Les gouvernements s'en vont, la crise s'envenime...

Par L.D., le 09 novembre 2011 à 22h34 , mis à jour le 09 novembre 2011 à 23h14

La démission désormais officielle de Georges Papandréou en Grèce et celle, annoncée, de Silvio Berlusconi en Italie n'ont pas suffi à désamorcer mercredi la crise dans la zone euro, dont l'éclatement n'est plus un scénario de science fiction. En Europe et aux USA, les bourses ont toutes cédé au pessimisme.

Les gouvernements européens chutent mais la crise demeure. La démission désormais officielle de Georges Papandréou en Grèce et celle, annoncée, de Silvio Berlusconi en Italie n'ont pas suffi, et loin s'en faut, à désamorcer mercredi la crise dans la zone euro, dont l'éclatement n'est plus un scénario de science fiction.
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Plus d'infos

 
D'abord ravis de voir le président du conseil italien Silvio Berlusconi qu'ils poussaient vers la sortie annoncer sa démission prochaine, les marchés ont très vite renoué mercredi avec le doute et le pessimisme, s'interrogeant sur la réalité du départ du Cavaliere et des mesures d'austérité annoncées. Le quotidien italien Corriere della Sera s'est ainsi inquiété de cette "démission au ralenti" du Cavaliere, 75 ans, vilipendé par les marchés dans une Italie placée sous la surveillance du FMI lors du G20 de Cannes, la semaine dernière. 
 
Vu des marchés et plus précisément de la banque suisse UBS, "trois options" s'offrent désormais à Rome: un gouvernement de centre droit "qui paraît improbable", un gouvernement d'union nationale "qui aurait la faveur des marchés" et des élections générales, synonymes "d'inertie" et "d'incertitude". Or, c'est précisément cette incertitude qui a fait plonger les marchés mercredi. Du coup, le taux à 10 ans des obligations italiennes a atteint un nouveau record absolu depuis la création de la zone euro, dépassant largement les 7% en fin de matinée, un niveau jugé insoutenable pour les finances publiques italiennes. Du côté des marchés financiers, c'est la dégringolade. Les Bourses européennes ont fini la séance en forte baisse. En première ligne, Milan a clôturé sur une chute de 3,78%, tandis que Paris et Francfort abandonnaient autour de 2,2%. La panique a atteint les Etats-Unis où Wall Street a également clôturé en baisse à -3,20% pour le Dow Jones et -3,88% pour le Nasdaq.

"La France a perdu son triple A"
 
La France, deuxième économie de la zone euro, a elle aussi été l'objet des attaques des marchés. L'écart entre le taux des emprunts de l'Etat français et celui de l'Allemagne, référence économique des marchés, n'a jamais été aussi important depuis plus de 20 ans. Et, dans une interview à la Tribune à paraître jeudi, l'économiste Jacques Attali est plus que jamais pessimiste pour Paris : la France n'a aucun espoir de conserver son "triple A" qui lui permet d'emprunter à bas coût sur les marchés financiers. L'économiste affirme en outre que les mesures d'austérité que vient d'annoncer le Premier ministre François Fillon ne sont pas à la hauteur et que le gouvernement devrait augmenter plus fortement les impôts. Jacques Attali est sans appel : "La France a de facto perdu son triple A", déclare-t-il. "Inutile de s'acharner sur cette note".
 
Une contagion de la crise à l'Italie, troisième économie de la zone euro dont la dette atteint 1900 milliards d'euros (120% du PIB), et a fortiori à la France, mettrait à genoux l'ensemble de la zone euro, où le Fonds d'aide, le FESF, est encore très loin de pouvoir faire face à une telle hypothèse. Rappel : le 27 octobre, les dirigeants des pays de la zone euro ont décidé de porter le FESF de 440 milliards d'euros à 1000 milliards d'euros environ de capacités de prêt grâce à des "effets de levier" permettant d'avoir une plus grande intervention sans augmenter les fonds de départ mis à disposition par les Etats, mais la concrétisation de cet engagement se fait attendre. On imagine donc les sommes colossales qu'il faudrait rassembler en urgence pour combler les besoins de l'Italie et, éventuellement de la France. Et au vu des difficiles négociations qui furent nécessaires pour parvenir à l'accord du 27 octobre, on peut comprendre l'inquiétude des marchés.

"Une vie après l'euro ?"
 
