Revenir à l'équilibre budgétaire en 2016 : est-ce possible ? Et souhaitable ?

Par Jessica DUBOIS, le 08 novembre 2011 à 16h38 , mis à jour le 09 novembre 2011 à 16h52

Dossier : Crise financière

INTERVIEW. 4,5% en 2012, 3% en 2013... 0% en 2016. Selon François Fillon, le retour à l'équilibre budgétaire de l'Etat est atteignable dans cinq ans. "Mais à quel prix ?" s'interroge Eric Heyer, économiste à l'OFCE.

La question

Objectif 0% de déficit en 2016, c'est :

Réaliste
Irréaliste
Souhaitable
Pas souhaitable

 
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Plus d'infos

Eric Heyer, directeur adjoint au département analyse et prévision de l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques :  Tout est possible mais à quel prix ? Ça va coûter en termes de croissance, d'emploi, etc. Chercher à atteindre 4,5% de déficit en 2012 - on en est à 5,6% en 2011 - alors que les autres pays européens mettent également en place  des politiques de rigueur, ça apporte de la récession. Donc on n'atteindra pas les 4,5% de déficit en 2012, il faudra un nouveau plan de rigueur. Rien ne dit qu'on ne perdra pas notre triple A !

Si on regarde les annonces, en 2012, l'Allemagne sera à 0% de croissance et les autres pays en dessous de -1%. Même si seule la France réalise son plan de rigueur, il y aura récession. Alors on peut arriver à 0% de déficit en 2016, mais on aura de la récession chaque année et un taux de chômage à 15-16%.  Le risque c'est que la crise conjoncturelle devienne une crise structurelle. Et on peut aussi ne pas y arriver...

TF1 News : La France est en déficit budgétaire depuis 1975, pourquoi n'a-t-elle plus atteint l'équilibre depuis ?

E. H. : Parce que ce n'est pas un objectif en soi. Pour l'atteindre, il faut arrêter l'investissement public. Les investissements dans les infrastructures c'est 2,5 points de PIB. On dit que l'investissement privé est important, alors pourquoi l'investissement public ne le serait-il pas ?

Pour atteindre l'objectif de zéro déficit, on doit rogner sur plein de dépenses pour l'avenir. On dit déjà que le problème de la France c'est son manque de compétitivité. Atteindre l'équilibre avec la récession, ça ne ferai qu'empirer notre compétitivité, nos infrastructures,... 

Je suis curieux d'entendre qu'on va mourir de notre dette alors que les agences de notation nous notent 20 sur 20. C'est également très curieux que dans un pays aussi riche que la France on ait comme seule priorité de réduire la dette de l'Etat. On peut la réduire par d'autres méthodes : la croissance et la compétitivité. Réduire les déficits et mener une politique de relance. Ça ira moins vite mais ce sera moins douloureux.

TF1 News : Pourtant certains pays sont quasiment à l'équilibre aujourd'hui...

E. H. : Il y a des petits pays très ouverts, comme la Suède, qui ont réussi à se désendetter en dévaluant. Cela marche pour les petits pays car ils sont très ouverts, la part des exportations dans le PIB est très importante. Donc en dévaluant, c'est le commerce extérieur qui prend la relève. Dans le cas d'un grand pays, l'impact négatif sur la demande intérieure sera supérieur à l'impact positif sur le commerce. Cela marche si on peut dévaluer et si on est le seul à le faire. 

En Allemagne, ils ont un degré d'ouverture d'un petit pays. La part de leurs exportations dans le PIB est de 48%, alors qu'en France elle n'est que de 30%. Et eux ils ont fait un effort avant la crise en mettant en place la TVA sociale - c'est-à-dire qu'ils ont augmenté la TVA et baissé les charges des entreprises, donc ça se traduit par une augmentation des prix pour les produits extérieurs. Ça a fonctionné parce qu'ils l'ont fait en 2007, ils ont pris l'avantage sur tout le monde.

Aujourd'hui, la stratégie pour s'en sortir, c'est de faire des politiques coopératives, et pas synchronisées entre les membres de l'UE. C'est-à-dire de bien déterminer comment on s'aide les uns et les autres.

