Les Bourses décrochent sur fond de discorde entre USA et Europe

Par , le 22 septembre 2011 à 16h22 , mis à jour le 22 septembre 2011 à 22h50

Dossier : Crise financière

Les marchés financiers européens ont plongé jeudi, déçus par les mauvais signaux émis par la Fed et par l'incapacité des gouvernements européens et américain à s'entendre sur la priorité à donner à la relance de la croissance ou au désendettement des Etats.

Les cours des Bourses mondiales dévissent depuis le 1er août 2011.Les cours des Bourses mondiales dévissent depuis le 1er août 2011. © Abaca

Rien ne va plus sur le front boursier. Les inquiétudes sur la croissance américaine et sur la crise de la dette en zone euro ont fait plonger les marchés financiers mondiaux jeudi, déçus de l'incapacité des gouvernements européens et américain à s'entendre sur la priorité à donner à la relance de la croissance ou au désendettement des Etats.
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Plus d'infos

 
Les Bourses européennes ont ouvert en forte baisse, dans le sillage du plongeon en clôture des places asiatiques et de Wall Street la veille, malgré les mesures exceptionnelles annoncées par la Réserve fédérale américaine (Fed) pour stimuler l'investissement. En fin de journée, le CAC 40 a cédé 5,25 % à Paris passant sous la barre des 2800 points. Ailleurs, la tendance est identique : Londres a perdu 4,67% et Francfort 4,96%. De l'autre côté de l'Atlantique, la Bourse de New York a finit jeudi en forte baisse, dans le sillage des marchés européens, les investisseurs exprimant leurs craintes de voir l'économie mondiale plonger en récession: le Dow Jones a perdu 3,51% et le Nasdaq 3,23%.

L'enjeu de la croissance plus fort que la dette
 
Outre les annonces peu reluisantes de la Fed, les places financières attendaient avec fébrilité la réunion des grands argentiers de la planète au sein du G20, organisée dans le cadre de l'assemblée d'automne du Fonds monétaire international (FMI) à Washington. Mais cette réunion semblait mal partie pour offrir aux investisseurs déprimés des perspectives d'évolution positive de la situation puisque rien, au vu des dernières déclarations, ne laissait supposer que l'on soit parvenu à une unité de point de vue sur les mesures à prendre pour sauver l'économie mondiale. Ainsi, alors qu'en Europe, le maître mot semble être la lutte contre la dette publique des pays de la zone euro, les Etats-Unis semblent désormais convaincus que le sauvetage de la croissance est la condition sine qua non pour relancer la machine.
 
Pour preuve, Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a estimé jeudi à Washington que la lenteur de la croissance économique était un défi "plus grand" que celui de la dette et que les Etats du monde entier devaient donner la priorité au soutien à la croissance. "Il faut une croissance plus forte", a-t-il ajouté, vantant le projet de relance de l'économie et de l'emploi présenté le 8 septembre par le président Barack Obama, mais qui a peu de chance d'être approuvé par le Congrès. Le secrétaire du Trésor  a également dit sa crainte de voir les Etats européens en faire trop dans le rééquilibrage de leurs comptes publics, au détriment de la croissance.

Réduire la dette : leitmotiv européen
 
La réponse européenne n'a pas tardé par la voix d'Ollie Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques : le ralentissement de l'économie "n'est pas une excuse pour cesser de mettre de l'ordre dans nos finances publiques", a-t-il asséné jeudi à Washington, avant d'ajouter que les Européens ne permettraient pas un "défaut incontrôlé" de paiement de la Grèce, ni sa sortie de la zone euro.
 
Avant cette dernière déclaration, six pays membres du G20 ont appelé la zone euro à agir contre la dette, dans une lettre commune rendue publique par le gouvernement britannique. Les dirigeants de l'Australie, du Canada, de la Corée du Sud, de l'Indonésie, du Mexique et du Royaume-Uni demandent à la zone euro d'"agir rapidement", dans cette lettre adressée aux autres pays du G20, qui doivent se réunir en sommet à Cannes (sud de la France) en novembre sous la présidence de Nicolas Sarkozy. "Les gouvernements et les institutions de la zone euro doivent agir rapidement pour résoudre la crise de l'euro et toutes les économies européennes doivent affronter le problème de la dette pour empêcher une contagion à l'économie mondiale", ajoutent les dirigeants.

Lagarde prône la synthèse des deux visions
 
Une lettre qui semble aller plutôt dans le sens de la Banque centrale européenne (BCE) qui estime que les déséquilibres budgétaires en zone euro mettent en péril la pérennité de l'Union monétaire européenne, dans un document publié sur son site internet. Et pour sortir de cette situation, la banque européenne ne voit qu'une solution : elle suggère une nouvelle fois de renforcer l'encadrement des finances publiques de chaque pays de la zone euro par une instance supra-nationale pour éviter les dérapages. Une mesure qui va clairement à l'encontre des intentions américaines, en quête de politique de relance.

