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Merkel : "Nous préparons un agenda croissance pour juin"


le 28 avril 2012 à 08h01 , mis à jour le 28 avril 2012 à 17h40.
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ConjonctureDans la presse allemande, la chancelière allemande prévient une fois de plus François Hollande qu'il n'y aura pas de renégociation du traité européen. Mais le candidat socialiste se réjouit. "Ca bouge et ça bougera encore après l'élection", a-t-il affirmé.

En plein débat sur la relance économique dans l'UE, la chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir que se préparait un agenda croissance au sommet européen de juin, tout en refusant une fois de plus de renégocier le traité budgétaire européen. "Nous préparons un agenda croissance pour le sommet européen de juin", a  déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, dans un entretien au quotidien allemand Leipziger Volkszeitung à paraître samedi.
 
S'exprimant lors d'un colloque à Bruxelles, le président de l'Union  européenne Herman Van Rompuy avait annoncé jeudi qu'une rencontre non prévue  jusqu'ici des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pourrait se tenir avant  un sommet programmé lui de longue date les 28 et 29 juin. Une réunion pour commencer à définir les contours d'une stratégie de croissance alors que les appels se multiplient pour faire redémarrer l'économie  de l'Union et équilibrer l'austérité budgétaire. "Je n'exclus pas d'organiser un dîner informel des chefs d'Etat et de  gouvernement des 27 afin de préparer le Conseil européen de juin", avait-il  affirmé, sans donner plus de précision sur le calendrier. Clairement, cette réunion extraordinaire interviendrait après le deuxième  tour de l'élection présidentielle, selon une source diplomatique, alors que le  favori des sondages, le socialiste François Hollande a fait de la croissance son viatique.
 
"La croissance ne coûte pas forcément de l'argent"
 
Plusieurs visions apparaissent toutefois pour faire redémarrer l'économie européenne. Vendredi, le président de la Commission européenne José Manuel  Barroso et le chef du gouvernement italien Mario Monti ont mis en garde de  façon voilée François Hollande, affirmant que le redémarrage de l'économie en Europe  passerait par une amélioration de la compétitivité et non par plus de dépenses  publiques. Pour José Manuel Barroso et Mario Monti, "la croissance doit se faire en se  concentrant progressivement sur la compétitivité et non en augmentant les  niveaux d'endettement", ont-ils affirmé, écartant ainsi toute idée de relance  par la dépense publique.
 
Une vision qui rejoint celle Merkel: "lacroissance ne coûte pas  forcément de l'argent", a-t-elle dit dans un entretien à la radio allemande  locale NDR vendredi. Elle y insiste sur une relance de l'économie européenne  portée par des "réformes structurelles", notamment en flexibilisant le marché  de l'emploi. Et de citer notamment les réformes engagées par le chancelier  social-démocrate Gerhard Schröder, baptisées "Hartz IV", qui ont facilité le  recours au travail à temps partiel et par ricochet contribué à faire baisser le  taux de chômage en Allemagne. Dans son entretien au Leipziger Volkszeitung, Angela Merkel, met une fois de  plus en garde François Hollande: "il n'y aura pas de nouvelles négociations sur le  traité budgétaire. 25 chefs du gouvernement l'ont signé. Au Portugal et en  Grèce, il a déjà été ratifié, en Irlande il fera l'objet d'un référendum fin mai". Et d'ajouter: "Dans beaucoup de pays membres, aussi en Allemagne, le traité  budgétaire est dans les mains des parlements".

Mais pour le candidat socialiste, les propos de la chancelière allemande sont tout de même une bonne nouvelle. Car pour lui, ils montrent que sa victoire le 6 mai est considéré "comme une hypothèse suffisamment sérieuse pour modifier les calendriers et le contenu même de l'agenda européen", a-t-il déclaré dans un entretien à Radio J enregistré samedi et diffusé dimanche. Angela Merkel ne veut pas de renégociation des traités? "A ce stade, souligne François Hollande. Mais qu'est ce qu'elle disait encore il a quelques semaines ? Qu'elle ne voulait même pas entendre parler de mot comme celui de croissance tant elle était accrochée à celui de l'austérité. Ca bouge et ça bougera encore après l'élection", s'est félicité le candidat socialiste.

Commenter cet article

  • seiyar70 : Hollande suivra l'Allemagne et les directives européennes et la loi du marché , que ca lui plaise ou non c'est comme ça que l'UE fonctionne. il veut faire autrement et comme il veut ? alors il doit sortir le pays de l'UE

    Le 01/05/2012 à 03h52
  • seiyar70 : L'alternative ? la chute de l'UE et de la zone euro pour repartir sur de bonnes bases avec monnaies nationales calquées sur le standard-or. cette mort de l'UE est un mal pour un bien.

    Le 01/05/2012 à 03h50
  • froggyb : Bref, le message a Hollande est clair: Le traité ne sera pas renégocié et la croissance doit se faire sans dépenses supplémentaires. Si on élit ce mec la Dimanche, on va etre vraiment seuls.....

    Le 30/04/2012 à 15h26
  • froggyb : Et vous suggerez quoi comme alternative?

    Le 30/04/2012 à 15h25
  • jghttc1 : Mme Merkel est simplement pragramatique: les instituts de prévisions économiques Allemands donnent également une croissance en berne en 2012 pour le pays qui fut longtemps la" locomotive" de l'Europe en la matière. De facto, la chancelière n'a d'autre choix, pour ménager l'économie Allemande ( et son indice de satisfaction auprés de la population... ), de mettre de l'eau dans le vin au niveau de ses principes et d'accepter des mesures de relance...

    Le 30/04/2012 à 11h03
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