Perte du triple A : un climat dégradé avant le sommet social

le 14 janvier 2012 à 11h11 , mis à jour le 14 janvier 2012 à 11h17

Dossiers : Crise financière, Dossier Euro

Les syndicats attendent le sommet social de mercredi avec appréhension. La perte par la France de sa note triple A assombrit le tableau sur le front de l'emploi, alors que la transformation progressive du sommet en un forum pour ébaucher des réformes structurelles a échaudé les syndicats.

L'échéance était attendue depuis des semaines. Mais la perte du triple A français change déjà la donne du sommet social qui va s'ouvrir mercredi, alors que Nicolas Sarkozy doit réunir les partenaires sociaux pour leur proposer un bouquet final de réformes aussi contestées que risquées sur l'emploi, comme la fin des 35 heures, une TVA sociale et la taxe financière. Lancée le 1er décembre au détour de son discours de Toulon sur la "refondation" d'une Europe au bord du gouffre, l'invitation du chef de l'Etat était initialement destinée à débattre des moyens d'enrayer la progression du chômage, qui a renoué avec son niveau record de 1999. Au fil des semaines et avec la confirmation, vendredi, de la dégradation de la note financière de la France par l'agence Standard and Poor's, ce "sommet sur l'emploi" est devenu un "sommet de crise" qui doit accoucher de "mesures très importantes" qui vont transformer le financement du modèle social français et permettre de lancer la campagne de Nicolas Sarkozy.
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Face à la crise, il l'a redit lors de ses voeux de la Saint-Sylvestre, le président est déterminé à "continuer à agir" jusqu'aux derniers instants de son mandat. "Si j'étais en train jouer le candidat et de faire des meetings", répète-t-il en privé, "les Français ne me le pardonneraient pas". Du côté syndical, le discours inquiète, et les représentants ont préparé chacun de leur côté des propositions sur des mesures urgentes et concrètes (chômage partiel, emploi jeunes etc) pour enrayer l'envolée du chômage, sans dissimuler leurs appréhensions.

Déjà une manifestation annoncée

Très remonté, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, n'a pas mâché pas ses mots et prévenu qu'il enverrait "bouler" Nicolas Sarkozy s'il voulait lui parler de TVA sociale lors du sommet. "J'ai déjà dit qu'on ne discuterait pas de cela. Idem pour les accords compétitivité-emploi", martèle-t-il estimant que ces sujets sont ceux d'une campagne électorale. Son homologue de la CFDT, François Chérèque, s'est dit, lui, "inquiet" de la préparation de ce sommet, dénonçant deux réformes "dangereuses" : la TVA sociale qui est une "remise en cause fondamentale de notre système de financement social", et les accords compétitivité-emploi qui visent à "donner des outils supplémentaires aux entreprises pour modifier le temps de travail". Et de prévenir : "Election présidentielle ou pas, nous prendrons nos responsabilités et s'il y a des mesures négatives, nous réagirons. Ce sera la première fois qu'on verra des manifestations dans la rue à un mois de la présidentielle".

Le numéro un de la CGT est déjà passé à l'acte en appelant à un rassemblement - avec la FSU et Solidaires - mercredi en début d'après-midi au moment où s'ouvrira le sommet pour "faire pression" sur la rencontre. La manifestation ira de la Place de la Bourse jusqu'à Saint-Augustin pas loin du Palais de l'Elysée. "Plus les heures passent, plus ce sommet s'annonce comme anti-social", a dénoncé Bernard Thibault, en froid avec le président de la République depuis la réforme des retraites. Il n'a toutefois pas opté pour la politique de la chaise vide pour exposer ses propositions en faveur de l'emploi. La CGT exigera notamment la fin des exonérations - de 30 milliards d'euros- concédées aux entreprises "sans contrepartie", et la suppression des heures supplémentaires défiscalisées, une demande unanime des syndicats.

