Mais que veulent les marchés ?

Par Jessica DUBOIS, le 21 novembre 2011 à 17h57 , mis à jour le 21 novembre 2011 à 19h15

Dossier : Crise financière

INTERVIEW - Au lendemain des élections espagnoles, les marchés financiers ont chuté. Alors que l'on pense que les marchés font et défont les gouvernements, M. Aglietta estime que la solution pour apaiser les marchés est politique.

TF1 News : Qu'appelle-t-on "les marchés" ?

  • Ces mots d'Obama qui influencent les marchés

    "Rêve", "espoir", "crise", "changement"... Selon une étude d'un centre de recherche en économie de Lisbonne à laquelle ont eu accès Les Echos, les marchés réagissent aux mots, tonalités et blagues des discours d'Obama.

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  • Croissance : la France maintient le cap du 1%

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  • Notes souveraines: la France et les Etats-Unis dans le même bateau ?

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  • Italie : les marchés mettent la pression sur Monti

    Les taux d'emprunt de l'Italie se sont envolés vendredi à des niveaux record lors d'une émission obligataire, avec un rendement de 6,5% à six mois. Le pays a tout de même réussi à lever comme prévu 10 milliards d'euros. Mais ces taux témoignent d'une défiance récurrente des marchés.

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    La troisième principale agence de notation estime mercredi que la note de la France serait fragilisée si la crise de la zone euro s'aggravait et entraînait l'utilisation de la totalité des engagements français du fonds de sauvetage européen.

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  • Mise en garde de Moody's sur le AAA français, les Bourses chutent

    L'Espagne emprunte à des taux en hausse, Moody's alerte sur la croissance française et la super-commission américaine échoue à trouver des économies pour réduire la dette. Lundi, les Bourses ont chuté.

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  • La Grèce donne encore des sueurs froides à l'Europe

    Les réformes requises tardent. Le dirigeant conservateur Antonis Samaras a déjà fait connaître son intention de renégocier les conditions de l'aide européenne s'il remporte les prochaines législatives. La troïka revient à Athènes pour exiger de tous les partis des engagements écrits.

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  • Aide à la Grèce : Sarkozy et Merkel mettent la pression sur Papademos

    Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont signifié samedi au nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos "l'urgence de la mise en oeuvre complète et intégrale de tous les engagements pris" par Athènes, notamment ceux contenus dans l'accord du 27 octobre, a annoncé l'Elysée.

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  • Course contre la montre à Rome pour rassurer les marchés

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  • L'Italie a perdu la confiance des marchés

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  • Les deux plans de rigueur français : insuffisants pour Bruxelles

    La France doit prendre "des mesures supplémentaires pour corriger son déficit public excessif" en 2013, a averti jeudi la commission européenne. Ce déficit devrait atteindre 5% en 2013 selon elle.

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  • Grève générale au Portugal

    La crise de la dette préoccupe aussi au Portugal. Une grève générale est prévue jeudi contre l'austérité. Le pays devrait tourner au ralenti, notamment dans les transports et les services publics.

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Plus d'infos

Michel Aglietta* : Ce sont des investisseurs, surtout des fonds de pension, un peu les assurances... Tous ceux qui détiennent les actions. Le marché c'est là où se synthétise tout ce qui est offre et demande d'actions. La psychologie des marchés, c'est la psychologie de la crainte et de l'aversion pour le risque.

Aujourd'hui, tous les pays veulent de l'austérité, donc il va y avoir une croissance plus faible, les entreprises vont voir leurs profits diminuer, donc les taux d'intérêts auxquels on s'endette devraient augmenter par crainte de cette perte des profits.

Or, la variable des actions c'est l'anticipation des profits dans l'avenir et des taux d'intérêt de base, d'endettement à 10 ans. Aujourd'hui, tous ceux qui détiennent des actions veulent réduire leur portefeuille. Et comme tout le monde veut faire pareil, les Bourses baissent.

Vous parlez des variables sur le long terme, mais il y a également des variables de court terme... Par exemple, on attendait beaucoup des élections en Espagne ce week-end.
M.A. : Cela peut avoir un impact très temporaire. Les marchés incorporent toutes les informations qui leurs arrivent. Mais rien ne change d'un coup de baguette magique. En Espagne il y a beaucoup d'insolvabilité dans le secteur privé et il y a de l'austérité budgétaire. Donc on s'attend à une récession, et une réaction positive des marchés, comme après une élection, n'aura un effet possible que de quelques jours. Les actions varient selon ce qu'elles peuvent rapporter à leurs détenteurs. Après il se greffe des épiphénomènes, mais cela s'efface.

Dans les périodes d'incertitude comme aujourd'hui, la tendance est au fléchissement. Pour l'instant, on anticipe une récession temporaire en 2012. Les autres éléments, ce sont l'insolvabilité des Etats, la sortie de la Grèce de l'euro,... des éléments politiques. Il y a une très forte volatilité, sur du court terme, parce que personne ne comprend ce qu'il se passe sur le plan politique - le gouvernement allemand dit une chose, puis en dit une autre le lendemain, cela crée de la volatilité.

Le 26 octobre par exemple, on annonçait un plan d'ensemble pour la zone euro, avec un renforcement du fonds de stabilité européen. Mais on se rend compte très vite que cela ne marche pas : les Chinois ne veulent pas payer, les financements ne sont pas disponibles...

