La Bourse de Madrid a particulièrement accusé le coup, terminant en chute de 5,16%, tandis que la Bourse de Milan reculait de 4,64%. Le CAC 40 de la Bourse de Paris a cédé 2,68% et le Dax de la Bourse de Francfort de 2,20%. En revanche, la Bourse de Londres a mieux résisté, limitant ses pertes à -0,88%. Wall Street était à l'unisson: vers 18h, le Dow Jones perdait 1,25% et le Nasdaq 0,81%.
Lors d'une conférence de presse à Francfort, M. Draghi a déclaré que de nouvelles mesures non-conventionnelles de la BCE étaient "possibles" et a rappelé qu'elle pouvait intervenir sur le marché obligataire pour atteindre son objectif de la bonne transmission de sa politique monétaire, mais à condition que les gouvernements concernés en fassent la demande.
Autrement dit, la BCE ne rachètera de la dette espagnole que si Madrid le demande et accepte de se soumettre à des conditions de la part de ses partenaires européens, une option que le gouvernement espagnol a jusqu'à présent rejeté.
"Les gouvernements doivent continuer les efforts de consolidation budgétaire, de réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et de réformes institutionnelles au niveau européen", a-t-il ajouté, assurant que l'"euro était irréversible". M. Draghi a qualifié d'"inacceptables" l'envolée des taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie, malgré les efforts déployés par la zone euro pour sortir de la crise.
Les taux espagnols au dessus de 7%
Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Italie est pourtant remonté au-dessus des 6% pendant son intervention. Vers 18H00, le rendement italien, qui évolue en sens inverse du prix et de la demande, montait à 6,327% (contre 5,931% mercredi à la clôture). A la même heure, celui de l'Espagne grimpait 7,165% (contre 6,732% la veille à la clôture).
"Les investisseurs sont restés sur leur faim. Mario Draghi n'a formulé aucun calendrier et n'a fait aucune annonce concrète, ni en terme de baisse des taux, ni en terme d'intervention sur le marché de la dette", a expliqué Alexandre Baradez, analyste de Saxo banque. "Clairement le marché est déçu d'autant que les espoirs étaient grands", a-t-il ajouté, notamment depuis un discours volontariste de M. Draghi jeudi dernier à Londres, qui avait largement soutenu la tendance sur les marchés.
"Les marchés n'ont plus le vent divin dans leur dos", a conclu Yves Marçais, vendeur d'actions de Global Equities, qui ajoute toutefois que les investisseurs vont désormais se concentrer sur le chômage américain publié vendredi, un indicateur très attendu chaque mois.








