Premières escarmouches sur un projet de budget 2012 déjà menacé

le 18 octobre 2011 à 22h42 , mis à jour le 18 octobre 2011 à 22h58

Dossier : Crise financière

Pour le gouvernement, l'objectif de baisse des déficits publics à 4,5% du PIB en 2012 est "intangible". Pour la gauche, le projet de budget dont la discussion a débuté à l'Assemblée est "injuste" en affectant classes moyennes et populaires. Les débats s'annoncent houleux...

Le Congrès de Versailles Image d'archive © Abacapress

C'était écrit, le gouvernement aurait du mal à faire passer son budget 2012. Bâti sous l'obligation d'austérité dictée par la crise européenne de la dette et les menaces de dégradation de la note française, le projet de loi fédère contre lui la gauche qui accuse l'Etat de pressuriser les classes moyennes et même une partie de la majorité qui juge que la taxation des plus hauts revenus doit être revue à la hausse.

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    Pour le gouvernement, l'objectif de baisse des déficits publics à 4,5% du PIB en 2012 est "intangible". Pour la gauche, le projet de budget dont la discussion débute à l'Assemblée est "injuste" en affectant classes moyennes et populaires, et risque de replonger la France dans la récession.

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  • Plusieurs banques françaises sous surveillance négative

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Et ce qui devait arriver est arrivé : l'ouverture du débat budgétaire a tourné mardi au round de campagne présidentielle à l'Assemblée, le ministre de l'Economie François Baroin se livrant à un long réquisitoire contre le projet du PS, dont les députés n'ont cessé d'attaquer "un budget d'austérité aveugle et massive". "L'actualité donne un relief singulier à ce projet de loi de Finances" mais "nous pourrons regarder les Français dans les yeux", a déclaré M. Baroin au lendemain de la mise sous surveillance par l'agence de notation Moody's de la dette de la France, sur fond de croissance plus faible que prévu. Mais il s'est surtout employé à attaquer l'irresponsabilité des propositions socialistes. "Il vous faut remiser ce projet fou au placard !", a-t-il lancé aux députés PS avec dans le viseur le candidat à la présidentielle François Hollande. En réponse, Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés socialistes, a accusé M. Baroin de se "tromper d'endroit" et de se "croire à la convention de l'UMP" de riposte au projet socialiste après deux mois de primaire.

Projet "injuste pour les classe moyennes"
 
Ciblant "le déni" des socialistes qui les obligera à se "renier" ou à "nous ruiner", la ministre du Bugdet, Valérie Pécresse, a  à son tour défendu un budget 2012 "sous le signe des réformes et des économies" qui permettra à la note de la France d'être "préservée". "La réduction des déficits, c'est une priorité nationale et quelles que soient les évolutions de la situation économique, notre engagement, nous le tiendrons", a-t-elle réaffirmé, après avoir rappelé l'objectif de réduction du déficit public de 5,7% en 2011 à 4,5% en 2012 puis 3% en 2013. Lundi soir, le Premier ministre François Fillon a prévenu qu'il faudrait "des mesures nouvelles" d'austérité, si la croissance n'atteignait pas au moins 1,5% en 2012, ce qui semble compromis.
 
Là encore, la gauche a largement mis en cause la politique économique gouvernementale. "Ce projet de budget pour la première fois de notre histoire est discuté alors qu'une agence de notation a placé la France sous surveillance", a souligné le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, "ce qui ne me semble pas le gage d'une particulière efficacité des politiques menées ni l'occasion de donner des leçons". Il avait auparavant ironisé sur le fait que Mme Pécresse évoquait récemment un bugdet bâti "pour rassurer les marchés".
 
Ces premières invectives augurent en tout cas mal d'un vote serein au Parlement. Les grandes lignes des mesures qui doivent être discutées dans l'hémicyle sont connues depuis le plan d'austérité annoncé par François Fillon le 24 août. Si le gouvernement vante un budget "soigneusement dosé", avec un effort requis surtout des grandes entreprises et ménages aisés pour préserver la croissance et l'emploi, le PS dénonce un projet "injuste" affectant les classes moyennes et populaires et risquant de replonger la France dans la récession.

