Perte du triple A : le FESF, "bouée" européenne, prend l'eau

le 14 janvier 2012 à 11h19 , mis à jour le 14 janvier 2012 à 11h22

Dossiers : Crise financière, Dossier Euro

Le fonds de sauvetage de la zone euro perdra-t-il lui aussi son triple A, alors même qu'il est l'instrument censé permettre de surmonter la crise ? Pas forcément, estime Standard & Poor's. Mais il faudrait que l'Allemagne et les trois autres pays notés triple A augmentent leur soutien financier.

Les dégradations annoncées vendredi soir par Standard & Poor's représentent un coup dur pour le Fonds de secours financier de la zone euro (FESF), dont la puissance de feu repose sur la crédibilité des pays de l'Union monétaire et qui était déjà très mal en point. L'agence de notation avait en décembre menacé d'abaisser la note du FESF d'un ou deux crans, si un pays bénéficiant d'un "AAA" venait à perdre sa note d'excellence - ce qui est désormais chose faite - et entendait alors lui attribuer quasi-automatiquement la note la plus basse d'un ancien pays doté triple A. Or la France - un des principaux contributeurs du Fonds aux côtés de l'Allemagne - vient de perdre son triple A, tout comme l'Autriche. Les deux pays sont désormais notés "AA+".
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La dégradation de la note de la "bouée de sauvetage" européenne est-elle donc inévitable ? Les ministres des Finances de la zone euro ont fait part vendredi soir de leur volonté de l'éviter à tout prix. Et Standard & Poor's laisse une porte entrouverte à un maintien de la note actuelle. "Si on a un engagement plus important des autres pays, le FESF pourrait conserver son AAA", a ainsi déclaré John Chambers, président du comité des notations souveraines de S&P. Et s'adressant indirectement aux responsables de la zone euro, il a commenté : "Si vous avez perdu deux des six pays garants du AAA, soit vous devez augmenter le soutien apporté par les quatre garants du AAA restants, soit vous devez prévoir des amortisseurs financiers plus conséquents". Tout en ajoutant que les récentes mesures de la Banque centrale européenne pour accroître les liquidités des banques ont permis une détente importante de la situation financière dans la zone euro, ce qui est "une bonne nouvelle" pour les notations.

L'horizon est sombre pour le FESF

Des propos qui se veulent rassurants ; il n'en est pas moins vrai que les sanctions de Standard & Poor's tombent très mal alors que le FESF apparaît de moins en moins comme un pare-feu financier crédible pour la zone euro. Sa mission consiste à emprunter de l'argent auprès des investisseurs financiers à des taux avantageux avant de reverser les sommes à des pays de la zone euro en difficulté (Portugal, Irlande) et ce, à des taux inférieurs à ceux que ces Etats auraient en allant seuls emprunter sur les marchés.

Mais la capacité de prêts du Fonds n'est plus que de 250 milliards d'euros environ sur une enveloppe initiale de 440 milliards. Un montant insuffisant pour venir en aide à un pays comme l'Italie, très lourdement endettée. En conséquence, la zone euro a décidé à l'automne d'augmenter sa force de frappe en mettant sur pied un système d'assurance qui est censé garantir 20 à 30%, des prêts des investisseurs aux pays fragiles de l'Union monétaire. Objectif : attirer des investisseurs privés. Mais ces espoirs ont été douchés car ces derniers se méfient du fait de l'aggravation de la crise de la dette.

Les Européens comptaient aussi sur les puissances émergentes pour investir dans le Fonds, en premier lieu la Chine. Mais ces derniers aussi se font prier. Selon la presse allemande, le patron du FESF, Klaus Regling, envisage désormais d'offrir aux investisseurs des garanties plus élevées, pour rendre leurs investissements plus attractifs. Mais le risque en contrepartie est de réduire sa force de frappe, jugée déjà insuffisante. Un cercle vicieux.

le 14 janvier 2012 à 11:19
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5 Commentaires

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  • micheljacques, le 15/01/2012 à 01h39

    Aujourd'hui les financiers et les gros actionnaires se croient spécialistes de l'économie et distribuent les conseils pour relancer la croissance (conseils qui ne se résume qu'à un seul: baisser les taxes qui les empêchent de s'enrichir plus). En vérité le monde de la finance n'a jamais mis les pieds dans une entreprise, un gros actionnaire n'a jamais mis les pieds autre part que dans le siège social: ils ne connaissent rien de la réalité économique. Ils ne savent qu'investir dans des bulles financières (bulle internet éclatée en 2001, bulle immobilière éclatée en 2008 ). Personne ne se souvient de la pagaille bancaire en 2009 quand les banques essayaient de s'y retrouver dans leurs "investissements"? Il est temps d'investir dans du concret : soutenir les entreprises qui innovent, soutenir la recherche.La finance a été incapable de diriger les flux financier pour faire de la croissance durable, les traders ont toujours des revenus très élevés, la finance ne crée rien pour l'exportation. Alors taxons la finance pour redistribuer à l'industrie et à la recherche. De l'argent il y en a en france, il y a toujours beaucoup de gens (et pas seulement dans la finance) qui gagnent des salaires disproportionnés par rapport à ce qu'ils apportent à l'économie, alors il est temps de mieux répartir la fiscalité et ça, ça permettra de faire respirer la classe moyenne dont je fais partie.

  • mcg35, le 14/01/2012 à 15h00

    @rose-marie54 - L'Allemagne a déjà suffisamment donné, c'est ce que pensent une majorité d'Allemands ... Et cela n'est pas faux.

  • refexion1, le 14/01/2012 à 14h32

    L'entêtement à vouloir prétendre taxer seul les trasactions financières sur de l'argent maintes fois déjà taxé entrainera la France au niveau de la Grèce avec toutes les conséquences. Au contraire, il faut couper les taxes, laisser respirer la classe moyenne Française et sauver ce qui reste du patrimoine successoral Français millénaire (la seule réserve Française qui garantie la stabilité). Il faut rapidement stopper l'hémoragie Fianacière en demandant au DOM et TOM de renvoyer l'argent reçu pendant un siècle des Français, à charge de remerciement ! Juste en stoppant les paiements de transfers a l'extérieur de la france, chaque Métropolitain se retrouverait 20% plus riche...soit en meilleure position que les Allemands.

  • robryc, le 14/01/2012 à 11h38

    Les agences de notation sont américaines et on peut se poser la question de leur neutralité et surtout du but qu'elles poursuivent. Quand on pense que le favori républicain de la course à la présidentielle est attaqué par un concurrent parce qu'il a le défaut de parler le français, on peut se poser beaucoup de questions et se dire que tous les moyens sont bons à utiliser dans la guerre Europe-Etats Unis.

  • rose-marie54, le 14/01/2012 à 11h32

    L'Allemagne n'est pas prête à augmenter les aides,déjà elle trainait des pieds pour la Grèce,nous sommes dans un cercle vicieux

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