Sommet européen: accord budgétaire à 25, discorde sur la Grèce

le 30 janvier 2012 à 22h38 , mis à jour le 31 janvier 2012 à 07h36

A l'exception de la Grande-Bretagne et la République tchèque, les dirigeants de l'UE se sont entendus lundi sur le nouveau pacte budgétaire qui doit contrôler plus étroitement les finances publiques de tous les membres du bloc communautaire.

De gauche à droite, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Mario Monti à Bruxelles le 30 janvier 2012De gauche à droite, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Mario Monti à Bruxelles le 30 janvier 2012 © AFP/

Entamé sur fond de polémique, suite à une proposition de l'Allemagne visant à placer la Grèce sous stricte tutelle budgétaire, le premier sommet des dirigeants européens de l'année s'est finalement soldé par un accord, lundi à Bruxelles. Les pays de l'Union européenne, à l'exception de la Grande-Bretagne et de la République tchèque, ont adopté lundi soir un nouveau traité renforçant leur discipline budgétaire, avec l'introduction prévue partout de "règles d'or" sur l'équilibre.

  • La crise grecque est-elle réglée ? Pour Sarkozy oui, mais pas pour Schäuble

    Le président s'est déclaré "heureux" de la réussite de l'échange de dette publique grecque. Le ministre allemand des Finances estime pour sa part que c'est une "erreur" de croire la crise résolue.

    Publié le 09/03/2012 La crise grecque est-elle réglée ? Pour Sarkozy oui, mais pas pour Schäuble
  • Quelle est cette règle d'or à laquelle la France sera tenue ?

    Vendredi a été signé le "pacte de discipline budgétaire" tant voulu par l'Allemagne. Ce pacte implique des Etats européens la mise en place d'une règle d'or dans leur constitution. Qu'est-ce que cela va changer ?

    Publié le 02/03/2012 Quelle est cette règle d'or à laquelle la France sera tenue ?
  • Un autre sommet sans tension pour l'Europe à la recherche de la croissance

    Le sommet européen s'est ouvert jeudi soir. Le plan d'aide à la Grèce a été validé jeudi après-midi par les ministres des Finances.

    Publié le 01/03/2012 Un autre sommet sans tension pour l'Europe à la recherche de la croissance
  • Les trois défis de l'Europe : croissance, croissance, et croissance

    Alors que la crise de la dette marque une accalmie, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles à partir de ce soir, vont chercher à relancer la croissance. Mais difficile d'accorder ceux qui misent sur des recettes très libérales, et ceux qui veulent accélérer la convergence fiscale.

    Publié le 01/03/2012 Les trois défis de l'Europe : croissance, croissance, et croissance
  • L'Europe accouche aux forceps d'un nouveau plan d'aide à la Grèce

    Environ 130 milliards d'euros d'aides publiques, et un "allègement" de dette d'environ 100 milliards : les pays de la zone euro se sont mis d'accord mardi matin sur un nouveau plan de sauvetage sans précédent de la Grèce. Les Grecs, en échange, doivent faire de lourdes concessions.

    Publié le 21/02/2012 L'Europe accouche aux forceps d'un nouveau plan d'aide à la Grèce
  • Plan d'aide à la Grèce : les inconnues de l'accord

    Le nouveau plan d'aide à la Grèce sera-t-il le "der des ders" ? Ou faudra-t-il encore intervenir pour éviter une faillite grecque ? Que fera le FMI, qui n'a pas encore annoncé le montant de sa participation ? L'Europe réussira-t-elle enfin à se doter d'une "force de frappe" anticrise convaincante ?

    Publié le 21/02/2012 Plan d'aide à la Grèce : les inconnues de l'accord
  • La zone euro déterminée à boucler le plan d'aide à Athènes

    Alors que se poursuit la réunion de l'Eurogroupe, la zone euro explorait lundi soir toutes les options afin de lancer le second plan d'aide à la Grèce et lui éviter de sombrer dans la faillite.

    Publié le 20/02/2012 La zone euro déterminée à boucler le plan d'aide à Athènes
  • Le plan d'aide à la Grèce en bonne voie, les Pays-Bas demandent des garanties

    Alors que débute la réunion de l'Eurogroupe, le ministre néerlandais des Finances, de Jager, a estimé qu'Athènes n'avait pas rempli toutes ses obligations. Il demande une surveillance permanente de la Grèce par l'UE et le FMI.

    Publié le 20/02/2012 Le plan d'aide à la Grèce en bonne voie, les Pays-Bas demandent des garanties
  • Le Portugal sera-t-il la prochaine Grèce ?

    Alors que s'ouvre un nouveau sommet européen, bien moins tendu que les derniers, la situation économique du Portugal se dégrade. Les marchés financiers craignent un défaut.

    Publié le 27/01/2012 Le Portugal sera-t-il la prochaine Grèce ?
  • Crise de la dette : l'Europe veut sortir la tête de l'eau

    Malgré les difficultés persistantes de la Grèce, le sommet de ce lundi à Bruxelles vise à apporter un message d'optimisme. Au menu : croissance et emploi, thèmes largement occultés par la crise. Même si le véritable enjeu tourne autour de l'adoption du pacte budgétaire...

