Libye : qui va gagner des milliards ?

Par C.GC., le 31 août 2011 à 16h18 , mis à jour le 01 septembre 2011 à 10h18

Dossier : Libye, l'après Kadhafi

En Libye, la bataille économique a commencé pour décrocher les contrats de la recontruction. La France est parmi les pays mieux placés dans ce juteux marché, au contraire d'autres Etats qui vont payer commercialement leur manque de soutien à la rébellion libyenne.

Libye rebelle pétrole raffinerie © Abacapress

Le gouvernement de transition rebelle l'a annoncé dès la semaine dernière : la Libye "honorera les contrats" passés par Kadhafi. Mais concernant la reconstruction du pays, le numéro un du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a promis que les Etats seraient récompensés "en fonction du soutien" apporté aux insurgés. Et là, la donne va changer pour certains pays occidentaux.

  • Air France devrait rénover les avions libyens

    La compagnie aérienne français va assurer la maintenance des avions endommagés de deux de ses homologues libyennes, a annoncé mardi le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche. Mais la Libye entend bien revoir les contrats signés afin de "s'assurer qu'ils servent les intérêts du peuple libyen".

    Publié le 20/12/2011 Air France devrait rénover les avions libyens
  • Libye : un fils Kadhafi prêt à se rendre, un autre appelle à résister

    Saadi Kadhafi a déclaré mercredi soir être prêt à se rendre et à négocier avec les rebelles. A l'opposé, son frère, Seif al-Islam affirmait dans un message sonore diffusé par la télévision Arrai se trouver dans la banlieue de Tripoli et appelait à "résister".

    Publié le 31/08/2011 Libye : un fils Kadhafi prêt à se rendre, un autre appelle à résister
  • Libye : les pro-Kadhafi noirs maltraités par les rebelles

    L'organisation non-gouvernementale Amnesty International alerte sur les mauvais traitements infligés par les rebelles aux Africains noirs et sub-sahariens pro-Kadhafi.

    Publié le 31/08/2011 Libye : les pro-Kadhafi noirs maltraités par les rebelles
  • Libye : la famille Kadhafi crée le clash entre l'Algérie et les rebelles

    Le Conseil national de transition, désormais au pouvoir à Tripoli, critique vivement l'accueil de la femme de Mouammar Kadhafi et de trois de ses enfants par Alger. Les autorités algériennes parlent de "décision humanitaire", alors qu'Aïcha Kadhafi vient d'accoucher d'une petite fille.

    Publié le 30/08/2011 Libye : la famille Kadhafi crée le clash entre l'Algérie et les rebelles
  • Libye : la bataille de Syrte, dernier bastion de Kadhafi

    Alors que des explosions retentissent encore périodiquement à Tripoli, les rebelles convergent vers Syrte, ville natale du "guide" libyen et dont il avait fait un important centre de pouvoir. Celui-ci est introuvable mais des membres de sa famille sont passés en Algérie lundi.

    Publié le 29/08/2011 Libye : la bataille de Syrte, dernier bastion de Kadhafi
  • Libye : l'Onu débloque 1,5 milliard de dollars pour la reconstruction

    Le Conseil de Sécurité de l'Onu a annoncé, jeudi, que 1,5 milliard de dollars d'avoirs libyens gelés seront débloqués pour financer une aide d'urgence à la reconstruction du pays. Kadhafi était toujours introuvable tandis que les combats se poursuivaient dans le pays, et en particulier à Tripoli.

    Publié le 25/08/2011 Libye : l'Onu débloque 1,5 milliard de dollars pour la reconstruction
  • Libye : Kadhafi wanted, "mort ou vif"

    La rébellion a annoncé, mercredi, une récompense de 1,7 million de dollars pour ceux qui leur apporteraient la tête de Kadhafi, "mort ou vif". Le "Guide" restait toujous introuvable au lendemain de la prise de son QG par les insurgés.

