Moody's dégrade les notes de la SoGé et du Crédit Agricole

le 14 septembre 2011 à 07h59 , mis à jour le 14 septembre 2011 à 16h25

La dégradation redoutée est arrivée : l'agence d'évaluation financière Moody's a abaissé d'un cran la note des banques Société Générale et Crédit Agricole. Elle n'a en revanche pas touché à celle de BNP Paribas. Le gouverneur de la Banque de France écarte toute idée de nationalisation.

 
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  • "Il n'y a pas de risque de faillite dans les banques françaises"

    François-Xavier Piétri, chef du service Economie de TF1 et LCI, estime que même si la Grèce n'arrive pas à rembourser ses prêts, les banques françaises ne sont pas menacées de faillite.

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  • Besson : évoquer une nationalisation des banques est "prématuré"

    Le ministre de l'Industrie a jugé lundi sur BFM TV qu'il était "totalement prématuré et à côté du sujet" d'envisager une nationalisation partielle des banques françaises, qui se trouvent dans le collimateur des marchés depuis plusieurs semaines.

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Plus d'infos

Les rumeurs qui couraient depuis la fin de la semaine dernière se sont trouvées confirmées mercredi matin, au lendemain d'une journée de folles rumeurs à la Bourse de Paris qui a vu, notamment, les actions des banques jouer au yo-yo, perdant pour certaines jusqu'à 13% de leur valeur avant de repasser dans le vert : l'agence Moody's a annoncé le déclassement d'un cran des notes du Crédit agricole et de la Société générale. Dans le cas de Crédit Agricole SA, dont la note passe de "Aa1" à "Aa2", la décision est liée à l'exposition à la Grèce, tandis que dans celui de Société Générale, dont la note est rétrogradée de "Aa2" à "Aa3", la révision tient à la réévaluation de l'aide que pourraient fournir les pouvoirs publics en cas de crise grave. En revanche, elle a maintenu la note de BNP Paribas, qui est toutefois toujours placée "sous surveillance négative", ce qui signifie qu'elle n'est pas à l'abri d'une dégradation. Dans le cas du Crédit Agricole enfin, Moody's juge que si le groupe affiche des ressources en fonds propres "considérables" pour absorber des pertes potentielles liées à la Grèce, son exposition elle-même "est trop importante pour correspondre aux notes actuelles" de la banque.

Evidemment, cette dégradation n'est pas sans conséquence. Le titre de la banque française a chuté lourdement en milieu d'après-midi, perdant plus de 7%, accélérant sa chute au moment où les opérateurs américains arrivaient sur le marché, après avoir vu sa note dégradée par Moody's.

Réagissant à la dégradation de sa note, la Société générale, dans un communiqué publié à la suite de l'annonce de Moody's, a estimé qu'elle avait démontré sa capacité à gérer avec efficacité la situation sur la crise de la dette en Grèce et qu'elle avait pris les mesures appropriées pour conforter son profil de refinancement. La BNP Paribas pour sa part, qui conserve sa note in extremis, a annoncé une série de mesures pour renforcer son capital (en portant son ratio fonds propres/crédits à 9% début 2013, un objectif très ambitieux) et sa capacité à se financer. L'agence de notation, loin de prendre les marchés par surprise, avait annoncé mi-juin qu'elle pourrait abaisser la note de ces banques du fait de leur exposition à la Grèce. 

Une nationalisation partielle n'aurait "aucun sens"

De quoi relancer les rumeurs sur une possible nationalisation partielle des banques vues comme les plus fragilisées... Une hypothèse de plus en plus évoquée, pour les protéger contre les secousses boursières, l'arrivée de fonds publics dans leur capital étant censée avoir un rôle stabilisateur. Un dernier recours ? Le gouvernement le refuse haut et fort. 

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, l'a rappelé une nouvelle fois ce mercredi, alors même que la dégradation des notes des deux banques françaises venait d'être annoncée par Moody's : une nationalisation n'aurait "aucun sens". Il a même voulu voir cette dégradation largement anticipée par les marchés comme une "relativement bonne nouvelle" - sous-entendu : on aurait pu voir pire... Et il a réaffirmé que les banques françaises "n'ont pas besoin d'argent frais". Des propos qui devraient rassurer, alors que les banques françaises sont considérées comme très bien capitalisées et n'ayant pas de problèmes de liquidités. Le problème est que de l'autre côté de l'Atlantique, Christine Lagarde s'en prend aux problèmes de toutes les banques européennes, sans nécessairement distinguer les cas des banques de tel ou tel pays, et prône de manière répétée une recapitalisation. 

"Nous n'essayons pas de montrer du doigt"

Or l'ancienne ministre française de l'Economie, désormais directrice générale du Fonds monétaire international, a une nouvelle fois justifié mardi, dans un entretien au Wall Street Journal, son appel à renforcer le capital des banques européennes, affirmant qu'il y allait de la santé économique du continent. "Nous n'essayons pas de montrer du doigt", s'est-elle justifiée. Tout en expliquant que, sous-capitalisées, les banques ne pourraient pas soutenir l'activité. "Nous voyons cela comme une menace pour la croissance. Les économies ont besoin de croissance. Pour qu'il y ait croissance, il faut des crédits", a-t-elle déclaré.

