Référendum grec : après la stupeur, le branle-bas de combat

le 01 novembre 2011 à 12h39 , mis à jour le 01 novembre 2011 à 17h32

Dossier : Crise financière

L'organisation d'un référendum en Grèce sur le plan de sauvetage de la zone euro met en émoi toute l'Europe. Nicolas Sarkozy, qui a téléphoné à Angela Merkel, va présider une réunion de crise à l'Elysée. Le Premier ministre grec a par ailleurs annoncé sa présence à une réunion mercredi à Cannes.

Nicolas Sarkozy Angela MerkelLe président français et la chancelière allemande en novembre 2009 © ABACA

 
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Le moins que l'on puisse dire est que l'annonce, lundi soir, par Georges Papandréou, d'un référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, a pris les dirigeants de la zone euro de court. Le soulagement n'aura duré que cinq jours après le sommet européen de Bruxelles. Les banques avaient déjà accepté d'effacer 50% de leurs créances sur la Grèce (représentant environ 210 milliards d'euros) dans le cadre du plan anticrise mis en place très difficilement la semaine dernière. Moyennant un contrôle des finances grecques et des mesures d'austérité, les dirigeants de la zone euro avaient accepté pour leur part de prêter 130 milliards d'euros à la Grèce. Mais cet accord européen est très critiqué en Grèce pour l'abandon de souveraineté qu'il implique. D'où cette décision d'un référendum... qui, estiment les marchés, remet tout sur la table.

France et Allemagne déterminées

Les présidents de l'UE et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, se sont efforcés de calmer l'effervescence en assurant avoir "pleine confiance" dans le respect par la Grèce de ses engagements. Côté français, alors que Nicolas Sarkozy avait tout fait pour dramatiser l'enjeu de l'accord de la semaine écoulée, et n'avait pas caché son soulagement après le marathon qui avait abouti à un accord, c'est plutôt la discrétion qui a prévalu mardi matin du côté de l'Elysée, pendant que les Bourses européennes s'effondraient. Tout au plus a-t-on annoncé que le chef de l'Etat devait téléphoner à la mi-journée à la chancelière allemande Angela Merkel pour évoquer avec elle la décision grecque. A la suite de cet entretien, l'Elysée a diffusé un communiqué assurant que "la France et l'Allemagne sont déterminées à assurer avec leurs partenaires européens la pleine mise en ouvre, dans les meilleurs délais, des décisions adoptées par le sommet". Les deux dirigeants ont ajouté "qu'en consultations avec leurs partenaires européens ainsi que le FMI, une feuille de route puisse être rapidement arrêtée pour assurer l'application de cet accord", dit le texte.

Réunion à Cannes mercredi

Vers 17 heures, une réunion de crise convoquée par Nicolas Sarkozy a débuté. Elle réunit les principaux ministres concernés par la crise de la dette grecque, à savoir : le Premier ministre, François Fillon, et les ministres des Affaires étrangères, des Affaires européennes, de l'Economie et du Budget, Alain Juppé, Jean Leonetti, François Baroin et Valérie Pécresse, ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

Le Premier ministre grec a de son côté annoncé qu'il assisterait mercredi à Cannes à un "dîner de travail" réunissant les dirigeants allemand et français, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, les responsables de l'UE et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Georges Papandreou a par ailleurs assuré, dans un communiqué le référendum grec sur le plan européen anti-crise allait "renforcer le pays dans la zone euro et sur le plan international", lors d'un entretien téléphonique mardi avec son homologue allemande Angela Merkel. Selon les services du Premier ministre, Mme Merkel a "exprimé sa compréhension et souligné qu'elle comprenait les évolutions en Grèce".

