TF1 News : Est-il concrètement possible d'arriver à un déficit budgétaire à zéro en 2016 ?
OCDE : la zone euro entrée en récession, "doit se préparer au pire"
Selon les prévisions semestrielles de l'OCDE, la zone euro et la France sont entrées en récession fin 2011, ce qui menace tous les pays riches. La situation française "exige" un nouveau plan anti-déficits, selon l'organisation. Ce n'est pas d'actualité, assure François Baroin.
Publié le 28/11/2011
Crise de la dette et effet domino : les scénarios possibles
QUESTIONS-REPONSES - L'Italie va-t-elle devoir demander une aide financière ? La zone euro peut-elle l'aider ? Pourrait-elle survivre à un tel cataclysme ? Tour d'horizon des scénarios possibles et des questions qui se posent face à l'aggravation de la crise de la dette.
Publié le 10/11/2011
Les deux plans de rigueur français : insuffisants pour Bruxelles
La France doit prendre "des mesures supplémentaires pour corriger son déficit public excessif" en 2013, a averti jeudi la commission européenne. Ce déficit devrait atteindre 5% en 2013 selon elle.
Publié le 10/11/2011
Eric Heyer, directeur adjoint au département analyse et prévision de l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques : Tout est possible mais à quel prix ? Ça va coûter en termes de croissance, d'emploi, etc. Chercher à atteindre 4,5% de déficit en 2012 - on en est à 5,6% en 2011 - alors que les autres pays européens mettent également en place des politiques de rigueur, ça apporte de la récession. Donc on n'atteindra pas les 4,5% de déficit en 2012, il faudra un nouveau plan de rigueur. Rien ne dit qu'on ne perdra pas notre triple A !
Si on regarde les annonces, en 2012, l'Allemagne sera à 0% de croissance et les autres pays en dessous de -1%. Même si seule la France réalise son plan de rigueur, il y aura récession. Alors on peut arriver à 0% de déficit en 2016, mais on aura de la récession chaque année et un taux de chômage à 15-16%. Le risque c'est que la crise conjoncturelle devienne une crise structurelle. Et on peut aussi ne pas y arriver...
TF1 News : La France est en déficit budgétaire depuis 1975, pourquoi n'a-t-elle plus atteint l'équilibre depuis ?
E. H. : Parce que ce n'est pas un objectif en soi. Pour l'atteindre, il faut arrêter l'investissement public. Les investissements dans les infrastructures c'est 2,5 points de PIB. On dit que l'investissement privé est important, alors pourquoi l'investissement public ne le serait-il pas ?
Pour atteindre l'objectif de zéro déficit, on doit rogner sur plein de dépenses pour l'avenir. On dit déjà que le problème de la France c'est son manque de compétitivité. Atteindre l'équilibre avec la récession, ça ne ferai qu'empirer notre compétitivité, nos infrastructures,...
Je suis curieux d'entendre qu'on va mourir de notre dette alors que les agences de notation nous notent 20 sur 20. C'est également très curieux que dans un pays aussi riche que la France on ait comme seule priorité de réduire la dette de l'Etat. On peut la réduire par d'autres méthodes : la croissance et la compétitivité. Réduire les déficits et mener une politique de relance. Ça ira moins vite mais ce sera moins douloureux.
TF1 News : Pourtant certains pays sont quasiment à l'équilibre aujourd'hui...
E. H. : Il y a des petits pays très ouverts, comme la Suède, qui ont réussi à se désendetter en dévaluant. Cela marche pour les petits pays car ils sont très ouverts, la part des exportations dans le PIB est très importante. Donc en dévaluant, c'est le commerce extérieur qui prend la relève. Dans le cas d'un grand pays, l'impact négatif sur la demande intérieure sera supérieur à l'impact positif sur le commerce. Cela marche si on peut dévaluer et si on est le seul à le faire.
En Allemagne, ils ont un degré d'ouverture d'un petit pays. La part de leurs exportations dans le PIB est de 48%, alors qu'en France elle n'est que de 30%. Et eux ils ont fait un effort avant la crise en mettant en place la TVA sociale - c'est-à-dire qu'ils ont augmenté la TVA et baissé les charges des entreprises, donc ça se traduit par une augmentation des prix pour les produits extérieurs. Ça a fonctionné parce qu'ils l'ont fait en 2007, ils ont pris l'avantage sur tout le monde.
Aujourd'hui, la stratégie pour s'en sortir, c'est de faire des politiques coopératives, et pas synchronisées entre les membres de l'UE. C'est-à-dire de bien déterminer comment on s'aide les uns et les autres.
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