Dans ce climat de forte incertitude, certains n'hésitent plus à envisager publiquement l'éclatement de la zone euro. Les exportateurs allemands "peuvent vivre sans l'euro", a ainsi déclaré mercredi le président de leur fédération, le BGA, Anton Börner, s'inscrivant en faux contre les discours politiques qui présentent la monnaie unique comme une nécessité vitale pour l'économie du pays. "Y a-t-il une vie pour l'Allemagne après l'euro ? Oui, il y en a une", a encore affirmer M. Börner. Prenant le contre-pied de cette déclaration, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a déclaré mercredi soir à Berlin qu'à terme, "tous les pays de l'Union européenne devraient avoir l'euro comme monnaie".  La monnaie unique est "le coeur de l'UE", a dit M. Barroso, "appartenir à l'euro ou s'employer à y appartenir devrait définir l'UE". Une fois passée la crise actuelle, "notre objectif ne doit pas être de restaurer le statu quo ante, mais d'avancer vers quelque chose de nouveau, et de meilleur", a-t-il encore ajouté, "(...) une union de stabilité mais aussi de solidarité".
 
Dans ce climat plutôt sombre, le ciel s'éclaircissait en revanche à Athènes où Georges Papandréou a officiellement démissionné et où un gouvernement de coalition, réunissant socialistes et conservateurs, est en cours de formation. Mais le nom du futur Premier ministre grec, attendu dans la soirée, ne sera pas connu avant jeudi au plus tôt, selon un communiqué officiel.

Par L.D. le 09 novembre 2011 à 22:34
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41 Commentaires

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  • kosotto1, le 10/11/2011 à 11h04

    Vous oubliez sans doute tous les cadeaux faits à la Chine par la France sarkozyste. Nos brevets, notre technologie, notre savoir-faire, bradés pour quoi en retour ? la perte d'une partie de notre souveraineté. On leur a tout cédé. Et ça c'est de la politique économique française et pas européenne ! Et on a été bien moins regardants sur les droits de l'homme chinois, que sur les droits de l'homme libyen !

  • cathare99, le 10/11/2011 à 09h02

    Le probleme ne vient pas du FMI, mais des endettements excessifs des etats,nous avons vecus au dessus de nos moyens," a credit ":le reve est termine et il va falloir payer l'addition.

  • lebressan01190, le 10/11/2011 à 08h52

    A J.bon qui a voté pendant 15 ans des budget en déficit quand il était député? je suis d'accord il n'était pas tout seul mais il l'a fait vive la gauche

  • ligeia22400, le 10/11/2011 à 08h51

    L'italie a eu son prototype de dsk, un type qui s'interesse plus à ce qui se passe dans son pantalon qu'au reste des choses n'est pas fait pour gouverner un pays, il y a des gens à qui rien ne sert jamais de lecon decidement, remarquez en france ca ne m'etonne pas vu qu'on condamne plus lourdement les crimes contre l'argent que les agressions sexuelles, demandez vous ou est l'erreur, sauver l'euro qui est deja agonisant et une europe completement desorganisee ou sauver l'honneur qui devrait nous representer ? visiblement votre choix est deja fait, j'ai honte pour vous....merci de me publier

  • 732..poitier, le 10/11/2011 à 08h50

    Vous ne faites que ça à longueur de forum..

  • 732..poitier, le 10/11/2011 à 08h49

    Dsk certes ....mais on ne peut être au four et au moulin.....

  • logique73, le 10/11/2011 à 08h40

    Pendant que Merkel relance (en douce) son "deutsch mark", nous, nous blablatons comme d'habitude ! L'euro est foutu, Barroso s'accroche et nous bassine, Baroin perd les pédales et la banque de France roupille ! il nous manque un homme (ou une femme) de poigne qui dise clairement NON et qui reprenne le destin de la France en main. Comme d'habitude le "Coq" va attendre d'avoir les pattes dans le fumier. D'autres pays vivent avec leur propre monnaie et vivent bien !

  • j.bon, le 10/11/2011 à 08h22

    En tout cas peut être ne nous y aurait il pas mis et même dans ce cas les 300 milliards de dettes supplémentaires n'auraient pas servir a enrichir les déjà riches !

  • kaspalatete, le 10/11/2011 à 08h13

    Oui, arrêtons de faire de la politique, arrêtons de voter, cela ne sert à rien....On n'en a la preuve...Les élections, c'est inutile, les Marchés s'en occupent fort bien à notre place. Alors pourquoi se fatiguer, et puis en plus les Marchés, çà n'existe pas physiquement. Donc, on ne peut pas leur faire la guerre ou les renverser le printemps venu. Cela aussi, cela coûte moins cher....Tout cet argent, qu'on va pouvoir mettre dans la Dette plutôt que dans des missiles ou des avions ou dans twitt-book

  • seiyar70, le 10/11/2011 à 08h13

    Kosotto1 a décidément un problème de fixation sur Sarkozy pour occulter volontairement la réalité des faits. Ce n'est pas Sarkozy qui a choisit la Chine mais les 17 pays de la zone euro , alors allez soigner votre paranoia

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