est pas le Mark. il a fallu DEUX MARK pour égaler un Euro.

  • niecette90, le 07/12/2011 à 22h48

    Nos enfants et petits enfants n'ont +qu'à apprendre l'allemand pour aller travailler là-bas.

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