Les Bourses chahutées par les craintes italiennes

le 10 novembre 2011 à 09h34 , mis à jour le 10 novembre 2011 à 10h33

La démission de Berlusconi n'a que temporairement rassuré les marchés, en raison de l'incertitude qui s'ouvre pour la politique italienne. Les Bourses européennes sont de nouveau fébriles. En attendant un test crucial : le résultat d'une nouvelle une émission obligataire du Trésor italien.

La démission désormais officielle de Georges Papandréou en Grèce et celle, annoncée, de Silvio Berlusconi en Italie n'ont pas suffi, et loin s'en faut, à désamorcer la crise dans la zone euro, dont l'éclatement n'est plus un scénario de science fiction. Jeudi matin, les principales places boursières européennes ont de nouveau ouvert en forte baisse : -2,16% pour la Bourse de Paris, -1,67% pour celle de Londres, -1,33% pour celle de Milan. Signe toutefois de l'extrême volatilité des marchés, qui continuent à s'interroger sur l'évolution des situations politiques de la Grèce (toujours sans successeur au poste de Premier ministre, alors que celui-ci devait être nommé lundi) et de l'Italie (qui pourrait organiser des élections législatives anticipées et doit encore convaincre sur ses  mesures d'austérité annoncées), la Bourse de Milan a rebondi dès l'ouverture, et celle de Paris une heure après.

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  • "La Grèce doit décider si elle veut rester dans l'euro"

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Plus d'infos

L'attention des investisseurs sera tournée ce jeudi vers une émission obligataire du Trésor italien, dont le résultat est attendu en fin de matinée, qui sera le premier test de la confiance des marchés depuis l'annonce du départ prochain de Silvio Berlusconi. Les craintes pour l'Italie ont propulsé les taux obligataires italiens à dix ans largement au-dessus de la barre des 7%, un niveau jugé insoutenable dans la durée, étant donné la taille colossale de la dette italienne (1900 milliards d'euros, environ 120% du PIB). Afin de rassurer les marchés, le Parlement a décidé d'accélérer l'adoption des mesures économiques réclamées par l'Union européenne d'ici samedi ou dimanche, après laquelle Silvio Berlusconi donnera sa démission. Un nouvel exécutif sera ensuite formé. L'ex-commissaire européen Mario Monti, économiste respecté, pourrait prendre la tête d'un gouvernement technique, destiné essentiellement à rassurer les marchés.

"La France a de facto perdu son triple A"

Les craintes de contagion sont plus fortes que jamais en Europe. La France, deuxième économie de la zone euro, est elle aussi l'objet des attaques des marchés. L'écart entre le taux des emprunts de l'Etat français et celui de l'Allemagne, référence économique des marchés, n'a jamais été aussi important depuis plus de 20 ans. Il a atteint un nouveau record ce jeudi, au-delà des 160 points de base. Et, dans une interview à la Tribune, l'économiste Jacques Attali se montre ce jeudi plus que jamais pessimiste pour Paris : la France n'a aucun espoir de conserver son "triple A" qui lui permet d'emprunter à bas coût sur les marchés financiers. L'économiste affirme en outre que les mesures d'austérité que vient d'annoncer le Premier ministre François Fillon ne sont pas à la hauteur et que le gouvernement devrait augmenter plus fortement les impôts. Jacques Attali est sans appel : "La France a de facto perdu son triple A", déclare-t-il. "Inutile de s'acharner sur cette note".
 
Une telle contagion, si elle se concrétisait, mettrait à genoux l'ensemble de la zone euro, où le Fonds d'aide, le FESF, est encore très loin de pouvoir faire face à une telle hypothèse. Rappel : le 27 octobre, les dirigeants des pays de la zone euro ont décidé de porter le FESF de 440 milliards d'euros à 1000 milliards d'euros environ de capacités de prêt grâce à des "effets de levier" permettant d'avoir une plus grande intervention sans augmenter les fonds de départ mis à disposition par les Etats, mais la concrétisation de cet engagement se fait attendre. On imagine donc les sommes colossales qu'il faudrait rassembler en urgence pour combler les besoins de l'Italie et, éventuellement de la France. Et au vu des difficiles négociations qui furent nécessaires pour parvenir à l'accord du 27 octobre, on peut comprendre l'inquiétude des marchés.

le 10 novembre 2011 à 09:34
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5 Commentaires

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  • kosotto1, le 10/11/2011 à 11h24

    Quand on pense qu'en cette période cruciale, le bouclier fiscal est encore maintenu, l'ISF baisse, la niche Copé et d'autres encore perdurent alors que le manque à gagner pour l'état est très important on se dit que c'est une sacrée gabegie ! Nicolas Sarkozy est le fossoyeur de la France !

  • concileo, le 10/11/2011 à 10h48

    On sait pertinemment et depuis longtemps que la France a perdu son AAA, et qu'il ne perdure qu'en raison d'un accord entre nos zélites et les agences de notations pour qu'elles n'y touchent pas avant les élections. Pas besoin d'aller demander au pseudo-économiste Jacques Attali qui s'est déjà monstrueusement planté sur tout (cf. son rapport sur l'Europe et la situation actuelle, ou il dit le contraire de ce qu'il est advenu), même un collégien saurait dire que la France a perdu son AAA. Que l'on arrête un peu de donner du crédit à tous ces économistes du système qui nous ont foutu dedans et n'ont rien vu venir, ou pire, ont menti au peuple, ce sont des incompétents. Ce n'est pas comme s'il manquait d'économistes compétents qui depuis bien avant 2008 ont prédit la crise des subprimes et les suivantes, choses qu'ils ont prédit par des calculs et non pas par la technique dite du doigt mouillé.

  • tequilap, le 10/11/2011 à 10h38

    En voiture Simone !! le bal de la speculation est ouvert !!! et demain prise de bénéfices et après demain "replongeon" ......sur que la crise rapporte ...................malheureusement a toujours les mêmes !!

  • bibi32000, le 10/11/2011 à 10h26

    Il faudrait cesser d'appeler investisseur de simples spéculateurs... Et le système spéculatif de l'argent facile est en cours d'effondrement. Tout simplement.

  • makiawell, le 10/11/2011 à 10h14

    C'est les traders,avec ordres de mission, qui chahutent les places boursières, comme une bandes de voleurscrée la confusion et le chaos, pour dérober sans être vu, et partir sans être pris.

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