Par Jessica DUBOIS le 08 novembre 2011 à 16:38
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52 Commentaires

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  • marinebis, le 10/11/2011 à 00h29

    Quels emplois perdus ? les nounous, les jardiniers, les panneaux solaires subventionnés à mort ? vous plaisantez, les gens assez riches pour se les payer continueront de les payer et de leur poche. Quant aux dons humanitaires défiscalisés, c'est peanuts... quand un riche se paye de l'immobilier avec un prêt à zéro %, n'oubliez pas que c'est tous les contribuables qui sont en train de financer sa jolie baraque ! voilà le vrai assistanat : faire des cadeaux à ceux qui ont déja les moyens !

  • lucien31, le 09/11/2011 à 23h46

    Mathématiquement c'est impossible, malgré le changement du train de vie que l'on doit revoir à la baisse, et dont on ne peut échapper des salaires des plus fortunés et de ceux qui nous dirigent et nous tous les petits. J'ai bien peur que l'on soit obligé d'accepter l'aide d'un pays très riche et émergent, Brésil, Inde , mais surtout pas la Chine qui ne respecte rien et coule toutes nos boites françaises et qui vient de couler récemment France-watts usine française de panneaux voltaïques, ce n'est pas la faute du président NS toutes ces fermetures de boites qui font créer encore du chômage.

  • fan690, le 09/11/2011 à 21h59

    Bonsoir Gay2paris, Qui considérez-vous comme pauvres ou riches? Merci d'avance pour votre réponse.

  • mcg35, le 09/11/2011 à 16h20

    @sandy29s - Et vous, ce que votre commentaire est succint!!! ...

  • objectif-2012, le 09/11/2011 à 15h40

    Horusii vous vous trompez lourdement quand vous dites "une politique volontariste" car pour le moment rien n'est fait pour relancer l'économie et la croissance en France, nous faisons que creuser notre déficit et sans plus, et les agences de notations ne nous font plus confiance, regardez plutot en direction de l'Allemagne qui elle mène une politique différente et constructive, Mme Merkel vien d'annoncer une baisse de 6 milliards d'impots, attendez après les elections présidentielles de 2012 et vous verrez ce qu'il va nous arriver......

  • chantal7, le 09/11/2011 à 15h23

    Plus d'entreprises non plus ! Prenez des cours d'économie d'urgence !

  • sky_92, le 09/11/2011 à 13h51

    Augmentons les salaires, donc rendons nos produits encore plus chers que ce qu'ils sont déjà.. Nous sommes tous coupables, en achetant chinois pour l'essentiel, et ensuite on vient se plaindre !! Pensons déjà à etre compétitifs, et le reste viendra tout seul

  • claudcouledouce, le 09/11/2011 à 13h36

    Je suppose que vous proposez d'augmenter les salaires pour accroitre notre compétitivité. Je suppose également que vous embarquez du lest pour alléger le navire ? Votre théorie a été pratiquée depuis 30 ans et vous n'êtes pas encore convaincu par le résultat à l'instar de certain théoriciens fumeux ?

  • horusii, le 09/11/2011 à 13h23

    Il serait interessant d'une part d'avoir les vrais chiffres et d'autre part d'avoir une approche neutre parce qu'avec des analyses aussi profindes que celles-ci, on n'a aucune proposition et on se contente de taper sur le parti que l'on n'aime pas. Je suppose que vous faites parti de ces nombreux gens de gauche bien pensants, qui stigmatisent l'opposition plutot que de penser a son propre pays. Encore une fois, et que vous l'admettiez ou non, notre pays est encore debout aujourd'hui. Si l'endettement nous avait amene au bord du gouffre, on aurait les debats a l'italienne ou a la grecque. Cessez de fustiger Sarko parce que vous n'aimez pas le personnage, la seule raison pour laquelle on n'est pas en etat de cessation de paiement, c'est parce qu'il mene une politique volontariste visant a mettre la France au centre des debats. Par ailleurs, et encore en temps que bien pensant de gauche, vous etes sans doute le premier a fustiger la politique de rigueur ou les reductions d'emploi dans le service public - il faudrait nous expliquer comment vous pouvez combiner d'un cote une augmentation des depenses, et de l'autre la reduction de l'interventionisme d'etat qui pompe la France depuis des annees.

  • mcasar, le 09/11/2011 à 12h50

    Plafonner l'épargne empêchera-t-il aux gens, dans votre hypothèse, de garder l'argent chez soi et éviter les taxes sur l'épargne, tout ça dans le but de faire des réserves "au cas où" ? certainement pas !! au final pas plus de consommation qu'avant.

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