    Publié le 24/08/2011 Libye : Kadhafi wanted, "mort ou vif"
  • Conférence des "amis de la Libye" le 1er septembre à Paris

    Une conférence des "amis de la Libye" aura lieu le 1er septembre à Paris, a indiqué mercredi Nicolas Sarkozy à l'issue d'une rencontre avec le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril. Il a précisé que les opérations militaires cesseraient dès que Kadhafi ne représenterait plus "une menace" pour le peuple libyen.

    Publié le 24/08/2011 Conférence des "amis de la Libye" le 1er septembre à Paris
  • Le Premier ministre de la rébellion libyenne à l'Elysée

    Nicolas Sarkozy recevait mercredi en fin d'après-midi à l'Elysée le Premier ministre libyen du Conseil National de transition (CNT) pour définir les modalités d'action de la communauté internationale dans son soutien à la rébellion. Paris se veut désormais un interlocuteur incontournable dans la résolution du conflit libyen.

    Publié le 24/08/2011 Le Premier ministre de la rébellion libyenne à l'Elysée
  • Les incertitudes de l'après-Kadhafi

    <b>Revue de presse - </b>Alors que le régime de Kadhafi ne contrôle plus la Libye et que le "guide" libyen se terre dans un lieu inconnu, la presse française salue la fin du régime tout en s'interrogeant sur l'avenir du pays.

    Publié le 23/08/2011 Les incertitudes de l'après-Kadhafi
  • Libye : avant la chute, les Occidentaux prévoient déjà l'après-Kadhafi

    Après la prise de Tripoli par les rebelles, les Occidentaux -Paris et Londres en têtes- sont déjà dans les préparatifs en vue de la future administration libyenne. Objectif : éviter les représailles et la partition du pays après 40 ans de gestion autoritaire.

    Publié le 22/08/2011 Libye : avant la chute, les Occidentaux prévoient déjà l'après-Kadhafi
  • Libye : "Merci l'Otan, merci la France, vive Sarkozy"

    A Tripoli et dans tout l'Ouest de la Libye, des banderoles de rebelles remerciant l'action militaire menée par les Occidentaux fleurissent sur les murs et aux frontières. Selon le CNT, la prochaine constitution libyenne va reposer sur trois principes : "Liberté, égalité, fraternité".

    Publié le 25/08/2011 Libye : "Merci l'Otan, merci la France, vive Sarkozy"
  • Libye: la France en pôle position pour reconstruire le pays

    L'engagement militaire de la France, vivement critiqué au début de l'intervention occidentale en Libye, devrait permettre aux entrerpises françaises de jouer un rôle important dans la reconstruction des infrastructures du pays.

    Publié le 24/08/2011 Libye: la France en pôle position pour reconstruire le pays
  • Les Kadhafi : portrait d'une fratrie tumultueuse

    Alors que les forces du gouvernement lybien de transition annoncent (CNT) annoncent la mort de Kadhafi jeudi, la fratrie, au coeur de l'appareil sécuritaire et économique, s'est aussi désagrégée.

    Publié le 20/10/2011 Les Kadhafi : portrait d'une fratrie tumultueuse
  • Libye: voici les successeurs potentiels de Kadhafi

    <b>En images - </b>Alors que le régime Kadhafi ne tient plus qu'à un fil, plusieurs noms se dégagent pour lui succéder.

    Publié le 22/08/2011 Libye: voici les successeurs potentiels de Kadhafi
Plus d'infos

Les grands gagnants : la France, l'Italie et le Qatar

La France, première nation à avoir reconnu le CNT et plaidé en faveur d'une intervention militaire, bénéficie d'une grande popularité auprès des Libyens. Cet engagement diplomatique français paie déjà sur le terrain économique. Michel Casals, président de la chambre de commerce franco-libyenne, confirmait à LCI la semaine dernière les bonnes dispositions des nouveaux décideurs libyens envers les entreprises françaises. "Les risques qui ont été pris que ce soit (...) politiques puis militaires seront reconnus et feront historiquement de la France un partenaire privilégié", déclarait-t-il à l'issue d'une rencontre à Benghazi avec des pairs libyens.