Parmi ces voix discordantes, une seule personne semble prôner la synthèse des deux points de vue : Christine Lagarde. La directrice générale du Fonds monétaire
international a donné à la fois raison aux Etats-Unis s'ils veulent relancer leur croissance "à court terme" et à l'Europe si elle se donne pour priorité de rééquilibrer ses finances publiques.

Par Laurent Deschamps le 22 septembre 2011 à 16:22
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24 Commentaires

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  • urbacircus, le 23/09/2011 à 01h56

    Quoiqu'il arrive, il est hors de question que les banques gardent l'argent des contribuables en otage. Nous ne sommes pas responsables d'une bande de clowns qui jouent à la roulette avec notre fric. Qu'ils trouvent une solution mais pas touche à ma cagnotte.

  • audeladesmers, le 22/09/2011 à 23h04

    Une nouvelle fois... le prix des carburants, en Europe, est calculé suivant le prix du Brent coté à Londres, et aujourd'hui il cotait 105,50 dollars/baril, en baisse de 3,14 % par rapport à la veille...

  • charles.martel, le 22/09/2011 à 22h32

    Faut laisser couler, avec l'écroulement du système monétaire, c'est toutes les dettes qui vont s'effacer : soigner le mal par le mal.

  • kosotto1, le 22/09/2011 à 22h20

    Montrealaise : si je suis votre raisonnement, l'Europe doit alors aussi s'inquiéter de la même façon pour la situation des Etats Unis, pire encore que la notre, comme l'a rappelé Jean-Claude Trichet dernièrement. Finalement c'est l'inquiétude générale !

  • valeur10, le 22/09/2011 à 21h55

    Comme on dit la bourse ou la vie.

  • lilian832, le 22/09/2011 à 21h17

    La bourse baisse et il faut en parler ok...... mais je ne comprends pas .... le prix du baril de petrole vient de perdre plus de 6 % et est sous les 60 euros et rien dans les infos????? c est parce que l on ne veut pas parler de baisse du prix à la pompe?????

  • vingue, le 22/09/2011 à 21h06

    G20, G7, Commission européenne, Présidence de l'Europe et j'en passe, tous ces cénacles ronronnants participent en fait d'une même mystification : ce sont des velléitaires qui veulent réorganiser des convulsions qui les dépassent. Car, encroûtés dans leurs présupposés idéologiques, ils s'obstinent à proposer des remèdes pires que le mal qu'ils prétendent combattre. Dès lors que leur logiciel est à l'origine des problèmes, il est vain d'y rechercher des solutions. La confiance ne se décrète pas, elle se conquiert et si, en cette occurrence, les marchés sont chroniquement dubitatifs et réagissent fort mal à propos, c'est qu'ils ne sont pas dupes des chaotiques palinodies des intégristes de l'Euro qui persistent dans le déni de réalité. Dès lors que la monnaie unique n'était pas accompagnée d'une gouvernance économique unifiée, ce qui posait le problème de la souveraineté des états, elle devait se limiter à rester une unité de compte facilitant les transactions commerciales internationales (comme l'ECU). On se rend compte aujourd'hui qu'elle est tout-à-fait inappropriée car elle bride la capacité des états à mener des politiques adaptées à leur situation particulière. La myopie des gouvernements européens nous a donc conduits à ce paradoxe : hors de l'Euro il n'y a peut-être pas de salut et dans l'Euro il n'y a plus d'avenir.

  • kosotto1, le 22/09/2011 à 20h44

    Ducana : je ne suis effectivement pas économiste. J'essaie juste de faire preuve de bon sens. Et lorsque je lis que si le vice président de la BCE éternue, les bourses s'effondrent, pardonnez moi, mais j'estime que l'on marche quelque peu sur la tête !

  • montrealaise, le 22/09/2011 à 20h43

    +1 avec ducana, kosotto1 vous n'avez pas tout compris je crois...les marchés sont liés, il est normal que l'Amérique du Nord s'inquiéte (elle a assez de probléme avec son économie)...ça fait des mois que le probléme grecque traine....il est temps pour l'Europe de prendre une décision

  • ducana, le 22/09/2011 à 19h43

    Les économies et les marchés sont liés, et les bonnes gestions, gouvernementale et privée, en font partie. Pour avoir négligé cet état de fait, les grecs sont rattrapés par la réalité économique et la population en paie les frais. Durement. Et ces gens le doivent à l'insouciance de leur gouvernement. Il faut très sérieusement réévaluer les clichés qui opposent politiques et économie, ou "grandes banques": c'est au minimum ignorer les réalités contextuelles et au maximum une réponse un peu trop facile qui frise la démagogie.

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