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DOSSIER : Crise financière

Les créanciers privés ont-ils (enfin) sauvé la Grèce ?


le 08 mars 2012 à 17h36 , mis à jour le 08 mars 2012 à 23h26.
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4min
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ConjonctureSelon une source gouvernementale grecque, l'opération d'effacement de dette du pays dépasse les 85%, seuil minimum à atteindre pour éviter un défaut de paiement désordonné.

 CAC 40 (FR0003500008)

La crise grecque est-elle enfin en train de prendre fin ? En tout cas, selon une source gouvernementale grecque, les créanciers privés ont été suffisamment nombreux à accepter d'effacer une partie de leurs prêts à Athènes. Le seuil du nombre de créanciers représentant plus de 85% de la dette concernée, détenue par les créanciers privés (206 milliards d'euros) aurait été dépassé mercredi soir.

La Grèce avait prévenu que l'opération ne pourrait se dérouler que si un seuil minimum de 75% de participation était atteint, et vise plutôt les 90%.  "Si la Grèce active les clauses d'actions collectives" (Cac) lui permettant de contraindre la minorité de créanciers rétifs possédant des titres grecs à suivre le mouvement, "la participation sera autour de 90% " au final, a d'ailleurs ajouté cette source.

Cette opération consiste à échanger une obligation d'un montant initial de 100 contre des titres d'une valeur de 46,5 en renonçant au reste (les intérêts essentiellement). Concrètement, ils vont recevoir des titres dont la valeur sera inférieure de 53,5%. Il s'agira d'obligations émises par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour 15% de la valeur initiale et de nouvelles obligations grecques pour 31,5%. Les 53,5% restants seront perdus.

"Cela se passe bien"

Des investisseurs (banques, fonds, caisses de retraite..) représentant au moins 61% des 206 milliards de dette grecque en circulation ont déjà signé. Certains médias grecs ont cité des chiffres plus élevés.

Les résultats de l'échange devraient être annoncés sur le site web du ministère des Finances vendredi à 7h. Cela signifie que la Grèce a franchi le seuil minimum de 50% requis pour un accord et qu'elle est presque certaine de dépasser le seuil des deux-tiers nécessaire pour obliger les investisseurs quels qu'ils soient à assumer leurs pertes. "Le rythme des réponses à l'offre (d'échange) d'obligations est bon, le pourcentage de porteurs d'obligations apportant leurs titres de manière volontaire est très élevé", a déclaré à Reuters un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat. "Cela se passe bien, nous sommes optimistes", a-t-il ajouté.

Un des principaux négociateurs pour les porteurs d'obligations, le directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi) Charles Dallara, a dit jeudi anticiper une très forte participation des investisseurs à l'échange de dette grecque. Il a toutefois indiqué n'être pas certain que la participation des investisseurs atteigne le niveau de 90% souhaité par la Grèce. 

Les Bourses étaient également optimistes. Le CAC 40 a terminé à +2,54% jeudi soir, Londres a pris 1,18%, Francfort 2,45%.

Déblocage de l'aide européenne

Plus de 60% des créanciers de la Grèce prendront part à l'échange de dette, a confirmé de son côté le président du Conseil italien Mario Monti, en déplacement à Belgrade (Serbie). Les ministres de la zone euro doivent se réunir vendredi après-midi par téléconférence pour donner leur feu vert définitif au déblocage de l'aide de 130 milliards d'euros. "Si tout va bien, nous pourrons annoncer demain que le peuple grec a été allégé d'un fardeau de 105 milliards d'euros de dette", a déclaré le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos devant le parlement."Pour la première fois, nous réduisons notre dette au lieu de l'accroître."

Le Fond monétaire international a fait savoir pour sa part qu'il prévoyait de se réunir autour du plan de sauvetage grec le 15 mars (au lieu du 13).

Mercredi soir, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn avait demandé aux investisseurs de participer à l'offre en laissant entendre qu'il ne servait à rien de tergiverser et qu'ils n'obtiendraient pas mieux en cas de rejet. La perte que doivent enregistrer les investisseurs en échangeant leurs anciens titres contre des nouveaux est de 53,5% en termes nominaux. En termes de valeur nette actuelle, c'est-à- dire en prenant en compte les intérêts futurs, la décote sera en fait de 73 à 74%. Selon un banquier ayant requis l'anonymat, le taux d'acceptation (de l'échange de dette) finira sans doute proche de 80%, ce qui permettra d'activer les clauses d'actions collectives, les Cac, qui permettront de rendre l'accord imposable à la totalité des détenteurs des 177 milliards d'euros de dette de droit grec en circulation.

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  • alkira200 : J'ajouterai que ces spéculateurs n'en ont rien à cirer de ruiner l'économie d'un pays , d'un peuple, tant qu'ils font des profits ...

    Le 09/03/2012 à 16h21
  • alkira200 : Si vous vous intéressiez au fonctionnement de ces CDS, vous verriez vite que les fonds spéculatifs ont intérêt à ce que la Grèce soit à la limite de la cessation de paiement, sans jamais l'atteindre, ce qui explique ces demi-plans de sauvetage qui n'en sont pas !

    Le 09/03/2012 à 15h41
  • alkira200 : Hé oui, on efface une partie de la dette grecque pour leur prêter 130 milliards! Avec intérêts bien sûr! Vous êtes surs qu'on aide la Grèce, là ?

    Le 09/03/2012 à 14h29
  • spoutnik48 : Après avoir foutu le feu en spéculant et s'en être mis plein les poches voilà no chères fonds privés qui jouent les pompiers, cette farce ne va pas pouvoir durer très longtemps, solidarité avec le peuple grec, qui contrairement à ce que la propagande médiatique dominante affirme est un des plus laborieux d'Europe! les peuples doivent réagir à ces attaques du capitalisme financier qui piétine la démocratie.

    Le 09/03/2012 à 12h47
  • jym29 : C'est plus complexe que ça, et pas besoin de lire la presse étrangère pour avoir des infos correctes...

    Le 09/03/2012 à 10h28
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