Crise de la dette : l'Europe veut renflouer ses banques

le 22 octobre 2011 à 17h06 , mis à jour le 22 octobre 2011 à 22h03

L'Europe est en train de remanier le second plan d'aide à la Grèce, avec un effort nettement accru des créanciers privés pour éviter la faillite à Athènes, et a évalué samedi à plus de 100 milliards d'euros les besoins de recapitalisation pour permettre aux banques d'absorber ce choc.

Entamé vendredi, le marathon de négociations pour sauver la zone euro s'est poursuivi de manière intense samedi. L'Europe est en train de remanier le second  plan d'aide à la Grèce, avec un effort nettement accru des créanciers privés pour éviter la faillite à Athènes. En plus de réunions coup sur coup des ministres des Finances des 27 pays de l'Union européenne puis de la zone euro, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devaient tenter de surmonter en soirée leurs divergences à Bruxelles lors d'un mini-sommet, avec les principaux responsables européens.
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Plus d'infos

"Nous pouvons atteindre nos objectifs ambitieux d'ici mercredi, vraiment", a dit Angela Merkel peu après son arrivée à Bruxelles, faisant état de "progrès". Selon elle, "il n'y aura pas de décisions définitives" lors du sommet de dimanche car les négociations sont "très difficiles techniquement", mais le second sommet prévu des chefs d'Etat et de gouvernement mercredi devrait être décisif. Le président français s'est lui aussi montré optimiste. "Ce sont des réunions absolument cruciales, il faut trouver des solutions (...), il faut résoudre cette crise financière", a déclaré Nicolas Sarkozy à son arrivée à Bruxelles. Il a lui aussi fait état de "progrès", affirmant sa détermination à parvenir "d'ici à mercredi" à une "solution ambitieuse" et "définitive".  

Résumant le "nouveau plan grec" sur lequel portent les discussions pour éviter la banqueroute au pays, le ministre belge des Finances Didier Reynders a évoqué "un effort substantiel de la Grèce à nouveau", "un effort des Etats européens" et "aussi un effort du secteur privé", c'est-à-dire les banques. Sur ce dernier volet, les grands argentiers de la zone euro ont déjà convenu vendredi soir de demander de nouveaux efforts "substantiels" aux banques, a indiqué leur chef de file, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Leur condition : qu'elles acceptent d'effacer "au moins" la moitié de la valeur des dettes grecques qu'elles détiennent, contre 21% initialement prévu en juillet, selon une source diplomatique. Un négociateur a indiqué à l'AFP que les tractations menées avec les représentants des banques se passaient plutôt bien et les gouvernements étaient "confiants" qu'un accord sera trouvé.

108 milliards d'euros pour recapitaliser les banques

La zone euro s'appuie sur un rapport de la troïka des bailleurs de fonds de la Grèce (UE, FMI et BCE), selon lequel les banques doivent accepter des pertes de 50% à 60% pour que la dette grecque soit viable. Si les Européens n'obtiennent pas le feu vert des banques, cela pourrait provoquer une effet domino dans toute la zone euro avec contagion possible à l'Italie et à l'Espagne. En contrepartie de l'effort attendu des banques, les ministres des Finances des 27 ont identifié samedi les besoins en recapitalisation du secteur bancaire pour amortir le choc : un début de consensus s'est dégagé autour de 107 à 108 milliards d'euros, selon une source proche du dossier.
 
  
Ce montant, supérieur aux 80 à 100 milliards évoqués ces derniers jours mais inférieur aux 200 milliards recommandés par le FMI, découle d'un nouveau seuil de fonds propres minimum, de 9%, qui devrait être imposé aux établissements financiers d'ici mi-2012. Mais après près de dix heures de discussions difficiles, les ministres se sont séparés sans accord global sur le plan de recapitalisation. "Nous avons réalisé certains progrès" et "posé les fondations d'un accord", s'est borné à dire le Suédois Anders Borg. "Ça coince un peu", a traduit un diplomate européen.

