Sarkozy clôt le G20 : les décisions prises

Par Jessica Dubois, le 04 novembre 2011 à 14h54 , mis à jour le 04 novembre 2011 à 21h36

Dossier : Crise financière

Après 2 jours de discussions intenses, Nicolas Sarkozy, en tant que président du G20, s'est félicité vendredi après-midi de la réponse à la crise. Parmi les décisions prises : une surveillance des paradis fiscaux et de grandes banques dont 4 françaises.

Trop préoccupé par les problèmes de la zone euro, le G20 n'a pas permis une adoption - de toute manière peu probable - d'une taxe sur les transactions financières. De plus grandes avancées ont été faites sur la régulation financière, où les banques "trop grosses pour couler" et les paradis fiscaux seront surveillées. Parmi ces banques, quatre françaises : BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Banque Populaire. Sur le dossier de la relance de la croissance, les pays qui s'en sortent le mieux devront stimuler leur demande intérieure pour tenter de favoriser la production mondiale. Le FMI verra ses moyens renforcés. Mais les pays membres du G20 n'ont pu se mettre d'accord sur la manière dont cela sera réalisé. Détail des principales mesures décidées lors de ce sommet des vingt plus grandes puissances économiques mondiales :
  • Interview TV : Sarkozy et Obama affirment leur "lien excellent"

    Dans leur entretien commun à TF1 et France 2 réalisé à l'issue du G20, le président français et son homologue américain ont affiché vendredi soir leur bonne entente et leur volonté de "travailler ensemble".

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  • Merkel prévient : dix ans pour sortir de la crise

    La chancelière allemande a estimé samedi qu'il faudrait à l'Europe "une décennie" pour assainir ses finances et sortir de la crise de la dette.

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  • L'Italie sous étroite surveillance

    Silvio Berlusconi peine à faire adopter ses mesures anti-crise par son gouvernement. Le pays a demandé à être surveillé par le FMI et la commission européenne. Silvio Berlusconi a indiqué avoir reçu et refusé une proposition d'aide financière du FMI, "pas nécessaire".

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  • Communiqué du G20: le texte en intégralité

    Voici l'intégralité du communiqué du G20 de Cannes. Les principaux axes étaient le relance de la croissance, le financement du developpement, la régulation de la finance... et la résolution de la crise de la zone euro.

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  • G20 : dernière ligne droite avant le communiqué final

    Selon un projet de communiqué, les membres du G20 s'accorderaient sur la nécessité pour les pays émergents en excédent de contribuer davantage à la croissance mondiale tout en insistant sur la nécessité pour le Fonds monétaire international de disposer des ressources suffisantes.

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  • G20 : les Européens optimistes, les Chinois moins...

    MINUTE PAR MINUTE - L'annonce d'un possible abandon du référendum en Grèce sur le plan d'aide a permis de finir la 1ère du journée du G20 sur une note d'optimisme au sein de la zone euro jeudi soir. Toutefois, la Chine joue les Cassandre et prédit des jours sombres pour l'économie mondiale.

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  • Journée marathon avant le G20 chamboulé par le référendum grec

    A J-1 du G20 à Cannes, l'agenda s'est (sur)chargé avec l'annonce surprise du référendum grec. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel débarquent à Cannes dès ce mercredi après-midi pour consulter tous azimuts, notamment le Chinois Hu Jintao, et surtout voir Georges Papandréou dans la soirée.

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  • Le G20 bouleversé par la "mauvaise surprise" grecque

    La stratégie du G20 face à la crise mondiale est bouleversée par l'annonce d'un référendum à l'issue incertaine en Grèce, à deux jours de l'ouverture du sommet des grandes puissances. Rappel des thèmes qui doivent être débattus.

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  • A la veille du G20, le référendum grec parasite la stratégie de Sarkozy

    Alors qu'approche le sommet du G20 à Cannes, le président de la République se retrouve dans une situation politique très délicate après l'annonce surprise d'un référendum grec qui remet en cause le plan de sauvetage de la zone euro arraché de haute lutte à Bruxelles. Explications.