    Publié le 30/01/2012 Crise de la dette : l'Europe veut sortir la tête de l'eau
  • TVA : ce que doit annoncer Nicolas Sarkozy

    Selon Le Monde, le chef de l'Etat devrait annoncer dimanche une hausse de 1,6 point de la TVA pour alléger les charges sociales. Il devrait, en revanche, maintenir le taux actuel de la CSG, sauf en ce qui concerne les revenus du patrimoine et des placements.

    Publié le 28/01/2012 TVA : ce que doit annoncer Nicolas Sarkozy
  • Pour la zone euro, la Grèce doit fournir des efforts supplémentaires

    A l'issue d'une réunion de l'Eurogroupe lundi soir, Jean-Claude Juncker a estimé que le programme budgétaire grec a "dérapé" et attend que le pays avance concrètement dans ses réformes structurelles avant d'étudier un nouveau prêt.

    Publié le 24/01/2012 Pour la zone euro, la Grèce doit fournir des efforts supplémentaires
Plus d'infos

Les autres Etats ont accepté d'inscrire dans leurs législations une règle  d'or sur le retour à l'équilibre budgétaire et des sanctions quasi-automatiques en cas de dérapages des déficits publics, comme le voulait à tout prix l'Allemagne en échange d'une poursuite de sa solidarité financière avec les  pays en difficulté. Le traité, qui confirme l'ascendant pris par Berlin dans la gestion de la  crise de la dette, doit désormais être signé lors d'un prochain sommet en mars  avant les longues phases de ratification. Ce pacte budgétaire a buté jusqu'au dernier moment sur une question annexe,  le format des sommets de la zone euro.

500 à 750 milliards

La France et la Pologne se sont livrées à un bras de fer avant de trouver  un compromis: Paris tenait à ce que les dix-sept pays utilisant la monnaie commune puissent se retrouver seuls entre eux sur certains sujets. Varsovie  estimait que tous les pays appelés à rejoindre l'euro devaient être invités.  Au final, les sommets de la zone euro seront limités aux pays de l'Union  monétaire, sauf sur certains sujets où les autres Etats n'en faisant pas partie pourront aussi être conviés. Nombre de pays européens espèrent que ce traité encouragera la Banque  centrale européenne à faire davantage à l'avenir pour aider la zone euro face à  la crise de la dette. Il pourrait aussi convaincre la chancelière allemande Angela Merkel de renforcer les moyens du Fonds de secours permanent de la zone euro pour les  pays fragiles, le MES, qui a été officiellement mis sur les rails lundi soir et  commencera à fonctionner en juillet. Berlin est sous pression pour accepter une hausse des moyens du mécanisme de 500 à 750 milliards  d'euros. La question sera tranchée en mars.

En attendant, les dirigeants européens ont dû se pencher une nouvelle fois  sur la situation de la Grèce, engluée dans la récession et plus que jamais sous  perfusion financière de l'extérieur.  Berlin a jeté un pavé dans la mare en proposant de placer Athènes sous  stricte tutelle: un commissaire européen disposerait d'un droit de veto sur les  décisions budgétaires du gouvernement. Cette idée a été rejetée catégoriquement par la France. Le président  Nicolas Sarkozy a jugé que ce ne serait "pas raisonnable, pas démocratique et  pas efficace". Athènes ne veut pas en entendre parler. "Soit nous avançons sur la voie  démocratique où chaque pays est responsable de sa propre politique, soit nous sapons la démocratie dans l'Europe entière", a réagi Georges Papandréou, le  chef de file des socialistes grecs et ex-Premier ministre. Face à cette fronde, la chancelière allemande Angela Merkel a tenté de  calmer le jeu, sans pour autant se désavouer. La question d'une surveillance accrue des décisions du gouvernement grec  "se pose" car les réformes promises ne sont pas toutes mises en oeuvre,  a-t-elle dit. "Le débat doit porter sur "comment l'Europe peut aider à ce qu'en Grèce les tâches qui ont été données soient effectuées", a-t-elle estimé.

L'enjeu n'est pas mince: il s'agit du déblocage du second plan d'aide au  pays d'un montant de 130 milliards d'euros, promis par les Européens en octobre  dernier. Cette aide est vitale pour la Grèce qui doit rembourser 14,5 milliards  d'euros de prêts le 20 mars, faute de quoi elle sera en cessation de paiements. Mais le pays doit en parallèle boucler des négociations avec ses créanciers  privés pour réduire sa dette de 100 milliards d'euros, condition sine qua non  au déblocage de l'aide européenne. Sur ce point, cela avance "dans la bonne  direction", a indiqué le président français, qui a lancé un appel du pied à la  BCE pour qu'elle accepte aussi une réduction de ses propres créances. Le Premier ministre grec, Lucas Papademos, a dit tabler sur un accord  global d'ici la fin de la semaine, tant avec les banques qu'avec les créanciers  publics du pays. Et il se refuse dans l'immédiat à envisager de demander plus  que ce qui a été promis à Athènes, malgré la dégradation économique continue de son pays.

