Sauvetage de la zone euro : pourquoi l'Allemagne bloque

Par J.D., le 23 novembre 2011 à 18h28 , mis à jour le 24 novembre 2011 à 13h02

Dossier : Crise financière

DECRYPTAGE - Angela Merkel et Nicolas Sarkozy rencontrent ce jeudi le successeur de Silvio Berlusconi. Ce dernier pourrait jouer le rôle d'arbitre entre Paris et Berlin sur le renforcement du rôle de la BCE.

Angela Merkel, chancelière allemande, Image d'archivesAngela Merkel, chancelière allemande, Image d'archives © REUTERS

"Nein". C'est le mot allemand que l'on entend le plus depuis le début de la crise dans la zone euro. Aujourd'hui, plus que jamais, l'Allemagne, par la voix de sa chancelière Angela Merkel, rechigne à faire avancer plusieurs dossiers européens.

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  • Crise de la dette : les banques centrales volent au secours de la zone euro

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  • Crise de la dette en Italie : l'avertissement de l'Elysée

    S'il y a un problème italien, c'est le coeur de la zone euro qui est atteint", a-t-on affirmé dimanche à l'Elysée, en assurant que "l'engagement de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel était très fort pour soutenir l'Italie".

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  • La Grèce donne encore des sueurs froides à l'Europe

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  • Aide à la Grèce : Sarkozy et Merkel mettent la pression sur Papademos

    Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont signifié samedi au nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos "l'urgence de la mise en oeuvre complète et intégrale de tous les engagements pris" par Athènes, notamment ceux contenus dans l'accord du 27 octobre, a annoncé l'Elysée.

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  • Crise de la dette et effet domino : les scénarios possibles

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  • Les deux plans de rigueur français : insuffisants pour Bruxelles

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Au point que de nombreux Européens montraient leur agacement, jeudi matin. Pour le Vice-Premier ministre du Luxembourg, Angela Merkel prend "le risque que l'Union européenne meure". Pour l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, l'euro est "dans le coma" et a besoin d'"un traitement de choc".

C'est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel rencontrent, ce jeudi à Strasbourg, Mario Monti, le nouveau président du Conseil italien, pour montrer aux marchés la confiance qu'ils placeront en lui pour rééquilibrer les comptes du pays. Autre objectif, plus politique, de ce mini-sommet : Mario Monti, en dirigeant de la troisième économie de la zone euro, va pouvoir se poser en arbitre face aux différends franco-allemands.

L'avis du successeur de Silvio Berlusconi sera, en particulier, attendu sur le dossier chaud des ces derniers jours, le statut de la Banque Centrale européenne (BCE). La France souhaite que l'institution poursuive ses rachats des dettes des pays en difficulté. Cette opération rassure les marchés et est, depuis quelques jours, considérée comme le moyen de limiter, à court terme, la contagion de la crise. Mais pour l'Allemagne, c'est toucher à son indépendance : hors de question. Ce refus vient de deux peurs.

"Nein" à l'inflation et aux déficits élevés

Tout d'abord l'Allemagne craint plus que quiconque l'inflation. Dans les années 1920, le pays a connu une hyperinflation galopante. Le salaire, perçu en début de mois, ne valait plus rien à la fin. Or, le rôle de la BCE, inscrit dans le marbre, est précisément de limiter l'inflation à 2% par an dans la zone euro. "C'est son mandat, elle l'exerce (...), et l'Europe (...) n'a pas le droit de changer quoi que ce soit à ce mandat", répétait Angela Merkel mercredi devant le Bundestag, le parlement allemand. Changer le statut de la BCE, c'est menacer cette mission. Car en rachetant de mauvais titres de dettes, l'institution émet de la monnaie, et plus il y a de la monnaie en circulation, plus il y a de risques d'inflation.

Ensuite, notre voisin d'outre-Rhin, en tant que première économie européenne et donc première contributrice aux budgets et fonds européens, refuse également de donner l'impression qu'elle peut financer n'importe qui. "L'Allemagne est très attachée à la rigueur budgétaire, à l'équilibre des comptes publiques. Elle a ce soucis que les autres pays ne fassent pas n'importe quoi", explique Sabine Lebayon, économiste à l'OFCE.

Alors Angela Merkel s'oppose également aux "euro-obligations", qui mutualiseraient les dettes européennes et permettraient donc aux pays en difficultés d'emprunter au même taux que les pays en bonne santé. "Si on doit la mener, cette discussion doit être menée à la fin, je ne trouve pas que ce soit le bon moment", indiquait la chancelière allemande mercredi. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a vu dans cette phrase une avancée de l'Allemagne, puisqu'elle ne s'y opposerait pas, mais se pose juste la question du calendrier.

