Sarkozy-Merkel : toujours un "oui, mais" allemand sur la taxe Tobin

Par , le 09 janvier 2012 à 14h04 , mis à jour le 11 janvier 2012 à 16h49

Dossiers : Crise financière, Dossier Euro

Le couple franco-allemand souhaite se baser sur la directive de la commission européenne pour mettre en place une taxe sur les transactions financières. Il souhaite avancer sur la croissance, l'emploi et la compétitivité lors du prochain sommet européen, le 30 janvier.

Taxe Tobin : Merkel privilégie toujours la solution européenneA l'issue d'un déjeuner de travail lundi avec la chancelière, à Berlin, le président français a réaffirmé sa volonté d'accélérer la mise en oeuvre d'une taxe sur les transactions financières. Angela Merkel a salué l'initiative, sans donner son accord. © TF1/LCI

L'Allemagne ne veut pas avancer seule, la France voulait montrer sa volonté d'avancer. Après une rencontre bilatérale ce lundi à Berlin, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont voulu montrer qu'il n'y avait pas de dissensions franco-allemande au sujet de la taxe sur les transactions financières. "Cela fait des années que nous nous battons pour mettre en place une taxe sur les transactions financières" a précisé Angela Merkel
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Mais la chancelière allemande a rappelé ce qu'elle avait déjà déclaré vendredi, alors que le président français se disait prêt à créer cette taxe seul : "Il serait bon d'envisager sa mise en place au sein de la zone euro. Si on n'arrive pas à convaincre les 27, il faudra réfléchir à comment continuer". "Il n'y a aucune précipitation de ma part", répondait Nicolas Sarkozy qui veut se baser sur le projet de directive de la commission européenne sur ce sujet.

Mais si la taxe sur les transactions financières est arrivée sur le devant de la scène avec la volonté d'accélération de la France, ce n'était pas l'objectif de ce déjeuner, qui doit préparer le sommet européen du 30 janvier.

Un nouveau traité signé le 1er mars 

Les deux pays ont d'abord rappelé leur volonté d'avancer sur le contrôle des budgets. Le nouveau traité incluant la règle d'or devra être signé "au plus tard le 1er mars", a précisé le président de la République, "il faut que l'Europe apprenne à décider plus rapidement". "Nous finaliserons politiquement le texte (d'un nouveau traité du pacte budgétaire, ndlr) en janvier", a ajouté le président de l'Union européenne, Herman van Rompuy, qui s'exprimait au même moment au Danemark.

Le mécanisme européen de stabilité (MES) qui doit prendre le relais du FESF, le fond de secours de la zone euro, sera mis en place ne juillet 2012, et "nous sommes prêt à accélérer sa capitalisation" a indiqué Nicolas Sarkozy. En attendant, la banque centrale européenne (BCE) analyse actuellement les manières de rendre le FESF opérationnel plus rapidement. "Il doit pouvoir être activé dans des situations d'urgence sur le marché primaire", d'émission de la dette par les Etats, a déclaré Angela Merkel. "La situation est tendue" déclarait les deux chefs d'Etat. "La France et l'Allemagne sont la pierre angulaire de l'Europe, a précisé Nicolas Sarkozy, il ne peut pas y avoir d'avenir de l'Europe sur des divergences franco-allemandes".

Le montant alloué au MES doit être réexaminé "sans délai" a annoncé Herman van Rompuy.

La croissance et l'emploi au menu du 30 janvier

"La consolidation budgétaire est un pilier pour l'Europe, mais il ne va pas sans un autre pilier, celui de la croissance et de l'emploi" ajoutait Angela Merkel. Le couple franco-allemand souhaite "avoir un aperçu de la réglementation en termes d'emploi pour voir où cela se passe le mieux". "La priorité aujourd'hui, c'est la croissance, c'est l'emploi, c'est la compétitivité" a ajouté Nicolas Sarkozy. "Il faut renforcer la capacité d'innovation de l'Europe" a déclaré la chancelière allemande. Pour autant, le président français se refuse à prendre des décisions avant le sommet social du 18 janvier avec les partenaires sociaux, notamment sur le terrain de la TVA sociale. Ces sujets doivent être abordés lors du sommet européen du 30 janvier.  

La Grèce doit rester dans la zone euro, a également rappelé le couple franco-allemand. Mais elle doit mettre en œuvre les réformes budgétaires décidées en octobre. La Grèce négocie actuellement la restructuration de sa dette avec les investisseurs privés. Nicolas Sarkozy a, quant à lui, indiqué que la France respecterait ses engagements en terme de déficit public. Il devrait être inférieur aux chiffres prévus pour 2011.

Par Jessica Dubois le 09 janvier 2012 à 14:04
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23 Commentaires

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  • lefrancisco13, le 10/01/2012 à 13h46

    "Ja".....

  • alain-paris, le 10/01/2012 à 10h19

    Finalement la politique étrangère, c'est simple comme un coup de fil. Suffit de savoir dire : "Ya Fraulein"

  • anetta1, le 10/01/2012 à 08h08

    En tout cas, il y a eu encore un effet d'annonce en France par Sarkozy, et maintenant plus rien, marre de cette politique spectacle qui n'apporte rien de bien à notre pays.

  • look165, le 09/01/2012 à 23h37

    "Je t'aime.....Moi non plus".

  • shcaca, le 09/01/2012 à 19h44

    Quand je pense que l'on se fout de la Corée du Nord ! comment les Français peuvent-ils être si naifs et si manipulés, De Gaulle avait raison : ce sont des Veaux, disait-il.

  • shcaca, le 09/01/2012 à 19h26

    Notre Président aurait encore une fois mieux fait de se taire....Sur le fond, cette taxe est admise par tous, mais doit être mis en place dans tous les pays sinon c'est une catastrophe pour la France ( la Suéde en a payé les pots cassés).Sarko ne pense qu'à son élection,qu'il va perdre par de telles fautes.

  • loava, le 09/01/2012 à 17h52

    Bebert59650 : c'est bien ce que je pensais ! vous regardez les choses avec des oeillères !

  • loava, le 09/01/2012 à 17h50

    De cette manière, il veut surtout faire avancer les choses ! la preuve tout le monde en parle et ça se fera avec l' Europe !

  • loava, le 09/01/2012 à 17h49

    Je ne comprends plus ! Vous avez critiqué N. Sarkozy du fait qu' il faisait des "cadeaux" aux riches et maintenant vous employez les arguments qu' il tenait quand justement il faisait des "cadeaux" aux riches pour lutter contre l'evasion fiscal !

  • breewen, le 09/01/2012 à 17h08

    Les marchés financiers peuvent dire un grand merci à Nicolas Sarkozy ! Après les délocalisations industrielles dont les politiques économiques et fiscales conduites depuis trente ans sont largement responsables, Nicolas Sarkozy invente et va réussir les délocalisations financières. Les banques vont transférer leurs activités de marchés et les entreprises feront de même avec leurs activités de trésorerie. Mais il est vrai que nos politiques ne sont plus à une bétise près quand il s'agit de se faire réélire. C'est désespérant de travailler et de vouloir faire en sorte que notre pays s'en sorte. Les démagogues politiques frappent et les Français vont encore en patir.

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