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Moody's, craignant la "contagion", dégrade la note italienne


le 13 juillet 2012 à 08h02 , mis à jour le 13 juillet 2012 à 11h38.
Temps de lecture
3min
Le siège de l'agence de notation Moody's à New York

Le siège de l'agence de notation Moody's à New York / Crédits : ABACAPress

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ConjonctureA la surprise des marchés financiers, l'agence de notation américaine a abaissé vendredi de deux crans la note souveraine de l'Italie, qui passe de A3 à Baa2, et a assorti sa décision d'une perspective négative.

L'annonce de Moody's a d'ores et déjà eu des effets, qui pourraient s'accroître dans les heures à venir : non seulement elle a entraîné une nette baisse de l'euro sur les marchés asiatiques, mais elle risque de se traduire par une augmentation des taux auxquels Rome emprunte avant l'émission d'obligations prévue dans la journée. Prenant les marchés de court, l'agence de notation américaine a dégradé jeudi la note de l'Italie de deux crans, de A3 à Baa2, et maintenu la perspective négative en raison de la situation en zone euro et des "risques de contagion" émanant de l'Espagne et de la Grèce.

"L'Italie a plus de risque de connaître une hausse brutale de ses coûts de financement ou de ne plus avoir accès aux marchés financiers (...) en raison de la confiance de plus en plus fragile des marchés et du risque de contagion émanant de la Grèce et de l'Espagne", écrit l'agence dans son communiqué. "Le risque d'une sortie de la Grèce de l'euro a augmenté et le système bancaire espagnol va endurer davantage de pertes qu'attendu", ajoute encore l'agence, qui ajoute par ailleurs que les perspectives économique à court terme de l'Italie se sont "détériorées". Selon Moody's, l'Italie pourrait connaître une croissance "faible" et un "chômage plus élevé", l'empêchant de remplir ses objectifs de réduction des déficits et faisant naître le risque que le pays "ne puisse plus se financer auprès des marchés financiers".

Cette annonce intervenait alors que le pays avait prévu d'emprunter sur les marchés vendredi matin. Une opération réussie, puisqu'il a pu émettre, comme prévu, 3,5 milliards d'euros à trois ans à des taux en nette baisse. Dans le cadre de sa principale émission, le Trésor italien a emprunté 3,5 milliards d'euros de titres à trois ans à un taux de 4,65% contre 5,30% le 14 juin. Sur les marchés secondaires de la dette, le taux à dix ans de l'Italie repassait au dessus des 6% vendredi matin. 

Une aide européenne ? Moody's fait la moue

L'Italie, entrée officiellement en récession fin 2011, s'y est enfoncée au premier trimestre 2012 avec une nouvelle contraction de son PIB de 0,8%, sous le poids des plans d'austérité adoptés à la chaîne depuis 2010 pour rassurer les marchés. Mardi, le Premier ministre italien Mario Monti a pour la première fois envisagé que Rome ait recours à un moment donné aux fonds de secours de la zone euro pour faire face à la flambée de ses taux d'emprunt, qui peuvent grimper jusqu'à 6%.

Selon Moody's, un recours au Fonds européen de stabilité (FESF) ou au Mécanisme européen de stabilité (MESF) n'aurait toutefois qu'une utilité limitée. "Etant donné la taille de l'économie italienne et l'ampleur de la charge de la dette, la protection que ces mécanismes peuvent offrir serait limitée", écrit l'agence, qui s'était déjà penchée sur la situation de l'Italie il y a cinq mois. Moody's rend certes grâce au gouvernement italien d'avoir lancé des réformes qui peuvent "potentiellement" améliorer la croissance à long terme du pays et les perspectives fiscales. Mais elle estime toutefois que des risques "substantiels" pèsent sur la mise en oeuvre de ces réformes, expliquant le maintien d'une perspective négative. "Une application réussie des réformes économiques (...) pourrait mener à placer le pays sous perspective stable", écrit encore Moody's.

Dans son évaluation annuelle publiée mardi, le Fonds monétaire international a jugé que l'activité économique devrait reprendre en Italie "début 2013" mais que le pays resterait "en retard par rapport au reste de la région" et vulnérable à une contagion de la crise en zone euro.

Commenter cet article

  • titeuf4979 : Arrêtez de nous gavez avec ces agences de notation, elle ne mérite pas tout l'intérêt que vous leur porter.

    Le 13/07/2012 à 09h19
  • j.bon : Après la privatisation de la dette nous avons la privatisation de l'évolution des débiteurs par des agences qui dépendent des détenteurs de la dette ! Bref les fou dirigent l'asile !

    Le 13/07/2012 à 08h22
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