"Totalement irresponsable"

Les réactions politiques françaises, en revanche, sont beaucoup plus tranchées. Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice et ancien ministre, n'a pas caché ses craintes de voir une victoire du "non" lors du référendum. "Lorsqu'on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je vous le dis très clairement, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable". Sur la même ligne, Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle et déléguée adjointe de l'UMP en charge du projet, déplore la décision grecque. A l'opposé, Marine Le Pen voit dans cette décision une occasion de sortir de l'euro, alors qu'elle accuse régulièrement la monnaie européenne de tous les maux. Quant à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, il voit dans ce référendum annoncé "un minimum de démocratie". "Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges Papandréou savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec", a-t-il lancé sur France Info. L'eurodéputé et vice-président du MoDem Robert Rochefort a dit pour sa part "comprendre" la position du premier ministre grec Georges Papandréou, vue la "situation intenable" dans laquelle il se trouve.

De l'autre côté du Rhin aussi, la fébrilité gagne. Rainer Brüderle, ex-ministre de l'Economie et chef de file des députés libéraux, qui participent à la coalition de la chancelière Angela Merkel, s'est dit "irrité par cette manoeuvre étrange" du Premier ministre grec. Plus acerbe encore, le spécialiste des questions européennes de la CSU, branche bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, Markus Ferber, a qualifié lui l'annonce de Papandréou de "folie politique et idiotie économique".

Et du côté de l'Italie, qui redoute d'être la prochaine victime de la crise de la dette, la fièvre est plus prononcée encore : Silvio Berlusconi a une nouvelle fois assuré mardi que les réformes économiques promises par Rome lors du sommet européen du 26 octobre seraient mises en oeuvre et s'est engagé à les détailler lors du sommet du G20. Dans le même temps, au sein de l'opposition, le Parti Démocrate a demandé au président italien Giorgio Napolitano de nommer un nouveau gouvernement avant le G20 pour gérer la crise économique.

le 01 novembre 2011 à 12:39
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51 Commentaires

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  • bouboux83, le 02/11/2011 à 11h43

    Le problème de l'euro, c'est qu'il aurait fallu ne jamais y rentrer.... Certains nous avaient prévenus. Ouvrez les yeux !!!

  • maxatan, le 01/11/2011 à 22h03

    Oué oué ! et je propose qu'on leur mette à tous une chaîne autour du cou et qu'ils viennent travailler dans nos usines en échange de ce qu'on voudra bien leur donner. Ah mais j'oubliais que nous n'avons plus d'usines à cause de la CON-pétitivité ! Et c'est pas parce que les banques ont des comportements inhumains que nous devons en faire autant. Pourquoi ne pas faire en sorte que nos banques changent ?! C'est mieux non ? Bises

  • mikaelo2111, le 01/11/2011 à 20h23

    Mon ami , le plan d'aide a la grece c'est quand meme avec ton pognon un petit peu ...

  • mikaelo2111, le 01/11/2011 à 20h21

    Non monsieur c;est nous les irresponsables d'avoir voulu unir des pays de different niveau economique. Le resultat est la maintenant. L'europe n'aura pas fait long feux, A la premiere crise on parle deja de dissolution. C'est sarko qui aurait du nous demander notre avis a nous, car ne me faite pas croire que ce plan ne coutera rien au contribuable francais .... Merci de me publier

  • 1raleur, le 01/11/2011 à 20h16

    Loava : moi , mon banquier , quand je lui demande un emprunt , se renseigne sur mes possibilités de remboursement , on me demande même un bilan de santé en plus de sérieuses garanties !

  • j.bon, le 01/11/2011 à 20h15

    Et bien expliquez nous pourquoi !

  • kaelea, le 01/11/2011 à 18h14

    C'est pas le monde de la finance qui va disparaitre, c'est l'euro qui est une abberation.

  • cafoutchi, le 01/11/2011 à 17h10

    Merkel et Sarkozy sont à la solde des marchés, qu'ils laissent les grecs choisir... Ils peuvent même eux aussi demander l'avis des citoyens allemands et français!

  • loava, le 01/11/2011 à 16h08

    Et ceux a qui ils doivent de l'argent (entre autre la France...) vous en faites quoi ?

  • loava, le 01/11/2011 à 15h57

    Vous trouvez ça drole ?

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