Sarkozy fait le VRP de ses réformes

Par , le 06 janvier 2010 à 13h23 , mis à jour le 06 janvier 2010 à 17h43

Sans faire d'annonces, le Président de la république a défendu ses réformes lors de la présentation de ses voeux aux forces économiques. Il a confirmé qu'il maintenait le cap sur la taxe carbone.

 

La droite le trouvera "pédagogique", la gauche sans doute emprunt d'autosatisfaction. Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy qui s'exprimait à Cholet (Maine-et-Loire) mercredi , à l'occasion de ses voeux aux "forces économiques", n'a surpris personne. Il a saisi l'occasion pour se faire le VRP de son action économique, à mi-mandat.
 
Dans la première partie de son discours, le président de la République a une nouvelle fois exprimé sa satisfaction sur le plan de relance mené par son gouvernement. Plan de sauvegarde des banques, prime à la casse, investissements : l'exercice est rodé. Nicolas Sarkozy en a profité pour tacler la gauche, du PS aux Verts. "Depuis trop longtemps sévit dans notre pays une vision malthusienne de l'économie. Voilà le mal français : le malthusianisme, c'est l'idée, ou plutôt l'illusion, qu'on pourrait diminuer le chômage en partageant le travail, c'est l'illusion que la décroissance est la seule solution pour préserver l'environnement. Je ne vois pas de développement dans cette idéologie, qui ne propose de durable que la pauvreté", a raillé le président de la République dans un discours qui comptait toutefois moins de piques qu'à son habitude.
 
Nicolas Sarkozy est aussi revenu sur la suppression de la taxe professionnelle, qui lui vaut des difficultés avec les élus locaux, en vantant son impact sur l'emploi."C'était une prime à la délocalisation, car elle pesait principalement sur les entreprises les plus soumises à la concurrence internationale. En 10 ans, nous avons perdu 500 000 emplois industriels. Nous ne pouvions pas continuer comme cela, car une fois l'industrie partie, les services suivraient", a-t-il estimé pointant que cette suppression  permettrait de rétablir la compétitivité des entreprises françaises en allégeant leurs charges de 12 milliards d'euros en 2010 et de six milliards par an ensuite. Il a aussi  indiqué qu'un projet de loi visant à protéger artisans et commerçants contre la saisie de leurs biens privés en cas de faillite, serait présenté en février.
 
La taxe carbone sera
 
S'agissant de la taxe carbone, Nicolas Sarkozy a sobrement indiqué que les conclusions du Conseil constitutionnel, qui l'a censurée, étaient "venues" et que son gouvernement proposerait un nouveau projet le 20 janvier, applicable en juillet. "Je ne veux pas empêcher que l'on puise produire de l'acier en France", a martelé le président de la République en appelant une nouvelle fois à l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe, outil qui empêcherait un "dumping" des pays qui refusent les efforts écologiques. A ce sujet, il a aussi exprimé sa divergence d'analyse avec ceux qui considèrent le sommet de Copenhague comme un échec en affirmant que c'était déjà "mieux que Kyoto", le précédent accord sur le climat.
 
Il était revenu auparavant sur la nécessité  de "rétablir l'équilibre de nos finances publiques".  "La crise a creusé les déficits, c'était un mal nécessaire pour soutenir l'activité. Mais nous devons nous préparer à réduire notre déficit dès que la reprise sera installée", a prévenu Nicolas Sarkozy. "Pour y parvenir, nous ne pouvons augmenter les impôts. Avec plus de 40% de taux de prélèvements obligatoires, nous sommes parmi les pays où les impôts pèsent le plus lourd sur l'activité. La solution, c'est d'abord d'affecter à la réduction des déficits tous les surplus de recettes fiscales liés à la reprise économique". Dans cet objectif, il réunira "d'ici la fin du mois" une conférence sur le sujet avec les représentants de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités locales.

Avant les régionales, il a mis en cause la gestion des collectivités locales : depuis 30 ans, les effectifs de l'Etat ont augmenté de 14% alors que ceux des collectivités territoriales ont gonflé de 74%, a-t-il souligné. Il a ajouté qu'il aimerait "un peu plus de sens de l'Etat, de souci de l'intérêt général, d'honnêteté et de sens des responsabilités" de la part de l'opposition, qui gère 20 des 22 régions métropolitaines et de nombreux départements. Il a dit vouloir conduire "jusqu'au bout" la réforme des collectivités territoriales, contestée jusque dans sa majorité.

 

La Smart électrique fabriquée en Lorraine grâce à la fin de la Taxe professionnelle ?