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  • Sarkozy et Obama célèbrent l'amitié franco-américaine

    Hymnes des deux pays, dépôt de gerbes, discours et bain de foule... A l'issue du G20 à Cannes, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont tenu une cérémonie pour célébrer l'amitié franco-américaine.

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Plus d'infos

Sauver la zone euro : Les premiers propos de Nicolas Sarkozy, lors de sa conférence de presse de clôture du G20, vendredi en début d'après-midi, furent pour la Grèce et l'Italie, à l'image des priorités de ce sommet.  "Je suis heureux du changement complet d'atmosphère politique" en Grèce a-t-il commenté. Il a salué l'Italie pour avoir accepté la supervision du Fond monétaire international (FMI) et de la commission européenne. "Nous nous battrons pour défendre l'Europe et l'euro" a-t-il promis plus tard, avant d'ajouter : "tout le problème, c'est la réconciliation de l'Europe avec les peuples".

La première réunion de vendredi avait commencé avec 45 minutes de retard, Nicolas Sarkozy étant retenu à une autre réunion, vraisemblablement sur le dossier italien. "Le problème de l'Italie, c'est le manque de crédibilité", a commenté la directrice du FMI, Christine Lagarde

"Après avoir écouté nos partenaires européens ces deux derniers jours, je suis certain que l'Europe est en mesure d'être à la hauteur de ces difficultés" a déclaré de son coté Barack Obama. Le président américain a également indiqué que la crise de la zone euro soulignait la nécessité de parvenir à une coordination budgétaire, monétaire et institutionnelle.

"Nous saluons les décisions prises par le schefs d'Etat et de gouvernement européens le 26 octobre 2011 (...) et nous appelons de nos voeux leur mise en oeuvre rapide" écrit le communiqué final du sommet.

La croissance mondiale entre les mains de la Chine et de l'Allemagne : Concernant la relance de la croissance mondiale, "nous nous engageons à coordonner nos actions et nos politiques. Chacun d'entre nous jouera son rôle", indique le communiqué. Principal dossier du G20, le président de la République a précisé que l'on ne disposait pas "des marges de manoeuvre des G20 de 2009 et 2010". "Les pays dont la situation budgétaire est solide - la Chine et l'Allemagne - sont prêts à prendre de nouvelles mesures en faveur de la croissance". Ces mesures n'ont pas été détaillées lors de ce sommet.

Les pays visés sont le Brésil et la Chine en premier lieu, mais aussi l'Allemagne du coté des pays industrialisés. Là où la croissance est repartie après la crise. Ces pays n'ayant aucun problème pour exporter, le but est qu'ils soutiennent leur demande intérieure, pour augmenter également les importations, et donc la production des autres pays. Jusque là, la Chine préférait favoriser ses exportations plutôt que de soutenir leur marché domestique.

Quant aux pays avec des excédents extérieurs importants - la Chine étant visée - il est prévu qu'ils augmentent leur demande intérieure et qu'ils laissent plus flotter leur monnaie. La Chine est depuis longtemps sous le feu des critiques, notamment américaines, pour sous-évaluer sa monnaie, afin de favoriser ses exportations. Barack Obama a d'ailleurs salué la décision de la Chine d'augmenter la flexibilité du yuan.

Une meilleure protection sociale pour tous : Nicolas Sarkozy s'est également félicité de la mise en place d'un "socle de sécurité sociale" dans tous les pays membres du G20. Le communique indique qu'ils devront être "adaptés à chaque situation nationale".  "La protection sociale est favorable et pas contradictoire avec la croissance", a commenté Nicolas Sarkozy. Ce thème a été abordé lors d'une rencontre du B20 (B comme business), qui regroupait les grands syndicats patronaux des pays membres du G20 et le L20 (L comme Labour, travail en anglais), qui regroupait les syndicats de ces mêmes pays.