Ainsi, Total est déjà dans les starting-blocks pour débuter le chantier prioritaire de la reconstruction: le redémarrage de la production pétrolière. Selon le quotidien Libération, le CNT a informé en avril l'émir du Qatar de la signature d'un accord "attribuant 35% du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent" à son action. Même si jeudi le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, affirmait ne pas avoir "connaissance d'accord formel", il reconnaissait que la démarche du CNT consistant à privilégier économiquement ses principaux soutiens lui paraissait "assez logique et juste".
Cet accord, s'il se confirmait, serait synonyme de jackpot pour le géant français du pétrole. La Libye, surnommée le "pauvre riche Etat pétrolier", dispose de réserves pétrolières, les plus importantes d'Afrique avec 44 milliards de barils, jusqu'ici considérées comme sous-exploitées. Or la production de pétrole, qui constituait avant le conflit 95% des revenus d'exportation du pays, a chuté sous les 4% depuis le début du conflit, selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie. Une manne pétrolière en vue pour Total mais aussi gazière pour le groupe français GDF Suez. Des négociations seraient en cours entre ce dernier et les insurgés. GDF Suez, qui n'est pas implanté en Libye, se refuse pour le moment à commenter l'information.

Concurrence acharnée en vue pour Total
 
Mais les géants français du secteur énergétique devront se frotter à des concurrents de poids. Le premier est le groupe italien Eni, principal producteur étranger de pétrole en Libye sous l'ère Kadhafi, présent dans le pays depuis 1959. L'Italie, d'abord hésitante à soutenir la rébellion dans la première phase du soulèvement, a depuis comblé son retard, notamment en débloquant avant tout le monde le 25 août dernier, une première aide de 350 millions d'euros pour la reconstruction libyenne. En outre, même si le CNT compte revoir ses partenariats commerciaux, il n'est pas question de grand chamboulement au niveau des opérateurs pétroliers. "Les installations (pétrolières) ont été construites par des Italiens (...) il est clair qu'Eni jouera le premier rôle (en Libye) à l'avenir", a ainsi rappelé le ministre italien des affaires étrangères Franco Frattini.
Enfin, selon les analystes, le Qatar, qui a apporté une importante aide militaire au CNT, devrait aussi bénéficier de l'ouverture du marché pétrolier. 

La Russie, hors jeu commercial ?

En revanche, les partisans d'une non-ingérence en territoire libyen vont certainement perdre du terrain sur le front commercial. "Nous n'avons pas un problème avec les pays occidentaux comme les entreprises italiennes, françaises et britanniques. Mais nous pouvons avoir quelques problèmes politiques avec la Russie, la Chine et le Brésil", avertissait le 22 août le directeur de l'information de la compagnie pétrolière pro-rebelles AGOCO. Deux jours plus tard, un représentant du CNT enchérissait en montrant du doigt les pays "très lents" à apporter leur soutien à la rébellion "comme la Chine et la Russie". Moscou et Pékin s'étaient ainsi abstenus en mars dernier lors du vote au Conseil de sécurité pour une intervention internationale. Depuis ils n'ont eu cesse de prôner la fin de l'ingérence et une solution négociée.

Viktor Kremeniouk, analyste politique à l'Académie russe des sciences, explique ainsi que la présence russe en Libye "a été possible grâce à l'alliance avec Kadhafi" permettant de conclure " des contrats sur des ventes d'armements, la construction de voies de chemin de fers, des projets pétroliers". "Evidemment, le départ de Kadhafi signifie la fin de nos intérêts" dans le pays, estimait l'expert. Dès le mois de mars, l'entreprise publique russe chargée des exportations d'armements, Rosoboronexport, évaluait à quatre milliards de dollars le manque à gagner entraîné par l'embargo décrété fin février par l'Onu sur la vente d'armes à la Libye, dans le cadre des sanctions contre Mouammar Kadhafi.