Le point focal de cette crise qui fait osciller les valeurs bancaires étant la dette grecque, la semaine s'annonce cruciale sur ce thème. Ce mercredi, une réunion d'urgence du FMI doit se tenir sur la Grèce, tandis que le Premier ministre grec doit s'entretenir par vidéo-conférence avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ; ensuite, les ministres des Finances de la zone euro, puis de l'Union européenne se réuniront vendredi et samedi en Pologne pour tenter de boucler le deuxième plan d'aide à la Grèce de près de 160 milliards d'euros, promis au pays le 21 juillet. Les marchés semblent néanmoins douter des capacités des politiques à se mettre d'accord et donc à reprendre la main face à la crise, notamment après la réunion du G7 de vendredi et samedi dernier, qui n'a débouché sur "aucune mesure concrète", selon un analyste. L'hypothèse d'une faillite de la Grèce, voire de sa sortie de la zone euro, ne cesse donc de gagner du terrain et de peser sur les marchés.

 
 
 
 

 

La solution d'Aubry : une banque publique européenne

Martine Aubry propose dans une tribune publiée dans Les Echos des solutions "pour sortir de la crise", préconisant notamment la création d'une banque publique européenne pour lutter contre la spéculation. "La spéculation contre la zone euro est massive", relève-t-elle, estimant que dans ce contexte, "l'Europe doit se ressaisir" et la "France et l'Allemagne doivent agir de concert pour sauver à la fois la zone euro et la croissance européenne - c'est l'urgence - mais aussi pour porter une autre Europe". Elle recommande donc de transformer le Fonds de stabilisation financière en "banque publique européenne... disposant d'un capital propre, émettant des euros-obligations, et intervenant sur le marché de la dette souveraine". Dotée d'un capital de 200 milliards, cette BPE pourrait lever jusqu'à 2000 milliards, "ce qui représente les ordres de grandeur nécessaires pour casser la spéculation", souligne-t-elle. La candidate à la primaire socialiste propose également de "séparer les banques d'affaires et les banques de dépôt", de "créer une agence de notation indépendante" ou encore "d'interdire les produits dangereux comme les ventes à découvert".

le 14 septembre 2011 à 07:59
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18 Commentaires

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  • valeur10, le 14/09/2011 à 18h58

    Vous avez eu la chance d'être publié. Les difficultés de la Grèce pour cette banque n'est pas d'aujourd'hui et des provisions sont déjà passées. Malgré cela la rentabilité de cette banque est excellente et comme vous le dites si bien elle possède un bon niveau de fonds propres. Il faudrait connaître le risque potentiel futur par rapport à ses fonds propres.

  • 1337sysop1337, le 14/09/2011 à 18h30

    Parlez de la dégradation de la BCE à B- selon Fitch. Source: global Finance, maybe.

  • 1337sysop1337, le 14/09/2011 à 17h56

    Vous parlez des banques ? C'est réconfortant. Dans le cas contraire, prenez vos petits cachets car ces agences sont un mal nécessaire au besoin de transparence si cher à la finance internationale.

  • terry_dallas_tx, le 14/09/2011 à 16h50

    Furax53: ces agences sont des multinationales independantes de tout gouvernement. Les compagnies privees, telles le Credit Agricole ou la Societe Generale, paient pour se faire noter. C'est un service par lequel il faut passer (pas du fait de la loi, mais par usage coutumier) afin de donner une indication de risque aux investisseurs potentiels avant d'emettre des actions ou obligations. Il n'y a aucun rapport avec le gouvernement americain ni avec l'economie americaine.

  • furax53, le 14/09/2011 à 13h59

    Ces agences sont principalement américaines. Lorsqu'on connait l'état des finances de l'oncle Sam et la débandade que cela peut représenter si elle s'aggrave, il serait malvenu pour celles-ci de laisser des banques européennes sortir leur épingle du jeu, surtout lorsque ces banques sont soutenues par un état. Cette baisse de cotation est plutôt une défense stratégique en faveur de l'économie américaine moribonde...

  • halx, le 14/09/2011 à 13h54

    Et quand est-ce qu'on évalue la note de Moody's???

  • ikix, le 14/09/2011 à 12h53

    Toute vérité franchit trois étapes. D'abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.» [ Arthur Schopenhauer ]

  • didierbretagne, le 14/09/2011 à 12h48

    Pour reflechissement : en fait ne croyez vous pas que c'est vous le comique ? votre idéologie vous égare sans doute au point d'ignorer ce qu'est un dividende. Je cite "Quand une société distribue tout ou partie de son bénéfice, le revenu ainsi distribué est considéré comme un « dividende », taxable." mais savez vous que dans un même temps la valeur de l'action du C.A. est passé de plus de 30 euros avant les subprimes à 5 euros actuellement. Calculez vous même le bénéfice même si l'on tient compte d'un dividende de 5% par an.

  • titizom, le 14/09/2011 à 12h15

    Si L'UMP est libéral moi je suis la reine d'Angleterre..

  • christo66, le 14/09/2011 à 11h52

    La crise sert a enrichir les plus riches , qui n'ont rien a faire du peuple. nous sommes les vaches a lait et le pire arrive .

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