Que faudrait-il pour contenter les marchés ? Que veulent-ils ?
M.A. : Il faudrait que la zone euro connaisse une mutation plus profonde. Tout d'abord il faudrait que la Banque centrale européenne change de statut et devienne prêteur en dernier ressort, en rachetant des titres d'Etats en difficultés - elle dit qu'elle ne le fait pas mais finalement elle le fait un peu, cela crée aussi de l'incertitude.

Ensuite, il faut que l'Europe soit plus solidaire, que les pays pouvant soutenir la conjoncture le fasse. Pour les pays en difficulté, il faut une force de croissance qui leur viennent de l'extérieur, de pays ayant la capacité de le faire. Les Allemands ne le font pas pour le moment alors que ce sont eux qui ont les capacités de la faire. Donc il faut plus de fédéralisme.

Enfin, à mon avis, il faudrait que le budget européen soit augmenté pour faire des dépenses d'investissements nouveaux au niveau européen, financé par une taxe carbone ou une taxe sur les transactions financières. Le but étant de mener une vrai politique industrielle. La crise doit faire passer l'Europe à une étape plus ambitieuse, sinon on éclate. Et si l'Europe éclate, les marchés financiers chuteront également.

La solution est donc politique ?
M.A. : Oui, parce qu'on arrive à un niveau où la crise est politique. La plupart des Etats (sauf pour la Grèce) se sont endettés pour sauver les banques après l'éclatement de la crise immobilière en 2008 et pour mener un plan de relance. C'est là d'où vient le plus gros de la dette publique aujourd'hui. Les Etats sont donc en difficultés mais le privé ne va pas mieux, il ne peut donc pas prendre le relais. C'est une seule et même crise qui rebondit et qui change de sas.

Donc il faut donc en effet une solution politique compréhensible. Pour que les marchés changent d'attitude, que les taux d'endettement des pays diminuent rapidement. On est dans un moment où la solidarité européenne doit prendre le pas sur les divergences entre pays.

*Conseiller scientifique au CEPII, conseiller scientifique à Groupama AM et professeur de sciences économiques à l'Université Paris-X Nanterre.

Par Jessica DUBOIS le 21 novembre 2011 à 17:57
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45 Commentaires

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  • aughust, le 24/11/2011 à 11h25

    Impossible, ou alors combien d enfants ?

  • alkira200, le 23/11/2011 à 19h25

    Vous avez compris une partie du problème! Maintenant, intéressez-vous au fonctionnement de la création monétaire, vous aurez compris pourquoi la plupart des pays sont endettés, et qu'il y a cette crise de liquidités ...

  • lilian54360, le 23/11/2011 à 13h29

    Donnez moi ces preuves et si c'est vraiment vrai oui alors c'est scandaleux

  • smegman, le 23/11/2011 à 02h40

    Retour vers le Futur IV ...

  • alkira200, le 22/11/2011 à 19h32

    @ljean69 : une guerre mondiale n'arrangerait certainement pas les finances publiques, pour ce qui est des industries d'armement par contre ... Vous connaissez le poids du secteur de la défense dans l'économie américaine ? 698 milliards de dollars en 2010, soit 42.8 % du total des budget de de défense au niveau mondial !!!

  • moicontribuable, le 22/11/2011 à 14h44

    Ici on ne parle pas de bourse et de retraites, mais de dettes ociales contractee par nos elus pour developper l'assistanat et le socialisme. La bourse comme les retraites l'utilisen tpermettent a des entreprises de se developper et de recrutter.

  • moicontribuable, le 22/11/2011 à 14h15

    Beaucoup commentent ici, mais soutiennent la politique sociales de l'UMPS qui nous a endette en versant des milliards en aides sociales a des gens qui n'ont jamais faits le moindre effort. J'ai meme des documents pour demontrer ce que j'avance. Une femme au chomage depuis 15 ans, issue de l'immigration et regularisee il y a 16 ans, elle touche 1800 euros d'aides sociales, et meme 3200 euros en Septembre de cette annee toutes aides cumulees! Elle touche deux fois plus en aides sociales que si elle fesait l'effort de travailler! Et dire que certaisn critiquent la crise mais soutiennent ceux qui la provoquent.

  • escotr250, le 22/11/2011 à 13h45

    D'accord avec vous pour financer nous memes un maximum d'investissement nécessaire. Mais ce n'est pas le peuple qui a créee ces déficits ceux sont ses "représentants" par folie des grandeurs, compromissions ou lacheté face aux lobbys. Les francais (quand ils le peuvent) sont parmi les plus grands épargnants dans le monde

  • untitideparis, le 22/11/2011 à 12h23

    Il y a déjà belle lurette que les financiers dirigent le monde parce qu'ils profitent que les politiques ne jouent jamais la solidarité et donc n'ont plus aucun pouvoir,mais maintenant c'est au grand jour!

  • syberya, le 22/11/2011 à 12h11

    @seiyar70--Taratata, les journalistes français étaient déjà sur la brèche dés 2008 ne vous en déplaise, ou j'en déduis que nous ne lisons pas la même presse, certes ce ne sont pas des articles parus dans "GALA " :o) et toc, du reste je vous invite à lire ce livre édifiant " Blythe Masters " de Pierre Javanovic journaliste français de son état, livre paru en Janvier 2011, et dont le contenu, je suppose à demandé nombre d'enquêtes lesquelles ne se sont sans doute pas faites en un jour...tout ça pour vous dire, que la presse française à assuré s'agissant d'information. Persiste et signe o)

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