Impensable que la France n'applique pas la règle d'or

La chancelière allemande Angela Merkel  a jugé lundi impensable que la France n'applique pas la nouvelle règle d'or  budgétaire européenne, alors qu'elle a été critiquée par le favori des sondages, le socialiste  François Hollande. La chancelière était interrogée sur le risque pour elle de devoir le cas  échéant porter plainte contre la France devant la Cour européenne de justice au  cas où le candidat socialiste François Hollande l'emporterait en mai et refuserait de mettre en oeuvre le traité signé par le président Nicolas Sarkozy. "C'est pourquoi je ne peux pas m'imaginer la plainte (devant la CEJ), parce  que cela n'aura pas lieu", a-t-elle ajouté. François Hollande fait planer l'incertitude sur ses  intentions à l'égard du traité européen et de la règle d'or budgétaire. Il a  promis la semaine dernière de "renégocier" le texte pour faire en sorte qu'on parle davantage de croissance.  Nicolas Sarkozy a lui indiqué lundi que le nouveau traité ne pourra pas être adopté par le Parlement français avant l'élection présidentielle, mais qu'il ne doutait pas qu'il serait ensuite approuvé.

le 30 janvier 2012 à 22:38
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

24 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • jghttc1, le 31/01/2012 à 16h24

    @Iova : Permettez-moi de vous répondre que, dans cette, histoire ce sont plutôt les chefs d'états Européens qui semblent trés superficiels : S'il y avait une véritable volonté de mettre un terme à la "tragédie" Grecque, il y a longtemps que des mesures radicales auraient pu être prises envers ce pays (mais en passant, les chefs d'états n'auraient plus eus de raison de se rencontrer, à ce sujet, pour un sommet, tous les quatres matins ). Quant à la règle d'or, depuis le temps qu'on en parle en France, M.Sarkozy avait déjà mille et une possibilités de la faire l'inscrire dans la constitution !

  • misterlife, le 31/01/2012 à 15h39

    VRAI!!il a ruiné la france en 5ans...chomage en hausse en 5ans!!son bilan est NUL

  • loava, le 31/01/2012 à 13h37

    Au lieu de toujours repeter les mêmes rengaines essayez plutot de vous informer sur le contenu de ce qui s'est décidé ! ne restez pas superficiel !

  • loava, le 31/01/2012 à 13h35

    Dom145 : vous etes dans le rêve de Hollande ! Vous croyez qu'en mai, le nombre de chomeur va baisser subitement, que la dette va s'évanouir ? on en reparlera à la rentrée de l'été !

  • aciery, le 31/01/2012 à 13h28

    Michelfan et oui la vérité est tellement rengaine pour les droitards !

  • gillou955, le 31/01/2012 à 12h26

    @ j.bon, vous êtes complètement à côté de la plaque, vous êtes de ceux qui croient au nuage de Tchernobyl qui se serait arrêter à nos froontières. L'Europe qui a vécu au dessus de ses moyens depuis un grand nombre d'année subit maintenant sa mauvaise gestion. Finit la distribution à tout va, finit les promesses démagogiques et populistes vous aller devoir ouvrir les yeux.

  • gillou955, le 31/01/2012 à 12h17

    Qui dit vrai : Le décryptage des journalistes me semble contradictoire : Un quotidien sur la Grèce : Merkel fait son mea culpa à Bruxelles. À l'ouverture du sommet européen, lundi, la chancelière a désavoué le projet du ministère allemand des Finances de mise sous tutelle du budget grec.

  • refexion1, le 31/01/2012 à 12h04

    Des palabres qui durent depuis 3 ans et jamais rien de concret. L'Europe et un monstre administratif qui coute une fortune et ne produit que des Règlements qui ne servent pas toujours l'intérêt collectif. Qui contrôle quoi dans l'Europe. Pour l'instant la Grèce devrait être éjectée de la Zone Euro, elle est en train de contaminer la France (dont les pertes grecques sont cachées - 350 milliards ?) et bien d'autres pays et prêteurs privés qui ont cru dans ses rapports financiers.

  • dom145, le 31/01/2012 à 11h20

    Réveillez-vous "lucien", votre rêve est terminé !!! la france compte toujours 1600 milliards d'euros de dettes, et 4 millions de chômeurs avec sarko à l'élysée; et ces nombres ne vont pas baisser, malheureusement; la seule bonne nouvelle, c'est que les jours de sarko à l'élysée, sont comptés !!!!

  • grotroll, le 31/01/2012 à 10h59

    Ne soit pas inquiet, mon bon Lucien, tes enfants, et les enfants de leurs petits-enfants, en entendront parler de cette crise, car elle sera toujours là, et en pire ! ils n'auront pas besoin de livres d'histoire, ils la vivront en direct live, et ce pour des générations, car tel est l'héritage que nous leur laisseront, vu qu'on a été trop bêtes pour oser prendre des décisions quand il le fallait....

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience