Barack Obama, le 30/11/11 © A.F.P.Les marchés ont des oreilles. Et elles se tournent facilement vers les discours du président américain Barack Obama. "Pour la première fois, une étude de Sharmin Sazedj et José Tavares de l'université de Lisbonne, s'est attachée à mesurer l'impact d'une quarantaine de déclarations publiques du président sur Wall Street et le cours des actions", écrit le quotidien Les Echos daté de mardi.
Obama utilise l'état de l'Union pour esquisser son programme
Le président américain a prononcé mardi soir devant le Congrès le traditionnel discours annuel sur l'état de l'Union. Il a notamment annoncé des réformes fiscales visant les plus riches, une manière à peine voilée de critiquer les candidats républicains à l'investiture, et notamment Mitt Romney.
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Mais que veulent les marchés ?
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Leur conclusion : certains mots plaisent ou déplaisent aux marchés. "Ce ne sont pas les discours qui ont un effet en eux-mêmes mais leur contenu (fréquence d'expressions clefs, tonalité positive ou négative) et leur structure", détaille le journal économique. Plus le président utilise les mots "rêve" ou "espoir", plus les indices boursiers américains grimpent. Au contraire, les mots "crise" ou "changement" les font baisser. Pour les marchés, "changement" est synonyme d'incertitude. Et rien ne déplaît plus à un marché que de ne pas savoir ce qui va se passer.
Les variations suscitées le jour même sont modestes, de l'ordre de -0,1% à +0,2%, rapportent Les Echos, mais elles sont significatives.
Les marchés n'aiment pas les blagues
La structure même des discours du président a un effet particulier. Barack Obama a ainsi recours à des figures de style : il répète certains mots-clefs afin de donner plus de poids au message et répondre par avance aux objections et critiques qui pourraient lui être formulées afin de les désamorcer. Cela a un impact positif sur les trois indices boursiers analysés (le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq).
"En revanche, ils ne sont pas particulièrement impressionnés par la tendance du président américain à augmenter 'l'intensité' de la fin de ses discours pour terminer sur un vibrant appel à l'action" relate le quotidien économique. Les anecdotes, les plaisanteries et les familiarités déplaisent aux marchés. Ils y voient un moyen de détourner leur attention et leur vigilance. D'où "les difficultés de bâtir un discours économique qui satisfasse à la fois les citoyens, les entreprises et les marchés" estiment Les Echos.
Autre constatation des chercheurs : le Nasdaq - qui regroupe des entreprises technologiques - réagit moins fortement que les autres indices.
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