Pour Nicolas Sarkozy, c'est une évidence. Si le constructeur automobile Smart (groupe allemand Daimler) a choisi de faire fabriquer ses véhicules électriques à Hambach (Moselle), c'est grâce à la suppression de la taxe professionnelle (TP). Aux termes du budget 2010, la TP disparaîtra et sera remplacée par la contribution économique territoriale (CET) assise sur la valeur ajoutée et le foncier et non plus sur l'investissement. Avec cette réforme, "les entreprises bénéficieront d'un allégement de trésorerie de 12 milliards en 2010 et à terme d'un allègement annuel d'impôts de 6 milliards", a ajouté le président.
La région Lorraine, dirigée par le sénateur (PS) Jean-Pierre Masseret, a pour sa part tenu à apporter une précision dans un communiqué : pour "contribuer à la création et au maintien de 134 emplois sur le site de Hambach", Daimler a obtenu le versement d'une subvention de 900.000 euros.

Par Olivier Levard le 06 janvier 2010 à 13:23
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43 Commentaires

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  • yann-87, le 07/01/2010 à 22h50

    Pour keops59 : il y a bien eu transfert de compétences de l'État vers les collectivités locales, les finances devaient être aussi transférées... seulement comme c'est l'État qui a tenu la calculette, les comptes n'y sont pas et bien qu'inscrit dans la constitution, dans les faits les collectivités ont bien eu une augmentation très importantes de leurs charges sans que les moyens financiers ne soient transférés complètement! il faut savoir être honnête parfois!

  • a.1.2.c.4, le 07/01/2010 à 11h06

    Heureusement qu'il est là ... sinon ... que feriez-vous derrière votre ... clavier ...? :o)))

  • jcsub, le 07/01/2010 à 08h20

    Les banques vont biens... les riches sont de plus en plus riches... les pauvres de plus en plus pauvres... Les politiciens sont de plus en plus gras... Nous sommes les meilleurs européens, dixit Monseigneur, et ses vassaux heureux comme des papes? Du grand Blabla, devant 1500 nantis du Choletais, trié sur le volet, bavant, moussant devant le dieu vivant, pour entendre dire « la France va bien » VU de là-haut. Et du bas, les Français ?rament, rament, rament? Et dire que j'ai voté pour ca !!! Quel imbécile que je suis ! Mais je n'aurai pas voté pour la Royale? non plus?alors?. ???

  • pilepoil13, le 07/01/2010 à 00h53

    @ 1 2 3 zéro, faut aller vous coucher maintenant, c'est l'heure pour vous, hein ???

  • a.1.2.c.4, le 07/01/2010 à 00h09

    @ "pilepoil13" (dans la main ?), blablareuhti ... blablareuhta ... vous va pas mal, hein ?

  • calimero33300, le 07/01/2010 à 00h00

    40 % d'impôts direct, oui mais il y a aussi la future taxe carbone, la TVA, la taxe sur l'essence, la taxe sur l'alcool, la taxe sur les CD et DVD, et j'en oubli .....allez sur google ( vous savez la future taxe google ) tapez " liste des taxes en France " ...

  • alain-paris, le 06/01/2010 à 23h49

    @fd66 : la dernière c'était la taxe carbone, soi disant compensée à l'euro près et lors de son annulation on a découvert qu'elle nous tondait de entre 1 & 2 milliards d'euros par an, on pourrait citer aussi la taxe sur les enseignes..., celle sur le téléphone pour financer la télé et j'en oublie

  • keops59, le 06/01/2010 à 23h31

    Vous oubliez certainement involontairement que l'état a remboursé deux ans de TVA aux collectivités locales en 2009 dans le cadre de la crise... d'ou le déficit accru de l'état et la légère hausse de la dette (0,5 milliards) des collectivité locales....

  • keops59, le 06/01/2010 à 23h25

    L'état ne se désengage pas du tout il y a seulement transmission de certaines responsabilités aux collectivités locales avec correspondance des moyens au centime près! car cela est inscrit dans la constitution. Les collectivités locales socialistes et de gauches sont de mauvaise foi. Leurs dirigeants ne sont d'accord sur rien sauf sur les dépenses d'ou l'augmentation des impôts des régions. Pour les prochaines régionales vous verrez au premier tour étant tous en désaccord ils partiront chacun de leur coté avec des programmes différents et au second tour ils se regrouperont uniquement pour garder leurs fauteuils rémunérateurs... avec un programme sans cohérence car cooptant des programmes différents. Leur seule bannière sera de faire battre le président et sa majorité ! quel programme!!! nul à souhait.

  • tosca66, le 06/01/2010 à 22h59

    Pendant ce temps là, il court de ville en ville apporter la bonne parole!!! il vient ici à perpignan le 12 janvier,belle pagaille en perspective...au pas de charge, avec roselyne dans ses bagages surement. et puis, SA taxe carbone, dommage qu'il n'ait pas été aussi impliqué dans les intérêts d'emprunts hpothécaires que dans cette taxe, on l'aurait eu la déduction qu'il avait tant expliqué lors de sa campagne électorale....mais, tout cela n'était que du vent, comme tout ce qu'il pourra dire à l'avenir...!

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