Arriveront-ils à s'entendre ? Les dirigeants des quatre principaux pays de la zone euro ont ouvert vendredi à Rome un mini-sommet de crise. La chancelière allemande Angela Merkel, le Président français François Hollande et le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy sont reçus par le Premier ministre italien Mario Monti pour rapprocher leurs positions avant le sommet européen des 28 et 29 juin. Et proposer à leurs homologues un paquet de mesures pour relancer la croissance et stabiliser les marchés. Mais cette rencontre est aussi l'occasion de se pencher sur la Grèce et la situation préoccupante de l'Italie. Revue des points qui seront abordés.
Toujours un "nein" aux euro-obligations
La chancelière allemande reste arc-boutée sur son refus d'envisager toute mutualisation des dettes des Etats de la zone euro, que ce soit sous la forme d'obligations européennes ou par un autre biais, avant une intégration politique plus poussée. Dans un mémorandum transmis la semaine passée à ses partenaires, François Hollande propose désormais d'inscrire la mise en place de véritables obligations européennes dans une perspective à 10 ans et non plus à court terme.
Avancer vers plus de fédéralisme européen
La France admet également la nécessité d'une intégration européenne accrue mais par étapes et strictement subordonnée à la mise en place de nouveaux instruments de relance économique, de solidarité et de stabilisation financières. Selon une source diplomatique, le Royaume-Uni, d'habitude opposé à une intégration européenne poussée, appuie pour sa part pour la première fois une approche de type fédéral de la gestion de la zone euro, dont il subit la crise économique.
Rachat de dettes par les fonds de secours
Le Premier ministre italien a souhaité mardi, au sommet du G20, au Mexique, que le Mécanisme et le Fonds européens de stabilité financière (MES et FESF) puissent acheter de la dette émise par les pays de l'euro les plus en difficulté pour en faire baisser le coût. Une proposition appuyée par François Hollande, qui a cependant admis que ce n'était encore qu'une idée.
"OK" pour relancer la croissance
Le volet qui semble poser le moins problème est celui des mesures immédiates de relance de la croissance, souhaitées par François Hollande et chiffrées par lui à 120 milliards d'euros. Un compromis sur ce volet devrait être facilité par l'accord conclu jeudi par le gouvernement conservateur allemand et son opposition sociale-démocrate sur des mesures en faveur de la croissance.
La taxe sur les transactions financières serait acquise
Gouvernement allemand et SPD ont aussi décidés d'œuvrer à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne - une mesure également défendue par la France et qui paraît acquise, au moins sous forme de "coopération renforcée". Le Royaume-Uni a fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à ce que cette taxe soit introduite au sein de l'UE dans le cadre d'une telle coopération entre Etats volontaires.
...et les nouvelles ententes au sein de la zone euro
Car avec l'arrivée de François Hollande, tout à changé. Jusque là, Nicolas Sarkozy rencontrait la chancelière allemande avant tout sommet pour trouver un accord et présenter des propositions communes lors des sommets avec leurs homologues. Le nouveau président français s'est trouvé un allié en Mario Monti, alors que des frictions demeurent dans les discussions avec l'Allemagne.
Coté allemand, les informations qui ont commencé à filtrer sur les intentions du gouvernement français en matière de rigueur budgétaire sont de nature à rassurer sur le "sérieux" de la nouvelle administration. Les dirigeants allemands ont en effet toujours craint que les propositions françaises, y compris quand elles émanaient du prédécesseur de droite de François Hollande, Nicolas Sarkozy, dissimulent une tentation inavouée de laxisme budgétaire.