Stabiliser et renforcer le système monétaire :

"Nous ne tolèrerons pas un retour des comportements observés dans le secteur financier avant la crise, et nous contrôlerons étroitement la mise en oeuvre de nos engagements concernant les banques, les marchés dérivés de gré à gré et les pratiques de rémunération", indique le communiqué, qui ajoute qu'un accord a été trouvé pour "renforcer la régulation et la supervision du système bancaire parallèle". La régulation de la finance passe par plusieurs axes : 

Les banques "too big to fail" surveillées : "Nous sommes convenus d'un ensemble de mesures qui visent à ce qu'aucun établissement financier ne puisse être considéré comme "trop important pour pouvoir faire faillite" et à éviter au contribuable d'assumer le coût de la résolution des banques", écrit le communiqué final.

"Le Conseil de stabilité financière (FSB) va publier la liste de 29 grandes banques systémiques", c'est-à-dire les banques dont une faillite serait un risque pour l'économie mondiale. Ces 29 banques - dont quatre françaises : BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Banque Populaire - verront leurs comptes épluchés par le FSB, l'institution financière créée lors du G20 d'avril 2009, à Londres. Elles devront avoir un ratio fonds propres supérieur aux autres banques.

Le FSB (pour Financial stability board), dont le nouveau président a été nommé lors du sommet - le gouverneur de la Banque centrale canadienne, Mark Carney remplace Mario Draghi, depuis trois jours à la tête de la banque centrale européenne (BCE) - verra son pouvoir renforcé, "pour assurer la mise en oeuvre des décisions du G20". Cette institution deviendra "une véritable organisation financière".

Les paradis fiscaux menacés : Le FSB devra également publier lors de tous les sommets du G20, une liste de pays ne respectant pas leurs engagements en terme de transparence fiscale. Cette liste est composée aujourd'hui de "onze pays que nous estimons être des paradis fiscaux" a indiqué Nicolas Sarkozy. S'ils ne s'engagent pas à sortir de cette liste, ces pays "seront mis au ban de la comunauté internationale" s'est engagé le président de la République.

Un plus grand contrôle des flux de capitaux : "Le contrôle des capitaux peut s'avérer nécessaire comme mesure de stabilisation", a décrit Nicolas Sarkozy. La monnaie chinoise notamment, le yuan, devrait être inclu dans les monnaies constituant les DTS, ces paniers de monnaies dont dispose le FMI comme monnaie de réserve.

Le FMI voit ses moyens renforcés : "Nous sommes également déterminés à progresser davantage vers une surveillance mieux intégrée, plus équitable et plus efficace du FMI, et à mieux identifier et traiter les effets de la contagion" indique le communiqué. "Les engagements ont été pris pour renforcer les moyens du FMI", mais les décisions sur les moyens de le faire seront prises en février, aucun accord n'ayant été trouvé sur la formule à adopter. L'objectif est que l'institution financière puisse "remplir son rôle de rempart contre les risques systémiques".

Lutter contre la volatilité des denrées agricoles : Le G20 s'est engagé, dans la droite ligne du sommet du G20 agricole de juin 2011, à augmenter la production agricole et à augmenter la transparence sur ces marchés.

"Pour renforcer la sécurité alimentaire, nous nous engageons à élaborer les instruments appropriés pour la gestion des risques et des situations humanitaire d'urgence", précise le communiqué.

Le G20 a également pris des décisions pour lutter contre la volatilité des prix dans des matières premières, notamment celles liées à l'énergie.

Financer le développement, par une taxe sur les transactions financières : Le rapport de Bill Gates pour financer le développement propose des "financements innovants". Et notamment une taxe sur les transactions financière, fer de lance de Nicolas Sarkozy lors de sa présidence du G20. Cette taxe est inscrite dans le communiqué final mais ne fait pas l'unanimité. "Il y a un certain nombre de pays qui ont rejoint le combat de la France, a annoncé le président français : la commission européenne, l'Allemagne, l'Espagne, l'Argentine, l'Union Africaine, l'Ethiopie, l'Afrique du Sud, les Nations Unies et le Bresil sont favorables au principe." La Grande-Bretagne et les Etats-Unis s'y opposant. Le but, pour Nicolas Sarkozy est que "les acteurs financiers qui ont conduit le monde là où il est aujourd'hui soient amenées à réparer les désastres qu'ils ont contribué à créer". "La France se battra pour que cette taxe soit une réalité" a-t-il déclaré. Les pays acceptant cette taxe pourraient la mettre en application dès 2012, chez eux.