FESF : la solution française "n'est plus sur la table"
  
Certains pays dans le viseur des marchés, comme l'Italie et l'Espagne, ont semblé rechigner face aux exigences. L'accord final, portant aussi sur le type de financement, privé, étatique ou européen, est attendu au plus tôt lors du sommet de l'UE de dimanche. Les Européens doivent aboutir à un plan global de sortie de crise d'ici mercredi. Outre la recapitalisation et la restructuration de la dette grecque, cela comprend le renforcement du pare-feu visant à empêcher la propagation de la crise : le Fonds européen de stabilité financière (FESF). D'ores et déjà, le projet français visant à renforcer ce fonds de secours de la zone euro en l'autorisant à se refinancer auprès de la Banque centrale européenne (BCE) a du plomb dans l'aile. Il ne reste plus que deux options en discussion pour augmenter sa "puissance de feu", a indiqué samedi le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager. Et la solution française "n'est plus sur la table".

L'une des deux pistes toujours d'actualité prévoit que le FESF agisse comme un système d'assurance partielle de la dette publique de pays en difficulté, l'autre envisage une plus forte participation du Fonds monétaire international (FMI), selon une source gouvernementale allemande. Dans la seconde option, une sorte de fonds dans le fonds serait créé auprès du FMI et abondé par des bailleurs volontaires, notamment les pays émergents, a précisé un diplomate. Problème : il est difficile d'évaluer le montant qui pourrait être atteint. Il reste "des divergences importantes entre pays", a reconnu M. de Jager.

le 22 octobre 2011 à 17:06
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24 Commentaires

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  • froggyb, le 23/10/2011 à 13h00

    Ce ne sont pas les banques qui sont a découvert mais les Etats qui ont trop emprunté et qui ne peuvent plus rembourser les banques. Ce sont les Etats qui vivent au dessus de leurs moyens en cédant sans arret aux minorités défilantes dans nos rues. La regle d'or, maintenant!

  • froggyb, le 23/10/2011 à 12h58

    Que cette analyse est simpliste! Le but du jeu est de recapitaliser les banques pour qu'elles puissent faire face a la perte seche si la dette grece est en partie effacée. Il y a effectivement une autre méthode...laisser les banques Francaises crever, les Livrets A des Francais disparaitre en fumée, et laisser les banques étrangeres du type Barclays (qui n'a rien demandé a personne) racheter les ruines. Alors, soyons raisonables, apprenons les lecons de tout ca: Une monnaie unique implique une politique monétaire unique et une regle d'or évitant que les états s'endettent...Malheureusement, il ya trop d'idéalistes qui aiment bien donner plus que ce que l'on a et vivre a découvert....Ca ne dure qu'un temps, et ce temps est venu...Et les Francais vont tres vite s'en apercevoir si ils votent pour des promesses qui ne peuvent etre tenues.

  • lem122, le 23/10/2011 à 10h57

    Ca existe et ça s'appelle un plan de surendettement.

  • fjn64, le 23/10/2011 à 10h56

    Rien n'est gratuit désormais : entre nos technocrates et les banques, petits arrangements entre amis, voilà l'explication...

  • zen1494, le 23/10/2011 à 09h52

    Vous avez mille fois raison, rien n'empêche l'Europe de continuer à aider les européens les plus démunis, si elle peut financer les banques, qui de toutes les façons feront tout pour sauvegarder leurs fonds propres. Ces deux nouvelles mises en parallèle ne peut qu'alimenter les "indignés". Les politiques devraient s'en préoccuper.

  • j.bon, le 23/10/2011 à 09h34

    Vous avez l'impression d'être vous citoyen européen quantité négligeable, que votre avis n'a aucun intérêt face aux ententes entre les uns et les autres, qu'on vous infantilise et de n'être bon qu'a plier sous les décision que les politiciens prennent pour satisfaire leurs amis banquiers, qu'on trouve de l'argent pour régler tout sauf vos problèmes? He bien vous avez raison !

  • Brunda, le 23/10/2011 à 09h26

    Et la troisième solution : sortons de l 'europe !

  • bobotte71, le 23/10/2011 à 09h13

    Europe de la misère !!!

  • bobotte71, le 23/10/2011 à 09h12

    Sur nos 1700 milliards de dette on peut bien leur donner 100 milliards à nos très chers banquiers .

  • wayne16, le 23/10/2011 à 08h59

    Des milliards par ci...des milliards par la ...ça valse de partout incroyable....vous les voyez vous .ces milliards de pays ruinés par les politiques!!!

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