Taxe sur les hauts revenus

A sept mois des élections présidentielle et législatives, aucune hausse générale des impôts n'est au menu, mais des augmentations ciblées avec un coup de rabot de 10% sur certaines "niches fiscales" ou avec la création de nouvelles taxes, comme sur les sodas. Symbolique, est aussi prévue une taxe "exceptionnelle" sur les très hauts revenus. Jugée insuffisante notamment par plusieurs élus de la majorité, décidés à la durcir, cette taxe a été un peu élargie, aux termes d'un compromis entre le Premier ministre François Fillon et les députés UMP et Nouveau Centre.

Avec un Sénat désormais majoritairement à gauche, le gouvernement cherche en effet à éviter tout vote des députés UMP ou centristes sur des mesures contraires à ses souhaits qui déboucherait sur des mesures adoptées au Palais du Luxembourg. Ce budget sera cependant plus ou moins fortement modifié par un projet de loi rectificatif après les élections de 2012, quel que soit le président et l'Assemblée issus des urnes.

le 18 octobre 2011 à 22:42
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48 Commentaires

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  • sisi4314, le 20/10/2011 à 14h20

    Au moins un commentaire réaliste .... et qui ne fait pas de la démagogie ou du populisme....

  • 421123, le 19/10/2011 à 17h18

    Voter contre ne constitue pas un Programme....

  • assacar, le 19/10/2011 à 16h42

    Et bien merci a tous pour vos interventions, que l'on soit d'accord ou non je trouve important qu'on puisse discuter sur les sujets de fond en oubliant un peu les querelles partisanes....a reflechissement, je peux vous garantir que je suis de droite, et même pas qu'un peu je dirais....l'objet de mes questions aux socialiste était de mettre en évidence le fait que je puisse concevoir qu'on souhaite du changement dans la gouvernance du pays, mais qu'il faudrait un peu arrêter de vouloir voter "contre" mais plutot de vouloir voter "pour quelque chose". notre président n'est pas parfait, oui c'est vrai, qui l'est, mais si la dernière fois j'ai voté pour lui c'est parce que j'étais pour certaines de ses idées....je suis hélas sidéré de voir qu'aujourd'hui on ne sait plus faire que vouloir voter contre, quite a ne même pas savoir pourquoi on va voter...

  • assacar, le 19/10/2011 à 16h22

    Et bien merci a tous pour vos interventions, que l'on soit d'accord ou non je trouve important qu'on puisse discuter sur les sujets de fond en oubliant un peu les querelles partisanes....a reflechissement, je peux vous garantir que je suis de droite, et même pas qu'un peu je dirais....l'objet de mes questions aux socialiste était de mettre en évidence le fait que je puisse concevoir qu'on souhaite du changement dans la gouvernance du pays, mais qu'il faudrait un peu arrêter de vouloir voter "contre" mais plutot de vouloir voter "pour quelque chose". notre président n'est pas parfait, oui c'est vrai, qui l'est, mais si la dernière fois j'ai voté pour lui c'est parce que j'étais pour certaines de ses idées....je suis hélas sidéré de voir qu'aujourd'hui on ne sait plus faire que vouloir voter contre, quite a ne même pas savoir pourquoi on va voter...

  • sandy29s, le 19/10/2011 à 15h12

    On appelle ça aussi l'anarchie: un gouvernement est élu par une majorité du peuple ,il faudrait donc une majorité pour le destituer . Un simple élu ne pourrait pas le faire .Vous ne rayer pas les gens de votre entourage sur un simple désaccord ,ça n'a pas de sens .Après que l'on rende inéligible un politique en cas de doute sur son honnêteté pourquoi pas ..Qu'on revoit les revenus et avantages des politiques aussi .C'est d'ailleurs assez drôle, mon fils étudie en ce moment la révolution française ,et dans celle ci on retrouve avec ses avantages ,le roi ,sa cour ,et le clergé ,nous étant représenté comme le tiers - état.Je dois admettre que cale m'a fait sourire.

