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Pour 2012 ? Une croissance qui cale, un pouvoir d'achat qui recule

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le 26 juin 2012 à 19h20 , mis à jour le 27 juin 2012 à 08h11.
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3min
Courbes de croissance

Courbes de croissance / Crédits : Comstock Images / Thinkstock

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ConjonctureLa France devrait échapper de justesse cette année à la récession, mais la croissance restera minimale et légèrement inférieure aux objectifs du gouvernement (0,4% pour l'Insee contre 0,5% pour le gouvernement). Le chômage continuera d'augmenter, selon les prévisions de l'Insee publiées mardi.

La croissance fera moins bien que prévu en 2012 prédit l'Insee. L'institut national de la statistique et des études économiques prévoit en effet une croissance à 0,4% en 2012, dans sa note de conjoncture publiée mardi soir. Il confirme ainsi la stagnation de la croissance (à 0%) au 1er trimestre, et prévoit le même chiffre au 2e trimestre. La croissance serait ensuite de 0,1% au 3e trimestre et de 0,2% au 4e trimestre cette année.

L'Insee a donc revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le 2e trimestre, puisqu'il prévoyait une légère hausse de 0,2% lors de sa précédente note de conjoncture, en mars. "A la fois coté demande, nous avons révisé à la baisse la consommation des ménages, surtout sur le mois d'avril, et nos prévisions d'investissements, notamment de produits manufacturés", explique Jean-François Ouvrard, rédacteur en chef de la note de conjoncture.

En mars, l'Insee tablait également sur un acquis de croissance de 0,5% sur l'année 2012 par rapport à l'année 2011. Il ne s'agissait pas de prévisions de croissance mais de ce qu'aurait été la croissance en 2012 si le PIB était resté stable sur le reste de l'année. La croissance fera donc moins bien sur la totalité de l'année, estime mardi l'Insee.

0,5% en 2012, 1,7% en 2013 pour le gouvernement

De son coté, le gouvernement table encore sur des prévisions de croissance de 0,5% sur l'année 2012. Un chiffre moindre que celui du précédent gouvernement, qui avait relevé ses prévisions à 0,7% en mars,... dans la foulée de la précédente note de conjoncture de l'Insee. L'institut de statistiques avait alors revu à la hausse la croissance du dernier trimestre 2011 et l'acquis de croissance à la mi-2012.

Pour 2013, les prévisions de croissance de Bercy, à 1,7%, sont déjà considéré comme intenables. Pour 2013, le FMI table sur un taux de croissance de 1%, la Commission européenne envisage, elle, une hausse de 1,3% du PIB. Une révision à la baisse des prévisions de croissance serait de mauvais augure pour le gouvernement, qui aurait alors plus de mal à respecter ses engagements de réduire le déficit budgétaire à 4,5% en 2012 et à 3% en 2013.

Plus forte baisse du pouvoir d'achat depuis 1984

Conséquences logiques de ces prévisions : "le taux de chômage continuerait d'augmenter, même si la hausse sur l'année des différents contrats aidés contribuerait à freiner sa progression", a affirmé Jean-François Ouvrard, responsable de la synthèse conjoncturelle. Il passerait de 9,3% de la population active en France métropolitaine fin 2011 à 9,9% au dernier trimestre 2012 (10,3% en incluant les départements d'outre-mer) (lire notre article >Forte hausse du chômage en mai)

Coup dur pour les ménages : le pouvoir d'achat individuel des Français devrait baisser de 1,2% en 2012, enregistrant son plus fort recul depuis 1984, affecté notamment par le ralentissement des revenus d'activité et la hausse des impôts. Le pouvoir d'achat par unité de consommation, la mesure la plus proche du ressenti des ménages, reculerait ainsi pour la deuxième année consécutive (-0,1% en 2011). Le pouvoir d'achat plus global diminuerait aussi, de 0,6%, alors qu'il a augmenté de 0,5% l'an dernier.

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  • xxxxxo : Oui avec Hollande, on va voir venir un peu plus vite la décadence !!

    Le 17/07/2012 à 15h42
  • shooby02470 : En un mois il en a mis quand même pas mal en place, donc faut pas exagéré non plus. Il ne peut pas tout faire vu la conjoncture ... oui et en quoi est-ce surprenant ? A croire qu'il n'y a que les umpistes qui croient qu'il va tout faire, sans prendre en considération la situation actuelle ? Si c'est le cas je comprend mieux leurs désillusions.

    Le 28/06/2012 à 09h08
  • shooby02470 : A poudre aux yeux on l'aurait aussi eu avec l'autre finaliste, rassurez-vous : entre un programme pour se faire ré-aimer des français qui n'était qu'un copier sur les autres candidats, un programme réellement appliqué qui n'aurait été que la continuation du précédent, avec toutes les désillusions qu'on a eu (différentiel entre promesses et résultats) ... tout était là pour que nos yeux picotent !

    Le 28/06/2012 à 09h02
  • adriana45000 : On remarque que le président actuel faisait de beaux projets mais il n'a jamais dit comment il allait les mettre en place !

    Le 27/06/2012 à 23h36
  • piccobello6 : Kosotto1 Les quatres dernières années, en période de recession, comment croyez-vous que les prestations sociales, les retraites, les salaires des fonctionnaires, et j'en oublie, ont été payées quand les impôts ne rentraient presque plus ? Par l'emprunt ! Et le bilan "catastrophique" de Sarko vous a permis de bénéficier de tout ça. Regardez les déficits de pays comparables : l'Italie, l'Espagne et même l'Allemagne, qui pour certains n'ont pas hésité à tailler dans le social et dans la fonction publique. Argumentez, et dites-moi ce qu'aurait fait la gauche et ne venez pas avec les mythiques cadeaux faits aux riches, car même si cela était vrai, ça représente "peanuts" par rapport à une diminution substantielle de la TVA et une prime de 500 euros à tous les foyers en difficulté que demandait le parti socialiste en début de crise. L'usage des pilules amnésiques est dangereux pour la santé.

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