Le communiqué indique donc : "certains d'entre nous ont mis en oeuvre ou sont prêts à étudier certaines de ces options. Nous reconnaissons les initiatives prises dans certains de nos pays pour taxer le secteur financier à des fins diverses, dont une taxe sur les transactions financières entre autres pour soutenir le développement".

Les ONG se sont dites déçues par le G20, l'accusant d'avoir laissé des "miettes" aux déshérités de la planète pour voler au secours de la zone euro et de la Grèce. "C'est vrai et je partage avec eux cette déception, a répondu Nicolas Sarkozy, mais sur le fond, ça a progressé", citant l'accord sur le socle social minimum du B20 et du L20.

Reformer la gouvernance mondiale : Le G20 ne disposera pas d'un secrétariat permanent comme le recommendaient certains, mais la troïka, constituée de la présidence en exercice, de celle qui l'a précédée et de celle qui lui succèdera, sera officialisée. Le prochain rendez-vous du G20 est prévu pour juin 2012, à Los Cabros, sous la présidence mexicaine.

Lire aussi> Communiqué du G20: le texte en intégralité  

Malgré le G20, les Bourses en baisse

La Bourse de Paris a terminé vendredi la séance sur une lourde perte (-2,25%) dans un marché en pleine interrogation sur le sort de la Grèce, ébranlé par la situation délicate en Italie et éprouvé par un environnement aussi incertain. A la clôture, l'indice vedette a cédé 71,92 points à 3.123,55 points dans un volume d'échanges de 3,27 milliards d'euros. Les autres grands indices européens ont également fléchi: à Francfort, le Dax a reculé de 2,72% et à Londres le Footsie a réussi à limiter ses pertes, cédant 0,33%. L'Eurostoxx 50 a abandonné 2,25%.

Par Jessica Dubois le 04 novembre 2011 à 14:54
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59 Commentaires

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  • 1971marie, le 06/11/2011 à 06h33

    Rendez nous notre franc ! fermer les vannes financières! sortir de l'Europe ! marine sauve nous !

  • ajmgoofo, le 05/11/2011 à 13h33

    Décisions encore des décisions...où sont les actions !!!

  • bene4975, le 05/11/2011 à 10h29

    Quel esprit positif !

  • kosotto1, le 05/11/2011 à 09h55

    Il n'y a rien à détricoter puisque ces mesures n'existent que ...sur le papier !

  • kosotto1, le 05/11/2011 à 09h10

    Excellent ! Vraiment !

  • megjl, le 05/11/2011 à 08h36

    Mon pauvre ami je vous plaint votre ignorance fait mal . mais ne vous inquietez pas cela se soigne tres bien.

  • megjl, le 05/11/2011 à 08h32

    La je suis bien d'accord les reunions ne sont pas finie il faudra bien qu'un jour quelqu'un se decide a dire: voila: toutes les reunions internationales ont coute tant de millions d'euros. alors plutot que de depenser autant d'argent pour ne pas dire grand chose sauf comfirmer que tous les pays sont dans la merde autant injecter tous ces millions dans l'economie. de toute maniere aucune illusuion a se faire ce sont les consomateurs qui vont payer le plus lourd et certainement pas les clans politicards qui eux ne se font pas de souci pour leurs fins de mois

  • dur6200, le 05/11/2011 à 08h32

    ça risque PAS!! le réferendum, ils s'assoient TOUS dessus!! vive la démocratie!! à tonmoulin52

  • chocojm, le 05/11/2011 à 08h27

    Mardi, nous avons regardé ARMAGEDDON avec Bruce WILLIS, JEUDI/VENDREDI G20 avec Nicolas SARKOSY, Je suis submergé"s par tant émotion en si peu de temps !!

  • lem122, le 05/11/2011 à 08h06

    Rien sur les agences de notations?? Pourtant...

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