"Nein" à une action trop rapide

Message allemand : pas d'avancées sur les euro-obligations sans modification des traités européens pour y inscrire une discipline budgétaire plus contraignante. Jusqu'ici, ses partenaires ne montraient pas d'intérêt à un tel changement, la France, et d'autres pays, estimant que le rachat des dettes par la BCE était plus "urgent", pour reprendre les termes d'Alain Juppé, jeudi matin. Mais mercredi, la Commission européenne a proposé de renforcer la surveillance des pays de la zone euro. Les projets de budget seraient examinés à l'avance par Bruxelles qui pourrait demander à ce qu'ils soient modifiés pour limiter les déficits publics. La commission pose ce projet en préalable à la création d'euro-obligations... faisant ainsi un pas vers l'exigence allemande.

Pour l'heure, les marchés, ne voyant pas de solidarité européenne, ne sont pas rassurés. La crise poursuit sa contagion. Après la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, depuis quelques jours, les craintes se font grandissantes sur la France, qui emprunte à des taux de plus en plus élevés. Mais pour Sabine Lebayon, l'Allemagne est consciente des conséquences de ce blocage : "la preuve, ils ont fait beaucoup de compromis, notamment sur le FESF. Quand ils sont au pied du mur, quand la situation devient de plus en plus compliquée comme aujourd'hui, il y a de plus fortes possibilités pour que l'Allemagne accepte des avancées." Pour Hans Stark, chercheur à l'Ifri, "il ne faut pas penser que seule l'Allemagne bloque, puisque d'autres pays sont d'accord avec elle : les Pays-Bas, la Finlande, la Slovaquie... C'est un blocage interne qui dépasse le seul couple franco-allemand".

Un blocage pourrait être rapidement dépassé : mercredi, l'Allemagne n'a pas réussi à placer sur le marché la totalité des obligations d'Etat qu'elle désirait émettre.

Par J.D. le 23 novembre 2011 à 18:28
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50 Commentaires

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  • paqueu, le 27/11/2011 à 18h17

    Finalement, l'Allemagne acce Je suis sûr que l'Allemagne accepterait de revenir à l'Europe des 6. Cela serait un bien pour la France parce que l'on tomberait du bon côté et un mal parce que l'Allemagne nous en ferait voir de toutes les couleurs. Quoiqu'il en soit on n'aurait pas le choix.

  • danielr61, le 25/11/2011 à 18h30

    A lire votre commentaire,deux solutions:ou vous êtes un humoriste de premier ordre,ou vous êtes compètement déconnecté. L' Allemagne est actuellement le moteur de l' économie Européenne (et il est normal qu' elle soit la première à bénéficier de cette situation. Et ce n' est surtout pas à nous français avec un Pays qui a perdu presque toutes ses industries .Et si les "roses" arrivent avec leurs copains écolos, ils arrêtent le nucléaure, ces doux rêveurs ... alors que les mêmes ont fait fermer les aciéries en France (ça pollue !!!) ,ils veulent planter partout des éoliennes faites en acier.Mais bon sang,ça suffit les rêveurs qui vont tuer l' humanité encore plus vite que par la "pollution"! Quant au raisonnement sur ;j' ai besoin d' argent sur le marché pour relancer l' économie et embaucher, il aurait mieux valu ne pas jeter l' argent par les fenêtres en accueillant "toute la misère du monde" tout en fermant nos industries. Investir dans l' industrialisation quand on a accepté et la mondialisation et l' Europe de Bruxelles et l' euro,c' est comme vouloir nager avec des poids de 50 kilos à chaque membre; Pour faire ce que vous avancez,les préalables sont :sortir de l' Europe et de l' Euro... Mais à part Marine LE PEN ,tous nos politiques ne le veulent pas donc nous mourrons tous ensemble avec les Italiens, les Espagnols, les Grecs, les Portugais, mais 'tous égaux dans la misère"...

  • levemo47, le 25/11/2011 à 17h39

    Pas question !

  • ocykath, le 24/11/2011 à 15h31

    @juju67190 : suffit d'indexer les salaires. L'inflation n'est un problème QUE pour les rentiers.

  • tiktakowsky, le 24/11/2011 à 15h17

    Elle a perdu la Bundesrat, et les prochaines sont pour ainsi dire perdues.

  • marine-2012, le 24/11/2011 à 15h16

    @chebeu59= Ha bon, on va récupérer les 600 milliards que l'on a donné pour l'euro ?

  • -sfcm-, le 24/11/2011 à 15h14

    N'importe quoi. Regardons la vérité en face. Economiquement l'Allemagne est au dessus du lot. Où avez vous vu que la France est un pays de jeunes?

  • louis61ans, le 24/11/2011 à 15h13

    Pour chbeuu59: Je suis dans la gadoue, vous me faites un crédits pour moi de 10 000 euros ? mais ne vous inquiétez pas, je vous en rembourserai que 2000...

  • chicnation, le 24/11/2011 à 14h59

    Chbeuu59, vous êtes encore une victime de la caste du cac40 qui ne sait pas que l'on en donne plus que l'on en prend.

  • michelfan, le 24/11/2011 à 14h44

    Surtout pas !

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