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DOSSIER : Crise financière

Référendum grec : la zone euro entre stupeur et tremblements


le 01 novembre 2011 à 17h51 , mis à jour le 01 novembre 2011 à 17h53.
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5min
Nicolas Sarkozy Angela Merkel

Le président français et la chancelière allemande en novembre 2009 / Crédits : ABACA

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ConjonctureL'organisation d'un référendum en Grèce sur le plan de sauvetage de la zone euro met en émoi toute l'Europe. Nicolas Sarkozy, qui a téléphoné à Angela Merkel, va présider une réunion de crise à l'Elysée. Le Premier ministre grec a par ailleurs annoncé sa présence à une réunion mercredi à Cannes.

 

 

Le moins que l'on puisse dire est que l'annonce, lundi soir, par Georges Papandréou, d'un référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, a pris les dirigeants de la zone euro de court. Le soulagement n'aura duré que cinq jours après le sommet européen de Bruxelles. Les banques avaient déjà accepté d'effacer 50% de leurs créances sur la Grèce (représentant environ 210 milliards d'euros) dans le cadre du plan anticrise mis en place très difficilement la semaine dernière. Moyennant un contrôle des finances grecques et des mesures d'austérité, les dirigeants de la zone euro avaient accepté pour leur part de prêter 130 milliards d'euros à la Grèce. Mais cet accord européen est très critiqué en Grèce pour l'abandon de souveraineté qu'il implique. D'où cette décision d'un référendum... qui, estiment les marchés, remet tout sur la table.

France et Allemagne déterminées

Les présidents de l'UE et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, se sont efforcés de calmer l'effervescence en assurant avoir "pleine confiance" dans le respect par la Grèce de ses engagements. Côté français, alors que Nicolas Sarkozy avait tout fait pour dramatiser l'enjeu de l'accord de la semaine écoulée, et n'avait pas caché son soulagement après le marathon qui avait abouti à un accord, c'est plutôt la discrétion qui a prévalu mardi matin du côté de l'Elysée, pendant que les Bourses européennes s'effondraient. Tout au plus a-t-on annoncé que le chef de l'Etat devait téléphoner à la mi-journée à la chancelière allemande Angela Merkel pour évoquer avec elle la décision grecque. A la suite de cet entretien, l'Elysée a diffusé un communiqué assurant que "la France et l'Allemagne sont déterminées à assurer avec leurs partenaires européens la pleine mise en ouvre, dans les meilleurs délais, des décisions adoptées par le sommet". Les deux dirigeants ont ajouté "qu'en consultations avec leurs partenaires européens ainsi que le FMI, une feuille de route puisse être rapidement arrêtée pour assurer l'application de cet accord", dit le texte.

Réunion à Cannes mercredi

Vers 17 heures, une réunion de crise convoquée par Nicolas Sarkozy a débuté. Elle réunit les principaux ministres concernés par la crise de la dette grecque, à savoir : le Premier ministre, François Fillon, et les ministres des Affaires étrangères, des Affaires européennes, de l'Economie et du Budget, Alain Juppé, Jean Leonetti, François Baroin et Valérie Pécresse, ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

Le Premier ministre grec a de son côté annoncé qu'il assisterait mercredi à Cannes à un "dîner de travail" réunissant les dirigeants allemand et français, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, les responsables de l'UE et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Georges Papandreou a par ailleurs assuré, dans un communiqué le référendum grec sur le plan européen anti-crise allait "renforcer le pays dans la zone euro et sur le plan international", lors d'un entretien téléphonique mardi avec son homologue allemande Angela Merkel. Selon les services du Premier ministre, Mme Merkel a "exprimé sa compréhension et souligné qu'elle comprenait les évolutions en Grèce".

"Un comportement qui n'est pas loyal"

En France, les réactions n'ont pas tardé. Dernière en date, celle de la Laurence Parisot. Interrogée sur LCI, la patronne du Medef a jugé que la volonté de la Grèce d'organiser un référendum relèvait d'un "comportement anormal, qui n'est pas loyal" envers ses partenaires européens. "Depuis déjà un certain temps, la Grèce ne jouait pas le jeu. Il faut en tirer les conséquences", a ajouté la présidente de la principale organisation patronale française, après avoir évoqué la sortie de la zone euro de ce pays au coeur de la crise de la dette souveraine européenne. "S'il faut un jour envisager la sortie de la Grèce, définissons les conditions juridiques pour que cette sortie, finalement, ne concerne que la Grèce", a-t-elle déclaré.

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice et ancien ministre, n'a pas caché ses craintes de voir une victoire du "non" lors du référendum. "Lorsqu'on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je vous le dis très clairement, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable". Sur la même ligne, Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle et déléguée adjointe de l'UMP en charge du projet, déplore la décision grecque. A l'opposé, Marine Le Pen voit dans cette décision une occasion de sortir de l'euro, alors qu'elle accuse régulièrement la monnaie européenne de tous les maux. Quant à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, il voit dans ce référendum annoncé "un minimum de démocratie". "Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges Papandréou savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec", a-t-il lancé sur France Info. L'eurodéputé et vice-président du MoDem Robert Rochefort a dit pour sa part "comprendre" la position du premier ministre grec Georges Papandréou, vue la "situation intenable" dans laquelle il se trouve.

En Allemagne, on parle de "folie politique"

De l'autre côté du Rhin aussi, la fébrilité gagne. Rainer Brüderle, ex-ministre de l'Economie et chef de file des députés libéraux, qui participent à la coalition de la chancelière Angela Merkel, s'est dit "irrité par cette manoeuvre étrange" du Premier ministre grec. Plus acerbe encore, le spécialiste des questions européennes de la CSU, branche bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, Markus Ferber, a qualifié lui l'annonce de Papandréou de "folie politique et idiotie économique".

Et du côté de l'Italie, qui redoute d'être la prochaine victime de la crise de la dette, la fièvre est plus prononcée encore : Silvio Berlusconi a une nouvelle fois assuré mardi que les réformes économiques promises par Rome lors du sommet européen du 26 octobre seraient mises en oeuvre et s'est engagé à les détailler lors du sommet du G20. Dans le même temps, au sein de l'opposition, le Parti Démocrate a demandé au président italien Giorgio Napolitano de nommer un nouveau gouvernement avant le G20 pour gérer la crise économique.

Commenter cet article

  • fred0861 : Ayons confiance

    Le 01/11/2011 à 20h16
  • galatis : Le referendum aurait du avoir lieu il y a deux ans, bien avant que Papandreou acheve la Grece ... Le pays serait deja a moitie sauve, et l'europe aussi !

    Le 01/11/2011 à 20h16
  • micky06 : Oui dehors de cette mascarade, et si vous partez, on va vous enviez

    Le 01/11/2011 à 19h56
  • jean6412 : Moi je sortirai plutôt L'Allemagne de l'euro

    Le 01/11/2011 à 19h52
  • janexx : Oui, mais les grecs étaient bien d'accord pour entrer dans la zone euro , il me semble. Et maintenant, ils ne veulent plus assumer!!!!!! Ils veulent le beurre , l'argent du beurre, et le C...de la crémière. des gens comme çà, on n'en a pas besoin. Qu'ils sortent vite de notre zone, même si elle loin d'être parfaite.On peut se débrouiller sans eux. et j'espère que cela nous servira de leçon (nous,pays de la zone euro)pour accepter ceux qui veulent y entrer à tout prix, mais qui n'en ont pas les moyens.

    Le 01/11/2011 à 19h51
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