Côté patronat, on est plutôt satisfait: le Medef accueille à bras ouverts une réforme de la protection sociale qu'il appelle de ses voeux. Toutefois, on n'est encore au consensus gouvernement-patronat sur ses modalités. La présidente du Medef Laurence Parisot insiste sur une baisse concomitante "des cotisations employeurs et employés", compensée par un relèvement à la fois de la TVA et de la CSG, alors que l'Elysée semble privilégier une réduction des seules charges patronales. Le Medef veut surtout éviter que le gouvernement lui dicte ce qu'il doit faire de la manne que lui rapporterait la réforme. Mme Parisot revendique "la liberté d'agir" pour les entreprises qui choisiront entre l'investissement ou l'embauche.

le 14 janvier 2012 à 11:11
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8 Commentaires

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  • 63marco, le 16/01/2012 à 13h40

    "A l'occasion du sommet sur la crise mercredi prochain, je dirai la vérité aux partenaires sociaux". Ainsi s'est exprimé Nicolas SARKOZY récemment. C'est bien de nous avouer que jusqu'à présent, finalement, il nous a menti ! Mais ça, on n'avait pas besoin de ses aveux pour s'en rendre compte ! On peut simplement espérer que les partenaires sociaux, dans leur grande majorité, ne cautionneront pas les mauvais coups que SARKOZY nous prépare. Parce que se rendre complice d'un énième sommet de propagande, comme il a l'habitude de faire en enfumant tout le monde avec sa voix grave et mielleuse, ses textes à l'emporte pièce où il serait l'unique recours, et sa solution forcément la meilleure, et gare si vous vous égarez du chemin que j'ai tracé ... ON A VU OU ÇA NOUS A MENÉ ! 600 Milliards d'Euros de dette supplémentaire à son actif. Pas d'amélioration de la sécurité. Des soins moins bien remboursés. Du chômage en plus. Du pouvoir d'achat en moins. Des retraites plus tardives. ... C'est pas SARKOZY qui va nous faire rêver en 2012, d'autant que des 15 points de son programme de 2007, il n'en a tenu aucun. Par contre, il nous a gratifié d'HADOPI, de milliers de radars, et autres choses inutiles ... Là, il trouve des gendarmes, mais pour la grande délinquance, il n'y en plus ! Comme en Tunisie, en Libye, en Égypte ... on va bientôt dire : "SARKOZY, dehors !"

  • mehdi1511, le 15/01/2012 à 13h30

    Entièrement d'accord

  • kosotto1, le 15/01/2012 à 11h49

    J'adore !

  • dd059, le 15/01/2012 à 08h42

    Supprimons les syndicats pour qui l'Etat distribue 4 mds d'euros chaque année et qui ne servent qu'à détruire les entreprises et la compétitivité !

  • mcg35, le 14/01/2012 à 15h07

    Soyons clairs ... Si les syndicats attendent "avec appréhension" le sommet social de mercredi, c'est qu'ils sont aussi, pour une bonne part, coresponsables de la situation actuelle.

  • euzenot-furiga, le 14/01/2012 à 14h57

    Pour la perte de notre AAA il faut dénoncer les vrais coupables, Henry IV avec sa "poule au pot" pour tout le monde a commencé à mettre la France sur la paille et que penser de Charlemagne avec son école pour tous (les nobles) ce sont eux qui aujourd'hui nous ont fait perdre le AAA. Comment voulez-vous que Sarkosy ministre depuis 1995, puis Président s'en sorte avec tous ces dilapidateurs.

  • refexion1, le 14/01/2012 à 14h39

    À quoi servent les syndicats en 2012 avec toutes les lois de protection du travailleur et les lois sur la santé et la sécurité au travail. Ce sont les problèmes sociaux fromentés par les Syndicats qui précipitent la Grèce à la faillite nationale. IL n'est pas nécessaire de copier ce qui se fait de pire dans le domaine !

  • rose-marie54, le 14/01/2012 à 11h37

    Voilà la défense de l'emploi ""grève" comment peut-on soutenir des syndicats aussi peux responsables,commençons déjà à leurs enlever les subventions publiques

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