- Sarkozy : "le pouvoir d'achat à continuer à progresser" - 01 min 12 s
La droite le trouvera "pédagogique", la gauche sans doute emprunt d'autosatisfaction. Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy qui s'exprimait à Cholet (Maine-et-Loire) mercredi , à l'occasion de ses voeux aux "forces économiques", n'a surpris personne. Il a saisi l'occasion pour se faire le VRP de son action économique, à mi-mandat.
Dans la première partie de son discours, le président de la République a une nouvelle fois exprimé sa satisfaction sur le plan de relance mené par son gouvernement. Plan de sauvegarde des banques, prime à la casse, investissements : l'exercice est rodé. Nicolas Sarkozy en a profité pour tacler la gauche, du PS aux Verts. "Depuis trop longtemps sévit dans notre pays une vision malthusienne de l'économie. Voilà le mal français : le malthusianisme, c'est l'idée, ou plutôt l'illusion, qu'on pourrait diminuer le chômage en partageant le travail, c'est l'illusion que la décroissance est la seule solution pour préserver l'environnement. Je ne vois pas de développement dans cette idéologie, qui ne propose de durable que la pauvreté", a raillé le président de la République dans un discours qui comptait toutefois moins de piques qu'à son habitude.
Nicolas Sarkozy est aussi revenu sur la suppression de la taxe professionnelle, qui lui vaut des difficultés avec les élus locaux, en vantant son impact sur l'emploi."C'était une prime à la délocalisation, car elle pesait principalement sur les entreprises les plus soumises à la concurrence internationale. En 10 ans, nous avons perdu 500 000 emplois industriels. Nous ne pouvions pas continuer comme cela, car une fois l'industrie partie, les services suivraient", a-t-il estimé pointant que cette suppression permettrait de rétablir la compétitivité des entreprises françaises en allégeant leurs charges de 12 milliards d'euros en 2010 et de six milliards par an ensuite. Il a aussi indiqué qu'un projet de loi visant à protéger artisans et commerçants contre la saisie de leurs biens privés en cas de faillite, serait présenté en février.
La taxe carbone sera
S'agissant de la taxe carbone, Nicolas Sarkozy a sobrement indiqué que les conclusions du Conseil constitutionnel, qui l'a censurée, étaient "venues" et que son gouvernement proposerait un nouveau projet le 20 janvier, applicable en juillet. "Je ne veux pas empêcher que l'on puise produire de l'acier en France", a martelé le président de la République en appelant une nouvelle fois à l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe, outil qui empêcherait un "dumping" des pays qui refusent les efforts écologiques. A ce sujet, il a aussi exprimé sa divergence d'analyse avec ceux qui considèrent le sommet de Copenhague comme un échec en affirmant que c'était déjà "mieux que Kyoto", le précédent accord sur le climat.
Il était revenu auparavant sur la nécessité de "rétablir l'équilibre de nos finances publiques". "La crise a creusé les déficits, c'était un mal nécessaire pour soutenir l'activité. Mais nous devons nous préparer à réduire notre déficit dès que la reprise sera installée", a prévenu Nicolas Sarkozy. "Pour y parvenir, nous ne pouvons augmenter les impôts. Avec plus de 40% de taux de prélèvements obligatoires, nous sommes parmi les pays où les impôts pèsent le plus lourd sur l'activité. La solution, c'est d'abord d'affecter à la réduction des déficits tous les surplus de recettes fiscales liés à la reprise économique". Dans cet objectif, il réunira "d'ici la fin du mois" une conférence sur le sujet avec les représentants de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités locales.
Avant les régionales, il a mis en cause la gestion des collectivités locales : depuis 30 ans, les effectifs de l'Etat ont augmenté de 14% alors que ceux des collectivités territoriales ont gonflé de 74%, a-t-il souligné. Il a ajouté qu'il aimerait "un peu plus de sens de l'Etat, de souci de l'intérêt général, d'honnêteté et de sens des responsabilités" de la part de l'opposition, qui gère 20 des 22 régions métropolitaines et de nombreux départements. Il a dit vouloir conduire "jusqu'au bout" la réforme des collectivités territoriales, contestée jusque dans sa majorité.
| La Smart électrique fabriquée en Lorraine grâce à la fin de la Taxe professionnelle ? |
Pour Nicolas Sarkozy, c'est une évidence. Si le constructeur automobile Smart (groupe allemand Daimler) a choisi de faire fabriquer ses véhicules électriques à Hambach (Moselle), c'est grâce à la suppression de la taxe professionnelle (TP). Aux termes du budget 2010, la TP disparaîtra et sera remplacée par la contribution économique territoriale (CET) assise sur la valeur ajoutée et le foncier et non plus sur l'investissement. Avec cette réforme, "les entreprises bénéficieront d'un allégement de trésorerie de 12 milliards en 2010 et à terme d'un allègement annuel d'impôts de 6 milliards", a ajouté le président. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