Aujourd'hui les entreprises russes sont conscientes qu'il faudra du temps pour normaliser leurs relations commerciales avec la rébellion. A l'instar du PDG de la compagnie de chemins de fer russe RZD qui estimait que "ce n'est pas l'affaire d'une seule année". Sa société, chargée par le régime Kadhafi de construire la ligne Syrte-Tripoli pour un montant de 2,5 milliards d'euros, a depuis la guerre civile suspendu son projet, sans certitude de le voir repartir prochainement. "Même si ce chantier est important pour la Libye, rien ne dit que les Libyens ne choisiront pas les Français ou les Italiens", confiait-il au quotidien russe Vedomosti. Déjà Moscou tente de se rattraper diplomatiquement en reconnaissant jeudi la légitimité du CNT. Un premier pas mais trop tardif. Dmitri Medvedev devra sûrement consacrer plus de moyens pour reconquérir le CNT s'il veut revenir sous de meilleurs auspices économiques.

Et les anglosaxons ? 

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, favorables à l'intervention militaire internationale en Libye, sont beaucoup plus mesurés en termes économiques. La plupart des géants pétroliers américains comme Marathon, ConocoPhillips ou Hess, ont adopté une attitude prudente concernant la Libye. "Ils sont simplement en train d'attendre et d'essayer de déterminer qui dirige ce pays", indique un consultant qui conseille plusieurs entreprises américaines à propos de la Libye. Le pétrolier britannique, British Petroleum, qui ne produisait pas encore dans le pays, a dit vouloir y retourner pour reprendre ses explorations, mais sans donner de calendrier. Serait-ce le calme avant la guerre économique totale en Libye ?

 

Par C.GC. le 31 août 2011 à 16:18
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

53 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • bernard0084, le 21/12/2011 à 08h36

    On va peut être arriver à leur vendre quelques rafales et le stock d'armes que Kadhafi avait promisd'acheter en 2007 à sarkozy

  • sky_92, le 01/09/2011 à 13h48

    Hulk1975: a la différence près que la France n'a pas eu de feu vert sur la syrie, mais sur la Lybie.. les américains ne veulent pas intervenir en Syrie et ne veulent donc pas donner possibilité à d'autres nations de le faire.. C'est l'ONU qui décide, pas la France..

  • quincy08, le 01/09/2011 à 13h29

    Et les pertes côté lybien?? N'oubliez pas les civils innocents qui sont morts là-bas. Merci

  • rose-marie54, le 01/09/2011 à 13h21

    Répondre à dom145,la France a des intérêts chez Total

  • rose-marie54, le 01/09/2011 à 13h18

    @wikiss, leGl de Gaulle disait,il n'y a pas d'amitié entre les peuples, que des intérêts

  • audeladesmers, le 01/09/2011 à 13h18

    @kosotto1. "En Lybie c'est... " En LIbYe, :-)

  • rose-marie54, le 01/09/2011 à 13h16

    @humanoÏde, c'est encore à voir

  • fbott, le 01/09/2011 à 12h34

    Un peu gonflant ceux qui crachent systématiquement sur Total, vous roulez bien à l'essence, que je sache, comme moi ! Total, c'est des milliers d'emploi en France, des milliers de stations services en France, un leader mondial du pétrole et du gaz, alors, oui, je préfère que ce soit Total qui est une place de choix en Libye, lors de la reconstruction à venir ce de pays, plutôt que les chinois ou les russes qui n'ont pas bougé un doigt dans cette affaire. Qui a pris le risque, car c'en était un, de presser la communauté internationale d'adopter une résolution pour sanctionner les violences et autoriser un recours à la force, notre président. Qui a été en première ligne, aux côtés des britanniques, des américains, au début, lorsqu'il a fallu faire feu, la France. Qui a reçonnu en premier le CNT, la France. Alors, oui, si notre pays, empêtré dans ses doutes et ses déficits, peut "profiter" d'avoir eu raison pour en tirer un profit économique, c'est parfait. Vous voudriez voir la Chine leur vendre leur merveilleux TGV (vous savez, celui qui s'est cassé la geule dans un ravin et que les autorités de ce pays se sont empressées d'enterer, avant de le deterer, sous la pression populaire). Moi, je préfère qu'ALST

  • darius92, le 01/09/2011 à 12h17

    Vous préférez peut-être les anglais BP ou les italiens ENI ? C'est vraiment incroyable ces réactions.

  • kosotto1, le 01/09/2011 à 11h13

    Sky92 : oui ça se sauraiT !

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience