Pourquoi Berlusconi donne des sueurs froides à l'Europe

le 25 octobre 2011 à 07h24 , mis à jour le 25 octobre 2011 à 09h21

Dossier : Crise financière

Pour éviter que la crise de la dette ne gagne l'Italie, ses partenaires européens réclament des gages de saine gestion... et des réformes structurelles, notamment sur les retraites et le marché du travail. Des réformes que Berlusconi ne parvient pas à imposer à ses alliés de la Ligue du Nord.

Silvio BerlusconiSilvio Berlusconi/Image d'archives © ABACA

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Silvio Berlusconi a répondu lundi à ses partenaires européens, notamment la France et l'Allemagne, qui poussent l'Italie à prendre des mesures économiques rapides, en affirmant qu'aucun pays de l'Union n'était en position de donner des leçons à un autre. Alors que son gouvernement s'était réuni en urgence dans la soirée pour discuter de nouvelles réformes réclamées par ses partenaires européens, notamment sur les retraites, le président du Conseil a affirmé dans un communiqué que l'Italie ferait des propositions solides au prochain sommet de l'Union européenne, mercredi. Pourtant, la réunion de lundi s'est achevée sans qu'aucune décision n'ait été prise, selon des sources gouvernementales. A la fin de la rencontre, Silvio Berlusconi s'est entretenu avec ses partenaires de la Ligue du Nord de la réforme des retraites à laquelle ils sont opposés, ainsi que d'autres réformes.

Selon des sources gouvernementales, Umberto Bossi, le chef de la Ligue du Nord refuse qu'on touche aux retraites à l'ancienneté, système très répandu dans le Nord industriel où il a son fief électoral permettant de partir à la retraite à 60 ans contre 65 ans pour les retraites classiques. Pourtant, mis au pied du mur dimanche à Bruxelles, le Cavaliere avait promis d'agir en retardant l'âge de départ à la retraite à 67 ans, afin de l'aligner sur d'autres pays européens. Mais la Ligue du Nord lui a opposé un non catégorique.

"Les partenaires de l'Italie ont besoin de clarté"

Du point de vue italien, les exigences européennes sont difficiles à admettre : la péninsule a déjà réformé en profondeur son système de retraites ces dernières années. Et le système est bénéficiaire. Il compte deux catégories de retraites : la "pension de vieillesse", dont l'âge est fixé à 65 ans pour les hommes et passera progressivement de 60 à 65 ans pour les femmes, et cette fameuse "pension d'ancienneté", qui permet actuellement de partir à 60 ans à condition d'avoir cotisé au minimum 36 ans. En outre, au chapitre des gages à donner à ses partenaires européens, l'Italie a adopté cet été des mesures d'austérité draconiennes censées permettre au pays de parvenir à l'équilibre budgétaire dès 2013... mais le gouvernement a depuis tergiversé sur la mise au point d'un plan de relance de la croissance, ce qui a alimenté la spéculation et les inquiétudes des marchés.

Ce qui inquiète... c'est la dette, massive : plus de 1900 milliards d'euros, soit 120% du PIB. Pour l'instant, la crise de confiance qui frappe la Grèce et lui interdit de se financer sur les marchés, obligeant l'Europe à intervenir, n'a pas frappé l'Italie. Mais une telle option est inenvisageable pour la zone euro, alors que le poids de l'économie italienne est plus de deux fois plus élevé que celui de l'économie grecque. D'où les appels du pied à l'Italie pour qu'elle donne des gages de saine gestion. Pendant le week-end, Silvio Berlusconi a ainsi été rappelé à l'ordre par l'UE qui lui a réclamé des engagements fermes en matière de réformes structurelles pour relancer une croissance atone et de réduction de la dette avant le sommet de mercredi. "Les partenaires de l'Italie ont besoin de clarté. Il est important qu'ils soient convaincus", a souligné lundi le porte-parole de la Commission européenne pour les Affaires économiques, Amadeu Altafaj. Mais Silvio Berlusconi se veut rassurant et affirme que "personne n'a quoi que ce soit à craindre" de l'Italie, "troisième économie" de la zone euro. "Nous honorons notre dette publique ponctuellement, nous avons un excédent primaire plus vertueux que nos partenaires et nous atteindrons l'équilibre budgétaire en 2013", a-t-il soutenu.

Mais les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas : l'Europe exige de l'Italie des mesures et un calendrier précis pour éviter qu'une propagation de la crise de la dette à ce pays qui souffre d'un manque de crédibilité sur les marchés, ne mette en péril l'ensemble de la zone euro. Outre une réforme du système des retraites, elle réclame une sérieuse évolution du marché du travail, afin de stimuler l'emploi pour les jeunes, et du cadre législatif pour les entreprises. L'UE réfléchit en parallèle à l'option de soutenir l'Italie en rachetant, via son Fonds de secours, de la dette italienne sur le marché afin que le pays puisse se financer à des conditions raisonnables.

le 25 octobre 2011 à 07:24
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32 Commentaires

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  • 421123, le 25/10/2011 à 19h06

    Ce sont les électeurs qui les élisent. Un Peuple a les Dirigeants qu'il mérite...

  • head4, le 25/10/2011 à 18h14

    C'est clair. 2012 ne sera pas la fin du monde, mais de l'Europe, si l'umps passe.

  • dom145, le 25/10/2011 à 17h08

    A "loava": la retraite à 60 ans // la demi-part pour les parents isolés; deux premiers acquis qui me viennent à l'esprit, vu que je suis concerné directement, mais j'en oublie d'autres que les internautes vont vous rappeler, vu que sarko a toujours oeuvré pour les plus riches français (exemple: le bouclier fiscal) !!!

  • wayne16, le 25/10/2011 à 16h40

    Il faut arréter la machine infernal que nous impose nos gouvernants qui nous ont menés à la ruine actuelle!!!

  • kline972, le 25/10/2011 à 15h42

    FH est déjà président de la république ???

  • loava, le 25/10/2011 à 13h13

    Quels droits avez vous "systématiquement" perdus ?

  • loava, le 25/10/2011 à 13h08

    Vous avez mis quoi dans votre café ce matin ?

  • untitideparis, le 25/10/2011 à 13h06

    On entend pas beaucoup l'intronisé du PS sur tout cela.

  • nini_1985, le 25/10/2011 à 12h16

    SUREMENT PAS ! je ne paierais pas pour l'ITALIE ! au lieu de fa

  • lucien31, le 25/10/2011 à 12h10

    En effet le recours aux bons vieux bas de laine de nos anciens pour faire sa retraite semblerait judicieux et sûr (et après le changer contre l'or quand il y a trop de billets, l'or est encore à ce jour une valeur refuge très chère); Maintenant comme il va falloir travailler plus longtemps, il n'y a pas intérêt à se ramasser Alzheimer, car on risque de ne plus se rappeler ou l'on a mis ces économies, son petit coffre, dans le mur ou enterré dans un jardin, et cela est malheureusement souvent arrivé à nos anciens.

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