  • 566456, le 19/10/2011 à 14h22

    Une preuve ? Un exemple ? Une évidence ? Rien, discours classique d'anty-Sarkozyme de base.

  • reflechissement, le 19/10/2011 à 14h09

    Cher Asacar, vous semblez quelqu'un d'assez intelligent. Vous nous dites regarder les débats politiques et vous semblez vous intéresser de façon objective à tout cela. Mais alors pourquoi vouloir chercher des réponses que vous devriez à priori être à même de trouver seul. Aussi j'en viens à croire que vous êtes en fait quelqu'un de gauche qui se fait passer pour quelqu'un de droite afin de pouvoir mettre en valeur le programme du PS. Aussi c'est quelqu'un de droite, anciennement de gauche qui va vous répondre. Il est illusoire de croire que les politiques ont le pouvoir sur l'économique. Ils ne peuvent intervenir qu'à la marge des grandes évolutions d'une mondialisation subie par la majorité. A cela deux raisons. La première, le véritable pouvoir, le pouvoir financier, n'est plus dans les mains des banques centrales et donc des états mais dans celui d'institutions privées qui n'ont comme objectif que produire non pas de la richesse mais de l'argent pour et par l'argent. La seconde, plus humaine, est que nos hommes et femmes politiques de droite, de gauche, sont issus des mêmes familles ou classe sociales ou écoles que ces grands financiers. C'est l'argent qui les met au pouvoir, c'est l argent qui leur dicte leur conduite. Dans ces conditions, je pense que voter à gauche ce n'est pas forcement croire au programme ou aux réformes proposées. Voter à gauche c'est plutôt voter pour un concept, une idée, une vision humaniste de la société. Bien sur la gauche a dans l'histoire conduit à l'avancé de nombreux progrès sociaux. Sans en faire une liste rébarbative je citerais, à replacer dans le contexte historique, l'interdiction du travail des enfants dans les mines, les congés payés, la sécurité sociale, la suppression de la peine de mort, la démocratisation de l'enseignement supérieur? La gauche incarne des notions de justice, d'éducations plus généreuses que la droite. Toutes ces choses qui peuvent être jugées comme un progrès pour une majorité. Voter à gauche c'est croire en une société apaisée, c'est idéaliser une nature humaine capable de partage et d'abnégation, de solidarité et de désintéressement. Etre de gauche c'est espérer. Mais passée l'espérance il reste la réalité. Nous sommes dans une société sauvage, brutale, sans fois ni vraiment loi. Et maintenant que j'ai une famille, un foyer, des envies je vote à droite car je sais qu'ils défendront ma liberté, celle qui me permet de vivre convenablement aujourd'hui, et finalement la seule qui compte, celle d'écraser les autres pour assurer mes besoins.

  • laureb77, le 19/10/2011 à 13h34

    Très bon..j'adhère complètement..

  • alx974, le 19/10/2011 à 13h25

    Assacar Ne cherchez pas à avoir une réponse claire des socialistes , le constat est cuisant : 255 miliards de dettes supplémentaires en 5 ans, un projet complètement suréaliste, la note de la France perdra au minimum 2 ou 3 crans. Il n'y a que la vérité qui fache. Et pour démentir les idées préconcues de la dette de la france, je rappelle tout de même que quand Mitterand est revenu sur la retraite à 65 ans pour la passer à 60 ans, cela a couté à la france pas loin de 60 miliards par an et cela avant la réforme de Sarkosy !! Si on tient compte des réductions de charges sociales Aubry suite à l'idée géniale des 35h en 2000, c'est pas loin de 40 miliards par an d'aides et donc de recettes en moins pour l'état !! Soit rien que sur des réformes socialistes datant de 2000 et bien avant, cela a couté 100 miliards par an soit près de 1000 miliards dur 10 ans ... il serait donc bon d'arrêter vos sornettes Kosotto et cie car entre les arriérés des bobo gaucho et la crise mondiale, je trouve que Sarkosy s'en sort pas mal !!

  • 60corlau, le 19/10/2011 à 13h18

    Malheureusement pour la droite, il n'y aura que ce "super sarko", alors, où est la solution selon vous ??????

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